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Société - Interview Express

« La France est et demeure la première destination pour les étudiants libanais »

À l’occasion de la quatrième édition du « France Alumni Day » qui se tient jeudi à Beyrouth, le directeur de l’Institut français du Liban, Christophe Musitelli, s'exprime sur l’importance de ces échanges entre anciens et futurs étudiants dans les universités françaises.

« La France est et demeure la première destination pour les étudiants libanais »

Une vue de l'édition 2025 du France Alumni Day. Photo fournie par l'Institut français du Liban

Pour la quatrième année consécutive, « France Alumni Day », un espace d’échanges entre anciens des universités françaises et étudiants qui se dirigent vers l’Hexagone pour leur formation, est organisé par l’Institut français du Liban (IFL) et Campus France, le jeudi 4 juin de 16h à 21h au siège de l’Institut français. À cette occasion, Christophe Musitelli, conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’Institut français du Liban, répond aux questions de L’Orient-Le Jour sur les caractéristiques de l’événement cette année, particulièrement axé sur les échanges professionnels avec des personnalités ayant réussi au Liban. Il s’exprime aussi sur les perspectives qu’offre la France pour les formations universitaires, soulignant au passage que le taux d’acceptation des Libanais dans les universités françaises est de l’ordre de 70 %.

Quel est le nombre approximatif des Alumni (anciens) des universités françaises au Liban et des futurs étudiants libanais qui s’inscrivent dans les universités françaises ? Celui-ci est-il en progression par rapport aux années précédentes ? Quelles facilités pour les étudiants libanais ?

Créée il y a quatre ans, la plateforme France Alumni rassemble plus de 10 000 personnes aujourd’hui au Liban, ayant pour point commun d’avoir étudié en France. Et si l’on prend en compte que, ces dernières années, entre 2 000 et 7 000 Libanais ont été se former en France, on prend la mesure réelle de ce réseau.

En 2025, l’équipe de Campus France a renseigné plus de 10 000 personnes à travers le Liban, quelque 3 500 ont fait le choix de déposer leur candidature et 2 500 ont été acceptés en France. Ce volume correspond à celui de 2019. Il est inférieur aux flux constatés lors des différentes crises qui ont frappé le pays ces dernières années. Celles-ci, notamment l’explosion au port de Beyrouth (2020), avaient conduit à un doublement des demandes, et des départs, sur la période 2021/2022. Nous sommes aujourd’hui revenus à une mobilité normalisée mais qui pourrait continuer à croître.

Les Libanais font l’objet d’une attention particulière à plusieurs titres : ceux qui sont récemment diplômés d’un bac français sont exonérés des droits de procédure, soit près de 500 élèves par an. L’ambassade de France propose chaque année des bourses aux étudiants libanais (l’an dernier ce sont 200 jeunes qui ont pu en bénéficier) sur différents programmes (notamment masters et doctorats). On peut en outre constater que les Libanais connaissent un meilleur taux d’acceptation que les autres pays en France, à hauteur de 70 %, ce qui illustre l’excellence du système libanais et l’adéquation du niveau avec les exigences des établissements d’enseignement supérieur français.

Enfin, le président (français Emmanuel) Macron a annoncé, lors de la récente visite du Premier ministre libanais Nawaf Salam à Paris, que les Libanais seraient exonérés des droits différenciés appliqués aux étrangers, hors Union européenne, dans les établissements d’enseignement supérieur français, à partir de la rentrée 2026. Ce sont potentiellement 1 000 jeunes Libanais qui en bénéficieront à la rentrée prochaine.

Quelle est l’importance du réseautage entre les anciens des universités françaises au Liban et dans le monde ? Comment un événement comme le France Alumni Day contribue-t-il à renforcer ce réseautage et qu’est-ce qui distingue l’édition 2026 ?

Lancé par le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, France Alumni Day est un rendez-vous international célébré dans plus de 130 pays afin de valoriser les parcours des anciens étudiants internationaux formés en France et de renforcer les liens entre les communautés à travers le monde. Aujourd’hui, ce réseau réunit 370 000 personnes. Cette année, nous célèbrerons la 4ème édition de cet événement au Liban, qui rassemblera 300 personnes. Ce public se compose d’étudiants qui réfléchissent à faire le choix de la France pour leur spécialisation d’études, de jeunes Alumni qui ont étudié en France, et des Alumni plus senior, qui ont souvent commencé une carrière en France ou dans le Golfe et font le choix du retour.

L’édition 2026 mettra à l’honneur l’engagement et l’employabilité à travers une série de rencontres et d’échanges réunissant des personnalités reconnues des secteurs économique, entrepreneurial et académique. C’est dans cet esprit que des ateliers interactifs seront proposés dès 16h, avec 12 intervenants et 4 modérateurs, consacrés au marché libanais, focalisés sur les enjeux et les opportunités du monde professionnel, ainsi que sur les difficultés et les avantages d’un choix professionnel au Liban.

La soirée se poursuivra avec l’ouverture officielle par l’ambassadeur de France Hervé Magro, et une rencontre avec Joseph Dakkak, directeur général de CMA-CGM Levant.

Comment décririez-vous les avantages d’une formation universitaire en France ?

La France est et demeure la 1ère destination des étudiants libanais. Les formations de l’enseignement supérieur français sont un atout pour les opportunités qu’elles confèrent en termes d’insertion professionnelle. Dans le domaine de la recherche, la France est très bien positionnée et ses établissements et laboratoires ont une capacité de rayonnement notoire au sein de l’écosystème de coopération scientifique internationale. Elle propose aussi des centaines de formations en anglais, ne se limitant pas au public francophone

La France reste extrêmement attractive, même en prenant en compte la nouvelle loi d’application de droits différenciés pour les extracommunautaires, grâce à un système largement subventionné par l’État (estimé à 13K€ par étudiant, soit les 2/3 du total environ de la formation).

Comment le France Alumni Day contribue-t-il concrètement à créer des opportunités professionnelles pour les jeunes diplômés libanais ?

France Alumni Day permet de faire partie intégrante d’un réseau et de bénéficier de la force du collectif. Il permet aussi de mieux connaître les enjeux, la dynamique et les opportunités du marché francophone au Liban. Il donne l’opportunité d’ouvrir des portes, de faire des contacts et de mieux comprendre la circulation entre nos deux pays : une formation en France peut permettre un avenir au Liban.


Pour la quatrième année consécutive, « France Alumni Day », un espace d’échanges entre anciens des universités françaises et étudiants qui se dirigent vers l’Hexagone pour leur formation, est organisé par l’Institut français du Liban (IFL) et Campus France, le jeudi 4 juin de 16h à 21h au siège de l’Institut français. À cette occasion, Christophe Musitelli, conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’Institut français du Liban, répond aux questions de L’Orient-Le Jour sur les caractéristiques de l’événement cette année, particulièrement axé sur les échanges professionnels avec des personnalités ayant réussi au Liban. Il s’exprime aussi sur les perspectives qu’offre la France pour les formations universitaires, soulignant au passage que le taux d’acceptation des...
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