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Explosions à Beyrouth

Le bilan s'alourdit : 135 morts, 5.000 blessés et près de 300.000 sans-abris

Selon le ministre de la Santé, le pays est "en pénurie de tout ce qui est nécessaire pour porter secours" aux victimes et les soigner.

Le bilan s'alourdit : 135 morts, 5.000 blessés et près de 300.000 sans-abris

Le port de Beyrouth, dévasté le 5 août 2020 au lendemain des explosions qui l'ont secoué. AFP / STR

Cent-trente cinq morts, près de 5.000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de sans abris : ville "sinistrée", Beyrouth reste abasourdie mercredi, au lendemain d'explosions ahurissantes, des habitants cherchant encore des disparus et des affaires personnelles au milieu d'immeubles éventrés.

A l'issue d'un Conseil des ministres, le ministre de la Santé, Hamad Hassan, a fait état d'un bilan, toujours provisoire, de 113 morts, au moins 4.000 blessés et des dizaines de disparus. Il a toutefois indiqué plus tard, selon la chaîne al-Manar, reprise par Reuters, que ce bilan était de désormais 135 morts et près de 5.000 blessés. "Nos équipes poursuivent leurs recherches et opérations de secours dans les zones environnantes", a de son côté indiqué la Croix Rouge libanaise (CRL) dans un communiqué. Parmi les victimes, une dizaine de membres de la Défense civile, des membres du corps soignant, dont quatre infirmières de l'hôpital Saint Georges à Achrafieh, et des militaires.

Les opérations sont également menées en mer, a annoncé le directeur général de la Défense civile, Raymond Khattar, à la chaîne de télévision locale LBCI. Cette dernière a en outre rapporté qu'un navire de croisière, Orient Queen, qui accostait au large du port, a coulé hier suite aux explosions, faisant deux morts et sept blessés dans les rangs de l'équipage. M. Khattar a encore mis en garde contre les risques d'effondrement de certaines infrastructures dans la zone portuaire et les quartiers environnants. 

Miraculeusement, un jeune homme a été sauvé des décombres d'un immeuble à Achrafieh par les équipes de la Défense civile, près de 24h après le drame.

Témoignages

"Un cyclone a traversé la maison" : dans Beyrouth sinistré, des habitants témoignent


Le mohafez de la capitale, Marwan Abboud, a estimé que l'étendue des dégâts se chiffrait entre trois et cinq milliards de dollars, "peut-être même plus" et que "jusqu'à 300.000 personnes se retrouvaient sans abri".

Dans une déclaration télévisée, le ministre de la Santé, Hamad Hassan, a indiqué que le pays était "en pénurie de tout ce qui est nécessaire pour porter secours" aux victimes et les soigner. "Les entrepôts du ministère de la Santé dans le secteur de la Quarantaine ont été endommagés", a-t-il expliqué, rappelant que des hôpitaux de campagne seraient envoyés "par plusieurs pays" dans le courant de la journée.

"Entrepôt de feux d'artifices"
Les deux énormes explosions ayant eu lieu mardi après-midi dans le port de Beyrouth, où étaient stockées plus de 2.700 tonnes de nitrate d'ammonium, produit hautement explosif, ont provoqué des scènes de dévastation et de panique dans la capitale libanaise, déclarée ville "sinistrée".

Le nitrate d'ammonium, substance qui entre dans la composition de certains engrais mais aussi d'explosifs, est un sel blanc et inodore utilisé comme base de nombreux engrais azotés sous forme de granulés, et a causé plusieurs accidents industriels. 

Reportage

Scène d’apocalypse à Beyrouth


Dans une déclaration à L'Orient-Le Jour, le directeur des douanes, Badri Daher, a confirmé qu'il y avait effectivement "un entrepôt de feux d'artifices" à côté de l’entrepôt de nitrate d’ammonium qui a explosé. Il a fait assumer la responsabilité du drame à la direction du port.

Dans ce contexte, le président de la République, Michel Aoun, et le commandant en chef de l'armée, le général Joseph Aoun, ont effectué mercredi en fin de matinée une tournée dans le port de Beyrouth.

Photo Twitter/Présidence libanaise

La numéro deux du gouvernement, la ministre de la Défense Zeina Acar, et le ministre des Travaux publics, Michel Najjar, se sont également rendus au port de Beyrouth, avant de se rendre à l'hôpital militaire au chevet des blessés.


Un problème de disponibilité de farine
Commentant de son côté les dégâts subis dans la zone, et notamment la destruction des silos de stockage des céréales, le ministre de l'Economie, Raoul Nehmé, a assuré qu'il n'y aurait pas de pénurie de farine dans le pays, des stocks se trouvant encore chez les minotiers et des navires arrivant actuellement au large des côtes libanaises. Plus tôt, le président du syndicat des importateurs de blé au Liban, Ahmad Hoteit, avait précisé dans les médias que les silos étaient "quasiment vides" en raison des retards accumulés ces derniers mois pour ouvrir des lignes de crédit en dollars, sur fond de crise financière aiguë dans le pays. Il a indiqué que les réserves disponibles "sont suffisantes pour tenir un mois et demi", annonçant que quatre navires attendent actuellement de décharger leurs stocks, "ce qui permettra de tenir un mois supplémentaire".

