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Libertés

Tollé après la convocation des journalistes Daou et Béchara devant le bureau de cybercriminalité

« Il y a aujourd’hui un pouvoir autoritaire qui veut faire taire le peuple libanais », ont-ils déclaré à leur sortie.

Tollé après la convocation des journalistes Daou et Béchara devant le bureau de cybercriminalité

Naufal Daou (à l’extrême gauche) et Assaad Béchara (au centre) sortant, hier, du bureau de crimes cybernétiques. Photo tirée de la page Facebook d’Assaad Béchara

Il y avait foule hier devant le bureau de crimes cybernétiques pour soutenir les deux journalistes convoqués, Naufal Daou et Assaad Béchara, et pour protester contre la répression des libertés. Les deux journalistes avaient reçu leur convocation la veille sans en connaître les motifs, suivant leurs dires. Ce n’est qu’une fois sur place qu’ils en ont été informés : il s’agit d’une ancienne plainte déposée contre eux – ainsi que contre des dizaines d’autres personnes – par l’ancien ministre de l’Énergie César Abi Khalil, affilié au Courant patriotique libre, pour des propos qu’ils ont tenus ou écrits sur les réseaux sociaux. Toutes les personnes convoquées s’étaient posé des questions sur la location de navires-centrales turcs par le ministère en vue d’assurer un surplus de courant électrique. La plainte date de 2017, le dossier ayant visiblement été remis sur le tapis par la procureure du Mont-Liban, la juge Ghada Aoun, selon les deux journalistes.

À noter qu’Assaad Béchara est le conseiller de presse de l’ancien ministre de la Justice Achraf Rifi, farouche opposant au Hezbollah et au mandat du président de la République Michel Aoun, alors que Naufal Daou est lui aussi un opposant proclamé au parti chiite et au chef de l’État. Le rassemblement d’hier en signe d’appui aux deux journalistes était organisé par le collectif « Journalistes pour la liberté », devant le siège du bureau de lutte contre les crimes cybernétiques, situé sur le boulevard Camille Chamoun.

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« Je ne veux pas aborder le sujet des navires en détail, car je souhaite le faire devant le tribunal des imprimés. Mais clarifions les choses : il y a aujourd’hui un pouvoir autoritaire(…) qui veut faire taire le peuple libanais (…) », a dénoncé Naufal Daou à sa sortie. « Le système judiciaire juge au nom du peuple libanais, et nous, en tant que journalistes, parlons au nom du peuple libanais, et ce n’est pas en nous opposant qu’ils régleront le problème. Le pouvoir de la presse, la quatrième autorité, complète le pouvoir judiciaire. Nous menons la même bataille contre la corruption », a-t-il ajouté.

Son confrère, Assaad Béchara, a prononcé un vibrant plaidoyer pour la liberté de la presse : « Les accusations proférées à notre égard ne nous font pas peur car nous n’avons rien à craindre. Je voudrais saluer tous les militants présents, tous les médias, et leur dire de ne pas avoir peur car ceux qui tentent de nous intimider sont des lâches. (…) La bataille n’est pas finie ! »

A la suite de cette convocation, le dossier devrait logiquement être transféré devant le tribunal des imprimés.

« Sous occupation… »

Naufal Daou avait déjà comparu il y a quelques jours devant la police criminelle pour avoir critiqué l’introduction de médicaments iraniens sur le marché libanais, dans un tweet en début d’année. Interrogé par L’Orient-Le Jour sur ce qui ressemble à un acharnement, il se dit convaincu que ces convocations ont à voir avec ses positions politiques. « Je suis presque le seul dans le pays à dénoncer ce que je considère être une occupation iranienne, affirme-t-il. Et il ne faut pas s’en étonner : quel pays sous occupation peut-il connaître la transparence et la démocratie ? »

Il rappelle que les propos qu’il avait tenus en 2017 étaient en réponse aux questions d’un journaliste à la télévision, et qu’il y avait révélé le fait que ces mêmes navires-centrales ont été loués moins cher au Ghana. Les autorités ont-elles pensé à lui demander de fournir les preuves de ses dires, au lieu de le convoquer pour une plainte déposée contre lui ? « Je leur ai spécifiquement dit que je ne parlerai que devant le tribunal des imprimés », affirme-t-il.

Pour sa part, Assaad Béchara s’est demandé ce qui a pu faire bouger une telle plainte, alors qu’il y a prescription, puisqu’elle date de 2017. « Dans mon cas, l’ancien ministre se plaint de tweets dans lesquels je me pose des questions tout à fait légitimes sur le contrat des navires-centrales, souligne-t-il à L’OLJ. Ce n’est pas un secret que le secteur de l’électricité a déjà coûté 40 milliards de dollars au Trésor. Dans les accusations réciproques qu’ils se lancent, les hommes politiques en révèlent beaucoup plus que ce que l’on peut écrire sur eux, or la justice ne se saisit d’aucun de ces dossiers et n’a encore demandé de comptes à personne ! »

Ne pas créer de précédents

Dans un communiqué publié autour de cette affaire, l’ordre des rédacteurs a rejeté les convocations de journalistes devant le bureau de cybercriminalité, rappelant que les journalistes ne doivent être interrogés que par des juges, suivant la loi sur les imprimés. Ce texte demande aux journalistes de ne pas répondre à de telles convocations. Il appelle également à ne plus utiliser le terme « criminalité », « parce que les journalistes ne sont pas des criminels ».

