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Nos Lecteurs ont la Parole

Sur un arbre perché

Deux mois de confinement imposés à la maison à cause du virus Covid-19 ont été suffisants pour que je reprenne mes anciennes habitudes d’adolescent collégien, de me coller devant l’écran de la télé, mais cette fois avec deux différences : la première est qu’il n’y a pas ma mère qui me tracasse avec la phrase « arrête de perdre ton temps, va continuer tes études », et la seconde, c’est que c’est moi qui ai le contrôle « absolu » de la télécommande.

J’avoue que je ne suis pas paresseux par nature, mais lorsque nous sommes engloutis dans une situation pareille avec nos réserves financières « confisquées » par les banques, et en plus une épidémie – je ne sais d’où – tombée sur nos têtes, et comme on dit « jamais deux sans trois », un confinement obligatoire imposé, alors mieux vaut choisir un passe-temps « positif » pour se libérer autant que possible de nos idées negatives. Netflix était mon sauveur.

La comédie étant ma préférence, les séries de Louis de Funès étaient les seules qui pouvaient mettre un sourire sur mon visage...

Parmi le palmarès brillant de ses films, il y en a un qui m’a transposé dans une situation un peu comparable et conforme : c’était Sur un arbre perché, un film de Serge Korbert réalisé en 1971 dans lequel Louis de Funès (l’acteur principal), en conduisant très vite sa voiture à cause des passagers gênants avec leurs arguments, perd le contrôle du volant et voici que la voiture dérape, sort de la route et se précipite dans le vide... Heureusement qu’elle tombe sur un arbre et non pas dans la mer, d’où son titre Sur un arbre perché.

C’est intéressant de voir le dénouement du film et surtout l’évolution de l’état d’âme des personnages dans la voiture, mais le plus intéressant, c’est de voir l’analogie et la connexité que j’ai perçues entre la situation du film et « notre » situation libanaise actuelle... Tout comme eux, notre future est aléatoire et hasardeux, notre destin exactement inconnu, devant nous on n’a pas beaucoup d’options, c’est ou bien la mort prochaine à cause d’un manque d’options, ou bien l’attente d’une aide imminente externe pour notre survie. Devant nous c’est le précipice...

Comment sommes-nous arrivés à ce point de non-retour ? Qui est à blâmer ? Le destin, le chauffeur ou les passagers gênant le chauffeur, ou même la route en zigzag ?

Avec tous mes respects, mes révérences et ma déférence envers « le conducteur et les passagers » au sens figuré, j’estime que c’est bien clair et au-dessus de toute discussion que comme c’est le cas dans le film, le

« conducteur » est le principal accusé. Les passagers gênants et bavards sont peut-être une cause de l’accident, mais d’une importance secondaire, et la route difficile ou bien en zigzag est juste considérée comme une circonstance non atténuante.

Le « conducteur » est considéré comme étant le « guide » tant qu’il est au volant de la voiture, même si les passagers sont extrêmement gênants et problématiques ; il aurait dû conduire lentement, voire même s’arrêter pour essayer de résoudre les problèmes existants, et puis continuer pour arriver sains et saufs à leur destination finale...

Ce n’est pas un procès juridique que je ferai dans mon article, mais parfois il y a des vérités qu’il faudrait être vraiment aveugle de ne pas voir... Sommes-nous aveuglés? La réponse serait intéressante et même intrigante, mais pour le moment j’apprécie l’expression « je vis de bonne soupe et pas de beau langage » car on ne peut plus se payer ce luxe de perdre davantage notre temps en essayant de faire l’avocat pour nous justifier. On a tellement perdu de temps à négliger les désaccords internes...

Je termine mon article en ayant recours à Dieu le Tout-Puissant et miséricordieux car lui seul peut nous sauver de la situation pathétique, poignante et tellement tragique où nous sommes tous, comme dans le film, perchés sur un arbre, entre le ciel au-dessus de nos têtes et le vide et la perdition en dessous.

Dr Vartkès ARZOUMANIAN

Abou Dhabi

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « courrier » n’engagent que leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement le point de vue de L’Orient-Le Jour. Merci de limiter vos textes à un millier de mots ou environ 6 000 caractères, espace compris.


Deux mois de confinement imposés à la maison à cause du virus Covid-19 ont été suffisants pour que je reprenne mes anciennes habitudes d’adolescent collégien, de me coller devant l’écran de la télé, mais cette fois avec deux différences : la première est qu’il n’y a pas ma mère qui me tracasse avec la phrase « arrête de perdre ton temps, va continuer tes études »,...

commentaires (1)

Meme Dieu ne peut plus rien faire pour nous.

Allam Charles K

09 h 41, le 04 août 2020

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Commentaires (1)

  • Meme Dieu ne peut plus rien faire pour nous.

    Allam Charles K

    09 h 41, le 04 août 2020