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Devises

« Dollars libanais » : les banques ont commencé à mettre en œuvre la circulaire n° 151

Les changeurs continuent d’appliquer le taux du marché noir, lorsqu’ils acceptent d’ouvrir leurs portes ou de vendre des dollars. Photo M.A.

Une majorité de banques ont commencé cette semaine à mettre en œuvre la circulaire principale n° 151 de la Banque du Liban publiée le 21 avril dernier, selon plusieurs sources concordantes. Le texte permet à tous les déposants des banques libanaises de retirer en livres et à un taux pour le moment fixé à 3 000 livres pour un dollar, jusqu’à un certain montant par mois depuis leurs comptes en devises, une possibilité ouverte pendant six mois. Les plafonds de retraits fixés par client dans le cadre du dispositif prévu et les fréquences auxquelles ils peuvent être effectués varient d’un établissement à l’autre, selon l’une des sources interrogées. La création de ce dispositif lui a valu l’appellation de « Dollars libanais ».

La mesure s’applique uniquement aux retraits effectués à partir des dépôts en devises sur lesquels les banques ont mis d’importantes restrictions – informelles et illégales – ces derniers mois, en plein contexte de grave crise économique et financière, accompagnée par une dépréciation brutale de la livre sur le marché secondaire. La circulaire n° 151 ne s’applique donc pas aux « fonds frais » (l’argent déposé sur des comptes spéciaux institués après le 17 novembre 2019 par l’Association des banques du Liban) et dont les déposants peuvent librement disposer.

Grève des syndicats

La circulaire n° 151 s’inscrit enfin dans le prolongement de deux autres textes publiés le 3 avril : la circulaire n° 148, qui permet pendant trois mois aux déposants dont le total cumulé de l’ensemble des comptes dans une même banque ne dépasse pas 5 millions de livres ou 3 000 dollars au taux officiel de les retirer tous en une fois à ce taux ; et la circulaire n° 149 qui institue une unité devant fixer au jour le jour le taux de change applicable pour certaines opérations – dont celles des circulaires n° 148 et n° 151. Une majorité des banques a commencé à appliquer la circulaire n° 148 courant avril, mais l’unité prévue par la n° 149 (à laquelle les bureaux de change doivent contribuer) n’a pas encore été mise en place. En attendant, c’est la BDL qui fixe seule le taux applicable pour ces opérations.

Si la banque centrale a présenté l’ensemble de ces mesures comme un moyen de soulager les déposants pendant une crise aggravée par le Covid-19 et marquée par une forte inflation, le gouvernement de Hassane Diab lui a reproché peu après l’adoption de la circulaire n° 151 d’avoir contribué à accélérer la dépréciation de la livre chez les changeurs. Ces derniers, qui sont en grève depuis une dizaine de jours, n’ont jamais réellement respecté les plafonds que la BDL a tenté de fixer depuis le début de l’année pour freiner la hausse du taux livre/dollar sur le marché secondaire – la parité officielle de 1507,5 livres pour un dollar stabilisée depuis 1997 n’étant plus appliquée que pour certaines transactions bancaires.

La dernière tentative de la BDL remonte au début de la semaine dernière (circulaire n° 553) pour un plafond de vente fixé à 3 200 livres le dollar – soit autant que le prix auquel elle rachète les dollars aux sociétés de transfert d’argent depuis une semaine. Le jour de l’entrée en vigueur du texte, plusieurs changeurs ne respectant pas le texte ont été arrêtés, ce qui constitue un des motifs de leur grève.

Les changeurs continuent pour leur part d’appliquer le taux du marché noir, lorsqu’ils acceptent d’ouvrir leurs portes ou de vendre des dollars. Le taux, qui a enregistré une hausse spectaculaire en avril, tournait autour de 4 000 livres pour un dollar en ce début de semaine, après quelques jours où il avait été annoncé à 3 500.


Une majorité de banques ont commencé cette semaine à mettre en œuvre la circulaire principale n° 151 de la Banque du Liban publiée le 21 avril dernier, selon plusieurs sources concordantes. Le texte permet à tous les déposants des banques libanaises de retirer en livres et à un taux pour le moment fixé à 3 000 livres pour un dollar, jusqu’à un certain montant par mois...

commentaires (5)

Je me presente a la banque avec laquelle je traite depuis les annees 1970, je demande de retirer des virements provenant de l'etranger comme ils le disent dans le language bancaire "Fresh Money". Ce montant me parvient par la CFE (securite sociale - France); et comme les montants provenant de la CFE transitent par la Banque Audi et que mon compte est a la BLCBANk; la BLCBANK consideret que c'est un virement interne, malgre qu'il est note sur l'objet du virement la provenance exacte. Vous ne croyez pas que les banques se moquent de leurs clients et ne savent plus comment les depouiller ???

antoine achcar

15 h 28, le 06 mai 2020

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Commentaires (5)

  • Je me presente a la banque avec laquelle je traite depuis les annees 1970, je demande de retirer des virements provenant de l'etranger comme ils le disent dans le language bancaire "Fresh Money". Ce montant me parvient par la CFE (securite sociale - France); et comme les montants provenant de la CFE transitent par la Banque Audi et que mon compte est a la BLCBANk; la BLCBANK consideret que c'est un virement interne, malgre qu'il est note sur l'objet du virement la provenance exacte. Vous ne croyez pas que les banques se moquent de leurs clients et ne savent plus comment les depouiller ???

    antoine achcar

    15 h 28, le 06 mai 2020

  • heureusement que mon argent au liban est en livre libanaise pour encourager l économie libanaise expatrié , patriotique en rentrant au liban j amenerai un panier pour récupérer ce qui reste de mes 15 000000 de livres au prix de 20000 LL le mankouché en mangera des patates

    youssef barada

    20 h 04, le 05 mai 2020

  • LES PREDATEURS BANQUIERS IMPOSENT DES REGLES ILLEGALES AUX DEPOSANTS ET CONTRAIRES AUX CONTRATS DES DEPOTS. OU EST LA JUSTICE POUR S,EN SAISIR ? LA DIASPORA QUI A DES COMPTES EN DOLLARS ET QUI RETIRAIT DES MONTANTS EN MONNAIE ETRANGERE, EQUIVALENTS EN DOLLARS, DES ATM DANS LEURS PAYS D,ACCUEIL RETIRERAIENT-ILS DES LIVRES LIBANAISES DORENAVANT OU RIEN ? POUR EN FAIRE QUOI ? EST-CE LE MERCI A LA DIASPORA QUI A SOUTENU PAR SES DEPOTS LE PAYS POUR DES DECENNIES ? L,ABERRATION EST IMMENSE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    08 h 21, le 05 mai 2020

  • ".... La circulaire n° 151 ne s’applique donc pas aux « fonds frais » (l’argent déposé sur des comptes spéciaux institués après le 17 novembre 2019 par l’Association des banques du Liban) et dont les déposants peuvent librement disposer. ...". Ah oui, ces fameux "fonds frais" qui transitent en isolement dans des comptes séparés pour ne pas être contaminés par les Lollards, ou "fonds pourris", avant de finir aux Philippines ou chez les changeurs...

    Gros Gnon

    06 h 46, le 05 mai 2020

  • La banqueroute du système ne pouvant déboucher sur une liquidation généralisée en bon ordre, les banques ont institué des limites aux retraits. Vous avez raison de dire qu'elles sont illégales mais c'est aussi hors sujet que de se plaindre qu'un cadavre ne bouge pas.

    M.E

    00 h 59, le 05 mai 2020