Coronavirus

Dix-huit Bangladais contaminés dans le quartier de Ras el-Nabeh

Les ouvriers étrangers ont tous été hospitalisés et les habitants de l’immeuble placés en isolement sous la surveillance des forces de l’ordre. Le ministère de la Santé retrace toutes les personnes entrées en contact avec eux pour les dépister.

Des Libanais profitant du déconfinement pour se baigner dans la mer. Photo d’illustration Reuters/Mohamed Azakir

Un vent de panique souffle depuis samedi soir sur le quartier de Ras el-Nabeh à Beyrouth où les premiers patients suspectés d’avoir contracté le coronavirus ont été transportés par la Croix-Rouge libanaise à l’hôpital. Hier, le ministère de la Santé a confirmé que dix-huit Bangladais habitant dans un vieil immeuble de ce quartier ont été testés positifs. Il s’agit du premier foyer épidémique à Beyrouth. Deux autres cas ont été enregistrés à Jdeidet el-Qaitaa, au Akkar (Liban-Nord), selon le bilan quotidien du ministère. Ce qui porte à 931, le nombre cumulatif des cas de Covid-19 au Liban depuis l’annonce de la première contamination le 21 février. À ce jour, 251 personnes ont été guéries et 26 autres sont décédées de la maladie. Actuellement donc, 654 personnes sont contaminées par le virus, dont quatre se trouvent dans un état critique.

« Ce qui se passe à Ras el-Nabeh est une catastrophe, affirme un habitant de la région. Ici, tout le monde est nerveux. Ces ouvriers circulent librement, se rendent à la mosquée et font leurs courses dans les échoppes du quartier. Nous ne savons pas avec qui ces Bangladais sont entrés en contact. »

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Contacté par L’Orient-Le Jour, le directeur général du ministère de la Santé, Walid Ammar, explique que « tous les Bangladais positifs ont été hospitalisés » et que « les résidents de l’immeuble ont été placés en isolement sous la surveillance des forces de l’ordre ». « Nous avons aussi effectué des tests de dépistage à l’ensemble des employés bangladais qui habitent le bâtiment, poursuit-il. Seuls 18 ont été testés positifs. Dans le bloc occupé par des ouvriers syriens, aucune contamination n’a été enregistrée. » Le Dr Ammar souligne en outre que le ministère « retrace également toutes les personnes entrées en contact avec ces ouvriers et les soumet à des tests de dépistage PCR ».



La rue de Hamra reprend vie au terme de quatre jours de bouclage total. Photo d’illustration Reuters/Mohamed Azakir

Plus de mille Libanais rapatriés

Ces nouveaux cas ont été enregistrés alors que le Liban a repris hier la troisième phase de déconfinement progressif entamé le lundi 11 mai, mais interrompue quatre jours durant (de jeudi à dimanche) dans le cadre du bouclage total imposé pour enrayer la recrudescence des cas de coronavirus. Une circulation dense a été constatée dans certaines régions avec un taux de respect des mesures préventives relativement bas. Selon le rapport quotidien de la chambre de la gestion des catastrophes, celui-ci oscillait entre 50 % et 60 % sur l’ensemble du territoire. Ainsi, à Saïda, dans la matinée, une foule s’était massée devant un bureau de transfert d’argent sans respecter les consignes de port du masque et de distanciation sociale, alors que l’Office des Nations unies pour les réfugiés (Unrwa) distribuait des aides aux réfugiés palestiniens.

De leur côté, les forces de sécurité ont encore installé hier des barrages filtrants fixes et mobiles pour faire respecter la circulation alternée (plaques d’immatriculation impaires pouvant circuler lundi, mercredi et vendredi, paires les mardi, jeudi et samedi, et toutes autorisées dimanche) qui reste en vigueur, ainsi que le port du masque à l’intérieur de la voiture. Des procès-verbaux ont été dressés à l’encontre des contrevenants.

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Le rapatriement des Libanais bloqués à l’étranger s’est également poursuivi hier. Huit vols en provenance de Larnaca, Riyad, Paris, Mascate, Abou Dhabi, Dubaï, Londres et du Congo ont permis à 1 115 Libanais de rentrer chez eux. Tous les passagers à bord de ces avions ont été testés négatifs au coronavirus avant leur embarquement.

Sur le plan sanitaire, une équipe médicale a effectué dans la matinée 75 tests de dépistage PCR dans la ville de Zikrit, dans le Akkar, une des régions où le virus s’est propagé ces derniers jours. Par ailleurs, le ministère de la Santé a annoncé qu’une campagne de tests de dépistage PCR sera organisée ce matin au dispensaire médico-social Hariri, situé dans la vieille ville de Saïda, au Liban-Sud.Par ailleurs, le père Youssef Youssef, vicaire de la paroisse Saint-Michel aux Émirats arabe unis, est décédé hier à Charjah, trois semaines après avoir contracté la maladie. Âgé de 63 ans, il souffrait de plusieurs maladies chroniques. Il était originaire du village de Deir Dourit, dans le Chouf.


Un vent de panique souffle depuis samedi soir sur le quartier de Ras el-Nabeh à Beyrouth où les premiers patients suspectés d’avoir contracté le coronavirus ont été transportés par la Croix-Rouge libanaise à l’hôpital. Hier, le ministère de la Santé a confirmé que dix-huit Bangladais habitant dans un vieil immeuble de ce quartier ont été testés positifs. Il s’agit du...

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Belle photo mais il ne s'agit pas simplement de "se baigner dans la mer", ce sont des plongeurs experts, un sport tres lourd, dans la categorie de "acrobatie". C'est d'aillieurs un souvenir que j'ai de Beyrouth que c'est ideal dans les environs de la corniche et du fameux 'Raouche' pour les nageurs "pro". Je suis un bon nageur moi meme, mais j'etais stupifie par les sauts des nageurs la-bas.

Stes David

18 h 47, le 19 mai 2020

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Commentaires (1)

  • Belle photo mais il ne s'agit pas simplement de "se baigner dans la mer", ce sont des plongeurs experts, un sport tres lourd, dans la categorie de "acrobatie". C'est d'aillieurs un souvenir que j'ai de Beyrouth que c'est ideal dans les environs de la corniche et du fameux 'Raouche' pour les nageurs "pro". Je suis un bon nageur moi meme, mais j'etais stupifie par les sauts des nageurs la-bas.

    Stes David

    18 h 47, le 19 mai 2020