Portrait

Monzer Hourani, bâtisseur de complexes hospitaliers aux USA

En 1971, alors qu’il était jeune diplômé et chômeur à Beyrouth, il part au Texas où il fonde un empire.

Monzer Hourani, bâtisseur de complexes hospitaliers aux USA

Monzer Hourani a quitté le Liban en 1971 et a construit un empire aux États-Unis. Photo DR

Quand le confinement imposé par la crise du coronavirus a commencé et que de nombreux Libanais ont été bloqués à l’étranger, aux États-Unis, plus exactement au Texas, un homme, Monzer Hourani, grand entrepreneur dans le domaine des chantiers médicaux, a pris l’initiative d’héberger plusieurs de ses jeunes compatriotes. Ceux-ci sont en l’occurrence des étudiants de la Lebanese American University (LAU), qui suivent diverses spécialisations en médecine aux États-Unis.

Monzer Hourani n’a pas mis les pieds au Liban depuis des dizaines d’années. Il préfère rester dans son pays d’accueil où il est devenu une référence dans la construction de complexes hospitaliers. Et pourtant, cet homme, qui a quitté le Liban en 1971, porte toujours son pays natal dans le cœur malgré sa longue absence. « Je n’oublie pas les personnes généreuses et aimables qui vivent au Liban. Je n’oublie pas non plus la merveilleuse nature du pays du Cèdre », dit-il. Celui qui a perdu sa mère au cours des événements de 1958, le jour même de son quatorzième anniversaire, rêve que le Liban se rétablira un jour. « Il est nécessaire que le peuple libanais soit uni car l’unité fait la force. Depuis sa création, le Liban a vécu de nombreuses guerres et a été sous diverses influences et ingérences étrangères. Il faut sauver ce pays de la catastrophe et cela n’est possible qu’à travers l’unité de son peuple », estime-t-il.


L'un des complexes hospitaliers construits par Monzer Hourani.


Monzer Hourani avait rêvé après ses études universitaires de rester au Liban, mais c’est le chômage qui l’a poussé à partir. Comme d’ailleurs de nombreux jeunes aujourd’hui.

En février 1971, ce jeune homme originaire de Marjeyoun et fraîchement diplômé avait adressé un message dans les pages du quotidien an-Nahar au président de la République de l’époque, Sleimane Frangié, dans lequel il présentait une proposition pour résoudre la crise des universitaires au chômage et planifier l’avenir du Liban et son développement. « Après mes études universitaires au Liban, j’ai voyagé aux États-Unis pour parfaire mes connaissances. J’y ai décroché deux diplômes en ingénierie et travaillé pendant deux ans. Je suis rentré ensuite au Liban car je souhaitais servir mon pays. À l’instar de nombreuses personnes dans ma situation, je n’ai pas trouvé d’emploi », soulignait dans sa lettre ouverte celui qui avait refusé à l’époque la « wasta » (piston). Il proposait également qu’un organisme placé sous l’autorité du gouvernement soit créé pour jouer le rôle d’un bureau privé pour l’emploi cherchant les opportunités et les projets dans les pays arabes, africains et européens.

Brevets d’invention
Dans son message, Monzer Hourani avait décrit la préoccupation des jeunes de son époque mettant en garde contre l’émigration pour la recherche de travail. C’est ce qu’il a d’ailleurs fait quelques mois plus tard au cours de la même année. Il est ainsi parti aux États-Unis, s’établissant à Houston, au Texas, où il a fondé sa première compagnie M. Hourani & Company Consulting Engineers. Les succès se sont enchaînés depuis.

Aujourd’hui, il est le fondateur et PDG de Medistar, une société spécialisée dans le développement de tous types d’établissements de santé. La compagnie a ainsi été partie prenante dans la construction de plus de 800 bâtiments et complexes de santé dans différents États des USA, ainsi que dans des pays d’Asie, notamment la Chine.

Monzer Hourani est également à l’origine de diverses innovations d›ingénierie et de technologies de construction qui ont eu un impact majeur sur la croissance du secteur de la construction aux États-Unis. Il a ainsi de nombreux brevets d’invention à son actif, notamment un écrémeur d’hydrocarbures pour gérer les déversements majeurs de pétrole et un support de fenêtre capable de résister aux ouragans les plus violents.

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Dans son travail, Monzer Hourani suit une philosophie, celle de développer, concevoir et construire des établissements de santé de manière économique et moderne, en maintenant la meilleure des qualités et en adoptant les innovations dans la technologie et la médecine.

L’entreprise qu’il a fondée et qu’il dirige excelle dans le développement, le financement, l’acquisition et la construction de bâtiments, de cabinets médicaux, d’hôpitaux, d’établissements de soins de longue durée, d’hôpitaux numériques et de centres d’oncologie, de soins ambulatoires, de traitement multimodal et de rééducation ainsi que d›autres installations médicales pour les soins de santé, la biotechnologie et les produits pharmaceutiques.

Par ailleurs, Monzer Hourani soutient différentes institutions aux États-Unis et au Liban, notamment l’Université américaine de Beyrouth, la LAU (son alma mater), la Croix-Rouge libanaise, MD Anderson Center et le St-Jude Children’s Cancer Center.


Quand le confinement imposé par la crise du coronavirus a commencé et que de nombreux Libanais ont été bloqués à l’étranger, aux États-Unis, plus exactement au Texas, un homme, Monzer Hourani, grand entrepreneur dans le domaine des chantiers médicaux, a pris l’initiative d’héberger plusieurs de ses jeunes compatriotes. Ceux-ci sont en l’occurrence des étudiants de la...