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Les deux journalistes convoqués hier ont expliqué pourquoi ils ont décidé de se rendre au bureau de cybercriminalité, malgré le conseil de l’ordre. Ils ont assuré vouloir montrer qu’ils respectent la loi et qu’ils ne craignent pas la convocation, transformant cette occasion en une chance de faire entendre leur voix.

Pour sa part, Joseph Kossaïfi, président de l’ordre des rédacteurs, préfère que « les journalistes ne répondent pas à de telles convocations, afin de ne pas créer de précédents ». Il réaffirme la position stricte de l’ordre en faveur du respect de la loi et révèle à L’OLJ entreprendre des contacts avec de hauts responsables dans cet objectif.


Il y avait foule hier devant le bureau de crimes cybernétiques pour soutenir les deux journalistes convoqués, Naufal Daou et Assaad Béchara, et pour protester contre la répression des libertés. Les deux journalistes avaient reçu leur convocation la veille sans en connaître les motifs, suivant leurs dires. Ce n’est qu’une fois sur place qu’ils en ont été informés : il...

commentaires (2)

NE NOUS PARLEZ PAS DE JUSTICE DANS CE PAYS. CELA FAIT LONGTEMPS QU’ELLE EST AUX MAINS DES TRAITRES ET DES VENDUS QUI SÉLECTIONNE LES LIBANAIS EN FONCTION DE LEUR PATRIOTISME ET LEUR DÉVOUEMENT POUR NOTRE NATION POUR LES HUMILIER ET LES FAIRE TAIRE, QUE CE SOIT LES REBELLES DANS LA RUE OU LES DIGNITAIRES MODÉRÉS QUI PRÊCHENT LA PAIX ENTRE LES HUMAINS QUELQUE SOIT LEUR RELIGION ET SURTOUT LES JOURNALISTES QUI AGITENT LES CONSCIENCES ET DÉNONCENT L’AGISSEMENT DES VENDUS DONT CERTAINS MAGISTRATS EN FONT PARTIE. HONTE À VOUS MESSIEURS QUI AVAIENT PRÊTÉ SERMENT POUR DÉFENDRE DES CAUSES JUSTES ET QUI SALISSEZ L’IMAGE DE LA PROFESSION POUR VOTRE PROPRE INTÉRÊT. UN JOUR PROCHAIN ON INVERSERA LA VAPEUR ET VOUS VOUS RETROUVEREZ SUR LE BANC DES ACCUSÉS POUR AVOIR TRAHI VOTRE SERMENT ET LA NATION

Sissi zayyat

12 h 04, le 30 septembre 2020

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Commentaires (2)

  • NE NOUS PARLEZ PAS DE JUSTICE DANS CE PAYS. CELA FAIT LONGTEMPS QU’ELLE EST AUX MAINS DES TRAITRES ET DES VENDUS QUI SÉLECTIONNE LES LIBANAIS EN FONCTION DE LEUR PATRIOTISME ET LEUR DÉVOUEMENT POUR NOTRE NATION POUR LES HUMILIER ET LES FAIRE TAIRE, QUE CE SOIT LES REBELLES DANS LA RUE OU LES DIGNITAIRES MODÉRÉS QUI PRÊCHENT LA PAIX ENTRE LES HUMAINS QUELQUE SOIT LEUR RELIGION ET SURTOUT LES JOURNALISTES QUI AGITENT LES CONSCIENCES ET DÉNONCENT L’AGISSEMENT DES VENDUS DONT CERTAINS MAGISTRATS EN FONT PARTIE. HONTE À VOUS MESSIEURS QUI AVAIENT PRÊTÉ SERMENT POUR DÉFENDRE DES CAUSES JUSTES ET QUI SALISSEZ L’IMAGE DE LA PROFESSION POUR VOTRE PROPRE INTÉRÊT. UN JOUR PROCHAIN ON INVERSERA LA VAPEUR ET VOUS VOUS RETROUVEREZ SUR LE BANC DES ACCUSÉS POUR AVOIR TRAHI VOTRE SERMENT ET LA NATION

    Sissi zayyat

    12 h 04, le 30 septembre 2020

  • LA LIBERTE D,EXPRESSION NE SE TAIRA PAS AU LIBAN QUOI QU,EN SOIT LE PRIX.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    09 h 46, le 30 septembre 2020