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Les réseaux Crédit du Nord et Société Générale vers une possible fusion

Les réseaux Crédit du Nord et Société Générale vers une possible fusion

Le groupe Société Générale possède un peu plus de 16 % des actions ordinaires de la Société Générale de banque au Liban (SGBL). Photo AFP

Secoué au premier semestre par la crise du Covid-19, le groupe bancaire Société Générale a annoncé hier envisager de fusionner ses réseaux Crédit du Nord et Société Générale, un tournant qui verrait naître une nouvelle banque de détail forte de 10 millions de clients. Jusqu’à présent, il avait organisé son activité de détail en France sur trois réseaux, profitant chacun d’un large niveau d’autonomie : le réseau Société Générale, celui du Crédit du Nord et la banque en ligne Boursorama. Dans cette configuration, le réseau Société Générale revendique un fonds de commerce très fort chez les clients particuliers et les grandes entreprises, là où le cœur de force du Crédit du Nord réside dans sa présence territoriale et ses liens avec les PME et les professionnels.

La nouvelle structure profiterait de « la qualité des deux fonds de commerce de près de 9 millions de clients particuliers et de 1 million de clients professionnels et entreprises », ainsi que de « la forte complémentarité des deux réseaux en termes d’expertises et de présence géographique », assure dans un communiqué le groupe au logo rouge et noir. Ce rapprochement répondrait à trois objectifs : améliorer la satisfaction des clients, rendre le modèle plus efficace et générer « d’importantes synergies, permettant de renforcer la rentabilité de l’un des principaux métiers », selon le communiqué.

« Gagner en impact »

Ce projet intervient dans un contexte difficile pour les activités de détail, fragilisées entre autres par l’environnement actuel de taux très bas, voire négatifs, qui complique la tâche des banques de faire fructifier l’argent des clients, rabotant année après année les marges sur le crédit bancaire. Une situation sur laquelle se greffe la crise du Covid-19 et ses turbulences économiques. Les établissements bancaires sont aussi confrontés à une révolution des comportements des clients, toujours plus connectés, de moins en moins enclins à se rendre en agence et surtout capables désormais de changer de banque au moindre accroc, dans un contexte de concurrence croissante des néobanques. D’où l’obligation pour les banques d’investir massivement dans leurs outils numériques pour proposer la meilleure expérience possible à leurs clients.

Dans ce contexte, unir les forces des réseaux Société Générale et Crédit du Nord permettrait « de gagner en impact sur le marché français », a précisé à l’AFP Sébastien Proto, directeur général adjoint de Société Générale chargé des réseaux bancaires en France. « Dans les années qui viennent, la capacité à pouvoir investir massivement dans la formation de nos collaborateurs, dans nos outils digitaux, justifie d’étudier ce rapprochement. Il vaut mieux investir massivement sur une nouvelle banque plutôt que de mettre un euro à gauche et un euro à droite », a-t-il ajouté. Et « la satisfaction client sera liée à notre capacité à investir ».

« Il y aura des doublons »

Concernant les éventuelles conséquences sociales, le groupe ne donne aucun détail : « C’est totalement prématuré. Nous n’en sommes qu’à l’étude, qui va prendre au moins deux mois », a précisé M. Proto, promettant « un dialogue intense avec les partenaires sociaux » si un rapprochement était décidé. Au Crédit du Nord, « la direction se veut rassurante, mais les salariés ont peur. C’est une catastrophe. (...) Nous avons peur que ça entraîne la disparition d’un grand nombre d’emplois car il y aura des doublons », a déclaré à l’AFP Laetitia Vidoni, déléguée CFTC de cette banque. « On ne va plus exister », a-t-elle ajouté, en soulignant « les risques psychosociaux chez certains salariés » et « la nécessité d’un bon accompagnement » des personnels par le groupe. Pour Daniel Petrucci, secrétaire général du SNB CFE-CGC de la Société Générale, « l’objectif prioritaire, c’est que cette absorption ne se transforme pas en désastre social », car « évidemment, il va y avoir des doublons de postes ».

Le groupe, qui a multiplié ces dernières années des plans de transformation et de réductions d’effectifs, a essuyé au deuxième trimestre une perte de plus d’un milliard d’euros, conséquence de la crise sanitaire qui l’a contraint à passer de grosses provisions et diverses charges comptables. Dans ce contexte, il s’est constitué début août une nouvelle équipe de direction, sous la houlette du directeur général Frédéric Oudéa, pour préparer un futur plan stratégique censé renforcer les synergies et les réductions des coûts.

Le groupe Société Générale possède un peu plus de 16 % des actions ordinaires de la Société Générale de banque au Liban (SGBL). En dehors de ce lien, les deux banques sont indépendantes l’une de l’autre.

Benoît TOUSSAINT/AFP


Secoué au premier semestre par la crise du Covid-19, le groupe bancaire Société Générale a annoncé hier envisager de fusionner ses réseaux Crédit du Nord et Société Générale, un tournant qui verrait naître une nouvelle banque de détail forte de 10 millions de clients. Jusqu’à présent, il avait organisé son activité de détail en France sur trois réseaux, profitant chacun...

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