Toutefois, l'Agence des Nations unies pour l'agriculture et l'alimentation, la FAO, craint "d'avoir à brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays". "J'ai reçu un très court message du responsable de la FAO à Beyrouth : en effet on craint qu'une grande quantité des réserves de blé sur le port aient été affectées ou détruites par l'explosion. Les stocks sont gravement endommagés" a déclaré le responsable des urgences de la FAO, Dominique Burgeon, joint par l'AFP depuis Paris. "Et on craint d'avoir à assez brève échéance un problème de disponibilité de farine pour le pays".

Les banques rouvrent à partir de jeudi
Les drapeaux libanais au palais présidentiel de Baabda et au Grand sérail à Beyrouth ont été mis en berne.

Les banques, qui ont fermé leurs portes aujourd'hui, ont toutefois annoncé qu'elles rouvraient à partir de jeudi, selon plusieurs sources bancaires, qui ont évoqué une décision prise par la Banque du Liban. Le service de presse de la BDL avait relayé l’information dans un bref communiqué dans lequel elle a précisé avoir consulté l’Association des banques du Liban (ABL) en amont. "Les banques ouvrent à partir de jeudi et continueront de le faire au moins jusqu’à la fin de la semaine, qui devrait être initialement chômée en raison du bouclage décidé par les autorités suite à la recrudescence de cas de Covid-19", a indiqué une des sources contactées. "Beaucoup de personnes travaillant dans la fonction publique n’ont pas encore encaissé leurs rémunérations en raison du retard qu’il y a eu la semaine dernière dans leur traitement. La priorité maintenant est de permettre aux clients de retirer de l’argent pour assurer leurs besoins et payer les réparations à faire, surtout dans les zones sinistrées", ajoute une autre, proche de l’ABL. Elle souligne cependant que "toutes les agences ne pourront pas rouvrir, certaines ayant été partiellement ou totalement détruites", notamment dans les quartiers les plus proches de la zone portuaire. Les sièges et autres bâtiments de banques dans de nombreux quartiers de Beyrouth ont été littéralement soufflé. Mercredi matin, de nombreux ATM de la capitale étaient vides, en raison notamment du retrait des salaires la veille et de la difficulté des banques à remplir les machines en ces circonstances.


Cent-trente cinq morts, près de 5.000 blessés, des dizaines de disparus et des centaines de milliers de sans abris : ville "sinistrée", Beyrouth reste abasourdie mercredi, au lendemain d'explosions ahurissantes, des habitants cherchant encore des disparus et des affaires personnelles au milieu d'immeubles éventrés.

A l'issue d'un Conseil des ministres, le ministre de la Santé,...

commentaires (4)

MOI JE NE CROIS PAS À L'HISTOIRE D'UN ACCIDENT. BIZARRE QUE ÇA SE COINCIDE AVEC LE VERDICT DE HARIRI PÈRE !. APRÈS CETTE CATASTROPHE, IL N'Y A PLUS PERSONNE QUI VEUT SAVOIR QUI A TUÉ HARIRI. LES GENS SONT OCCUPÉS PAR LEUR MALHEUR DE PRÈS OU DU LOIN. C'EST LA PREMIÈRE POSSIBILITÉ QUI S'ÉLOGNE D'UN ACCIDENT. IL Y A PAS MAL D'AUTRE QUI CIRCULENT...HANGAR NO 12, BATEAU CHARGÉ D'ARMEMENTS...FAUX POMPIERS DISPARUS, BRUIT D'UN MISSIL ET JE NE SAIS QUOI D'AUTRE. MAIS LA VERSION D'UN ACCIDENT EST NON.

Gebran Eid

16 h 44, le 05 août 2020

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Commentaires (4)

  • MOI JE NE CROIS PAS À L'HISTOIRE D'UN ACCIDENT. BIZARRE QUE ÇA SE COINCIDE AVEC LE VERDICT DE HARIRI PÈRE !. APRÈS CETTE CATASTROPHE, IL N'Y A PLUS PERSONNE QUI VEUT SAVOIR QUI A TUÉ HARIRI. LES GENS SONT OCCUPÉS PAR LEUR MALHEUR DE PRÈS OU DU LOIN. C'EST LA PREMIÈRE POSSIBILITÉ QUI S'ÉLOGNE D'UN ACCIDENT. IL Y A PAS MAL D'AUTRE QUI CIRCULENT...HANGAR NO 12, BATEAU CHARGÉ D'ARMEMENTS...FAUX POMPIERS DISPARUS, BRUIT D'UN MISSIL ET JE NE SAIS QUOI D'AUTRE. MAIS LA VERSION D'UN ACCIDENT EST NON.

    Gebran Eid

    16 h 44, le 05 août 2020

  • Il y a un seul et unique responsable de cette catastrophe, direct ou indirect.

    Remy Martin

    16 h 13, le 05 août 2020

  • Le Liban aujourd'hui est une larme sur la joue de Dieu...Allah yisseiid el lebnéniés ...

    Wlek Sanferlou

    11 h 42, le 05 août 2020

  • LES RESPONSABLES SONT CONNUS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    11 h 11, le 05 août 2020