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À La Une - pandémie

Coronavirus : au lendemain de la proclamation de la "mobilisation générale", le Liban sous cloche

A Saïda, Baalbeck et Tripoli, les rues sont désertes et les commerces ont fermé leurs portes. 

L'autoroute Beyrouth-Tripoli, quasi-déserte, lundi 16 mars 2020. AFP / JOSEPH EID

Au lendemain de la décision du gouvernement libanais de proclamer la "mobilisation générale" et de placer tout le pays en confinement, toutes les régions semblaient respecter ces mesures. Alors que les habitants limitaient au maximum leurs déplacements, des patrouilles des forces de l'ordre circulaient dans les rues des grandes villes pour s'assurer que les commerces respectaient les consignes de prévention. 

A Tripoli, au Liban-Nord, les quartiers de Khan el-Askar et Jisreïn étaient complètement fermés, selon notre journaliste sur place Ornella Antar. Des patrouilles obligeaient les commerçants à fermer leurs portes, notamment aux alentours du café Fahim, un des plus anciens de la ville, où s'étaient rassemblés de petits groupes de personnes. Sur les routes du Akkar, seuls des livreurs circulaient à moto et les supermarchés, les boulangeries et les pharmacies sont les seuls ouverts. Les habitants de cette région "commencent à prendre la menace au sérieux", selon un habitant de Dar Dalloum, qui précise que "si les magasins n'étaient pas fermés, les gens seraient sortis. Mais au moins maintenant, tout le monde est obligé de se confiner, ils n'ont nulle part où aller". 


Un motocycliste avançant dans une rue quasi déserte de Tripoli, le 16 mars 2020. Photo DR

A Zghorta, les rideaux de tous les magasins et cafés sont baissés, et ce depuis plusieurs jours, avant-même l'annonce des décisions prises par le gouvernement, rapporte notre journaliste. "On ne voit que peu de circulation, tout le monde reste chez soi. Les églises n'accueillent pas les croyants, même le dimanche, et les messes sont diffusées en direct sur une chaîne de télévision appelée Zghorta Channel". Elle précise que les salles des églises, où sont reçues les condoléances, sont également fermées. Les condoléances à la suite du décès de deux personnes, organisées en plein air sur l'esplanade devant l'église principale de la ville ayant attiré énormément de monde, le président de la municipalité a été obligé de mettre un terme à cette pratique. 

A Saïda (Liban-Sud), la fermeture des souks et de tous les commerces est totale, rapporte notre correspondant Mountasser Abdallah. "Seuls les boulangeries, les supermarchés et les stations-essence sont ouverts. Il n'y a que peu de trafic", précise-t-il. Le front de mer de la ville est également quasiment déserté. Dans les camps de réfugiés palestiniens de la ville, Aïn el-Heloué et Miyyé Miyyé, les fermetures sont également totales.

Par ailleurs, à Blat, toujours au Liban-Sud, deux hommes s'en sont pris à un policier municipal en exercice qui s'assurait qu'aucun rassemblement ne soit organisé dans la localité.

A Baalbeck, dans la Békaa, les rues de la ville sont presque vides. Les commerces, souks et administrations ont respecté les consignes du gouvernement et fermé leurs portes, selon l'Agence nationale d'Information (Ani, officielle). Tous les grands axes de la ville sont en outre désinfectés par la Défense civile. A Rachaya, dans la Békaa occidentale, des patrouilles s'assuraient aussi de la fermeture des commerces, selon l'Ani. 



La Défense civile désinfectant une rue de Baalbeck, le 16 mars 2020. Photo Ani


Dimanche, à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet de Hassane Diab et d'une réunion du Conseil supérieur de la défense, l'exécutif a proclamé la "mobilisation générale", justifiée par "l'état d'urgence sanitaire". Dans ce cadre, les Libanais sont appelés à rester confinés chez eux, les commerces à fermer leurs portes, à l'exception des pharmacies et des enseignes vendant de la nourriture. Toutes les frontières, les ports et les aéroports du pays seront fermés du 18 au 29 mars, le temps de donner aux personnes se trouvant à l'étranger la possibilité de rentrer au pays.

Le ministre libanais de la Santé, Hamad Ali Hassan, a dans ce contexte mis en garde lundi contre l'utilisation des transports en commun, "un des facteurs de transmission du coronavirus", appelant les personnes devant se déplacer à favoriser la voiture. "Les transports en commun sont un facteur de transmission du coronavirus. Il faut favoriser l'utilisation des voitures personnelles", a affirmé le ministre Hassan, appelant les conducteurs et la société à "respecter les mesures sécuritaires et administratives" prises la veille par le gouvernement.

De son côté, le Parlement a prolongé d'une semaine la suspension des réunions hebdomadaires des députés à Aïn el-Tiné, tenues chaque mercredi, des réunions des commissions parlementaires et la fermeture du siège de la Chambre.

Les Forces de sécurité intérieure ont de leur côté annoncé une série de mesures prises dans les établissements pénitentiaires du pays afin d'assurer que le coronavirus ne se propage pas parmi les prisonniers. Ces mesures incluent notamment la désinfection des mains de tous les les gardiens et visiteurs, des visites limitées à un membre de la famille par détenu, l'installation de parois de verre et l'interdiction de toute entrée de nouveaux détenus dans les établissements carcéraux. Selon une circulaire du procureur général près la Cour de cassation, le juge Ghassan Oueidate, publiée aujourd'hui, les prisonniers sont défendus de recourir aux organes juridictionnels jusqu'au 29 mars, mais ils peuvent néanmoins déposer des demandes de libération par téléphone, dont l'utilisation reste autorisée mais encadrée par les recommandations du ministère de la Santé.

Le département du trafic routier a pour sa part décidé de suspendre jusqu'à nouvel ordre les examens du permis de conduire, a indiqué le centre de gestion du trafic sur son compte Twitter.

Jusqu’à ce jour, 109 cas de coronavirus ont été détectés au Liban et trois des personnes contaminées sont décédées. Dans ce cadre, le bureau de presse de la présidence du Conseil des ministres a démenti lundi les informations rapportées sur les réseaux sociaux et dans les médias selon lesquelles un des consultants du cabinet de conseil Lazard, chargé de soutenir le Liban concernant les aspects financiers des négociations avec les créanciers du pays, serait contaminé par le virus. "Selon certains médias, un représentant de la société Lazard qui se trouvait au Liban serait contaminé et aurait transmis le virus au président du Conseil, Hassane Diab, et à plusieurs ministres", rapporte le bureau de presse. "Cette personne a passé des examens en France et n'est pas contaminée", peut-on lire dans le communiqué.




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commentaires (1)

Faites attention vous aurez encore plus car des avions qui viennent de l'Iran avec des contamines pour se faire soigner au Liban et en Iraq voilà le cadeau des Ayattollahs , merci Mr Nasrallah et le Hezbollah , vous avez détruit ce beau pays

Eleni Caridopoulou

16 h 31, le 16 mars 2020

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Commentaires (1)

  • Faites attention vous aurez encore plus car des avions qui viennent de l'Iran avec des contamines pour se faire soigner au Liban et en Iraq voilà le cadeau des Ayattollahs , merci Mr Nasrallah et le Hezbollah , vous avez détruit ce beau pays

    Eleni Caridopoulou

    16 h 31, le 16 mars 2020

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