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Société - Rapatriement

Plus de 300 Libanais attendus dimanche, « un premier test » pour le mécanisme amendé par le gouvernement

« S’il venait à apparaître qu’un grand nombre d’expatriés étaient contaminés par le coronavirus, le processus s’arrêtera », affirme Hassane Diab.

Le Premier ministre, Hassane Diab, a appelé la population à respecter les règles de confinement, alors qu’un relâchement dans l’observation des mesures anti-coronavirus est constaté à travers le pays. Photo Dalati et Nohra

Parallèlement au dossier des nominations financières, renvoyé aux calendes grecques au même titre que les nominations judiciaires quelques semaines plus tôt, pour cause de crise de clientélisme aigu, le Conseil des ministres s’est penché hier sur les problèmes liés au rapatriement de près de 20 000 libanais, ainsi que sur celui de la surpopulation dans les prisons.

Alors qu’un premier groupe de 1 500 personnes était supposé arriver après-demain dimanche à l’aéroport de Beyrouth, suivant un mécanisme qui prévoyait des tests au départ et à l’arrivée, le quart seulement va pouvoir prendre l’avion, certains pays, notamment européens, ayant refusé qu’une équipe médicale fasse passer des tests avant l’embarquement des passagers.

Ce sont donc un peu plus de 300 personnes qui doivent arriver dimanche, suivant un mécanisme qui a dû être modifié hier en Conseil des ministres en raison de ce refus. « Le gouvernement a dû modifier le mécanisme en raison d’obstacles apparus hier (mercredi) soir, des pays refusant que des équipes médicales effectuent des tests sur les Libanais en partance », a annoncé la ministre de l’Information Manal Abdel Samad, à l’issue du Conseil des ministres, précisant que les tests de contrôle seront effectués à l’arrivée à l’aéroport de Beyrouth. « Cette modification du mécanisme fera baisser le nombre de vols à trois ou quatre par jour », selon la ministre. « Il était prévu de rapatrier 1 500 personnes par jour, pendant une semaine, soit environ 10 000 personnes en tout. Mais avec ces nouvelles données, nous ne serons en mesure de rapatrier que 25 % du nombre prévu à l’origine pour le premier jour », a-t-elle poursuivi.

Lors d’une discussion à bâtons rompus avec des journalistes, le Premier ministre Hassane Diab a indiqué que 340 passagers seulement arriveront dimanche à Beyrouth à bord de quatre avions, deux venant d’Afrique, un troisième de Riyad en Arabie saoudite et un dernier des Émirats arabes unis. « Ces passagers qui arriveront dimanche constitueront un premier test. S’il venait à apparaître qu’un grand nombre d’expatriés étaient contaminés par le coronavirus, les rapatriements s’arrêteront », a-t-il souligné. Entre-temps, un relâchement notable au niveau de l’observation des mesures de confinement par la population était constaté, avec plus de monde dans les rues, un peu partout dans le pays.



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Deux nouveaux décès dus au coronavirus étaient pourtant enregistrés au cours des dernières 24 heures, en même temps que 15 cas supplémentaires de contamination, portant le bilan total à 494 cas, selon le dernier rapport du ministère de la Santé. Dans ce contexte, le chef du gouvernement a de nouveau mis en garde contre les entorses « nombreuses et dangereuses » à la mobilisation générale. « Celles-ci sont constatées partout. Certaines régions ne s’y sont même pas conformées, ce qui constitue une brèche importante pour une propagation incontrôlé du virus », a déploré Hassane Diab, avant d’annoncer que les autorités « seront contraintes de prendre des mesures beaucoup plus sévères si celles qui sont déjà en vigueur ne sont pas respectées ». « Nous ne pouvons pas admettre cette légèreté qui peut être responsable d’une explosion exponentielle des cas de contamination, surtout dans les régions où la mobilisation générale n’est pas respectée », a-t-il averti, en donnant l’exemple d’une contamination à Tripoli « où il est apparu que le malade avait été en contact avec un grand nombre de personnes ». En soirée, l’armée devait d’ailleurs être déployée dans plusieurs quartiers de la grande ville du Liban-Nord pour interdire les rassemblements.

En soirée, Hassane Diab a présidé une réunion élargie de la commission ministérielle chargée de suivre l’épidémie et de la commission scientifique et technique pour le retour des expatriés, afin de réviser le mécanisme de gestion de ce retour, à la lumière du refus de certains pays d’envoyer des équipes médicales pour faire subir le test PCR aux Libanais avant qu’ils ne prennent l’avion.

Selon les explications fournies plus tard par le ministre de la Santé, Hamad Hassan, il a été décidé d’imposer aux Libanais souhaitant rentrer de subir le test en laboratoire 72 heures avant l’embarquement. Ceux qui ne pourront pas le faire devront passer 24 heures dans un hôtel à leur arrivée à Beyrouth, et subir ensuite le test. Il n’a pas précisé si des hôtels déterminés ont été aménagés pour accueillir ces voyageurs. « Lorsque l’évaluation épidémiologique de la première étape du rapatriement aura eu lieu, le plan de retour sera lancé à partir du mardi 7 avril et englobera tous les pays, y compris ceux d’Europe », a annoncé M. Hassan, en précisant que la première étape prévue dimanche concerne strictement les pays d’Afrique et du Golfe « dans la mesure où ils sont moins affectés par l’épidémie de coronavirus jusqu'à présent ».

Sur un autre plan, le Premier ministre Diab a appelé les banques à faciliter les transferts bancaires à destination des étudiants libanais à l’étranger.



(Lire aussi : Ce que l’on sait aujourd’hui sur l’épidémie, la transmission du coronavirus et les mesures à prendre)



Environ 3 000 prisonniers bientôt libérés ?
Par ailleurs, Manal Abdel Samad a annoncé la formation d’une commission d’urgence chargée de la lutte contre le coronavirus en prison. Dans ce cadre, M. Diab a déclaré qu’environ 3 000 détenus vont pouvoir sortir des prisons dans le cadre d’un mécanisme mis en place par le ministère de la Justice, afin de désengorger les établissements pénitentiaires sur fond de crainte de propagation du Covid-19.

Mardi, la ministre de la Justice, Marie-Claude Najm, avait annoncé que les dossiers des détenus qui pourraient bénéficier d’une amnistie sont à l’étude, alors que cette question fait l’objet de tiraillements politiques. Il y a quelques jours, le gouvernement libanais avait approuvé un projet de loi revêtu du caractère de double urgence, amnistiant les détenus qui ont acquitté le versement des amendes qu’ils sont tenus de payer dans le cadre de leur condamnation. Par ailleurs, le gouvernement a également approuvé le projet de décret concernant l’exemption de taxes sur l’importation de matériel médical utilisé dans la lutte contre le virus.



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