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Nos Lecteurs ont la Parole

Révolution libanaise : an II

La révolution libanaise a un an. Elle est multicommunautaire, patriotique et érigée contre une classe politique corrompue qui a entraîné le pays dans le déclin et le chaos. Son défi aujourd’hui est de trouver une solution à l’impasse historique dans laquelle se trouve le Liban.

Et là, force est de le constater, il n’y a point de miracle à l’horizon. La puissance militaire sur le terrain est toujours aux mains du Hezbollah. Ce parti refuse pour l’instant de laisser tomber ses alliés parce qu’ils lui servent de couverture dans son combat. C’est un parti dogmatique, fondé sur une conviction profonde que tous les maux du Liban viennent d’Israël et de l’Occident. Même la main tendue d’Emmanuel Macron n’a pas réussi à l’amadouer et ses ordres et son financement viennent directement de Téhéran.Une issue aurait théoriquement pu se profiler à l’horizon si ce parti avait changé de direction, lâché les partis traditionnels et véreux avec lesquels il était allié, et tendu la main au nouveau Liban. Au lieu d’envoyer ses sbires tabasser les manifestants, il aurait pu dialoguer avec ce nouveau mouvement et avec la société civile. Essayer de trouver un nouveau pacte national qui transcende les divisions communautaires et qui s’occupe du bien des Libanais d’abord, avant de celui des causes étrangères. Utopie sans doute. Mais qui sait ? Un simple apaisement entre l’Iran et les États-Unis aurait pu influencer les choses. Mais il n’est pas à l’ordre du jour... L’autre voie, la seule restante, est une pression pour l’organisation d’élections législatives immédiatement et sous l’égide de l’ONU. Ces élections ne résoudraient pas tout, mais elles pourraient éventuellement affaiblir, voire évincer, certains partis traditionnels arrimés au pouvoir et faire émerger au moins au niveau de la rue chrétienne et sunnite un mouvement nouveau et fort, et un interlocuteur crédible devant le Hezbollah. Si les chrétiens et les sunnites lâchent leurs vieux caïds qui les ont tous déçus et trahis, si les chiites lâchent au moins le parti Amal corrompu jusqu’à la moelle, il y a peut-être un petit espoir.

En conclusion, mes chers mouvements de la thaoura libanaise, chers Bloc national, Beirut Madinati, Citizens in a State et tous les autres, nous vous en conjurons : nommez vite des leaders charismatiques, ambitieux et qui savent parler à ce peuple désabusé et revêche. Et faites vite ! Vous êtes déjà en campagne.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


La révolution libanaise a un an. Elle est multicommunautaire, patriotique et érigée contre une classe politique corrompue qui a entraîné le pays dans le déclin et le chaos. Son défi aujourd’hui est de trouver une solution à l’impasse historique dans laquelle se trouve le Liban.

Et là, force est de le constater, il n’y a point de miracle à l’horizon. La puissance...

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