Rechercher
Rechercher

À La Une - Liban

Sit-in devant le Conseil supérieur chiite contre le système patriarcal au Liban

"Cette injustice contre la femme est extrêmement dangereuse", dénonce une manifestante. 

Photo B.A.

Plus de 500 personnes, des femmes mais aussi des hommes, se sont rassemblés samedi devant le Conseil supérieur chiite, sur la route de l’aéroport, pour crier leur colère contre le système patriarcal au Liban, principalement contre les tribunaux jaafarites. Ces manifestants ont répondu à l'appel de plusieurs organisations, dont la "Campagne nationale pour majorer l’âge de la garde des enfants au sein de la communauté chiite". 

"L'injustice est devenue insupportable. Nous ne devons pas attendre qu'il y ait des crimes pour agir. Nous devons travailler pour changer la loi. Cette loi n'est pas divine. Elle a été faite par des humains et nous devons la changer", a déclaré une manifestante, Ighnar Awada, à notre correspondante sur place Badia Fahs.

"Cette injustice contre la femme est extrêmement dangereuse. Leurs lois sont basées sur quoi? Sur quelle religion ? Où est la logique ? Que quelqu'un nous explique !", a lancé une manifestante, Racha' Bechara, affirmant que "les mères sont actrices du changement, en charge de l'éducation de leurs enfants". 

Certains manifestants ont brandi la photo de Nadine Jouni, une jeune maman chiite de 29 ans, tragiquement décédée en octobre 2019 alors qu’elle militait pour la garde de son enfant Karam, âgé de neuf ans. "Nous suivons les pas de Nadine, nous crions son cri. Tant que nous pouvons secouer ce tribunal, les hommes de religion et la société nous allons le faire ", a déclaré Nada Jouni, la soeur de Nadine Jouni, alors qu'elle se trouvait parmi les manifestants.

"La garde des enfants est un droit que vous dites oui ou nous", peut-on lire sur une affiche. "Ayez pitié des mères et des enfants", était-il marqué sur une autre.

Cette manifestation intervient notamment après qu'une vidéo, filmée mercredi dans un village du caza de Tyr, au Liban-Sud, ait été largement partagée sur les réseaux sociaux.

"Ma petite, mon cœur, je suis venue te voir ! Tu me manques ! C’est moi qui aurais dû être à ta place !" Agenouillée derrière un grillage, une femme voilée, vêtue d’une abaya noire, pleurait sa fille de 15 ans. En effet, Ce n'est que deux mois après le décès de sa fille, Maya Ismaïl, dans des circonstances tragiques qui restent toujours inconnues, que Lina Jaber avait enfin réussi à s’approcher de sa tombe.

L’histoire de Lina, de confession chiite, ressemble à celle de milliers de femmes dont l’ex-mari leur interdit de voir leurs enfants. Chez les chiites, la fille atteint à 9 ans (14 ans pour le garçon) l’âge auquel légalement, selon le code du statut personnel chiite, elle a le droit de choisir le parent avec lequel elle désire vivre. En ce qui concerne l’âge de la garde de l’enfant, il est fixé à deux ans pour le garçon et à 7 ans pour la fille.


Plus de 500 personnes, des femmes mais aussi des hommes, se sont rassemblés samedi devant le Conseil supérieur chiite, sur la route de l’aéroport, pour crier leur colère contre le système patriarcal au Liban, principalement contre les tribunaux jaafarites. Ces manifestants ont répondu à l'appel de plusieurs organisations, dont la "Campagne nationale pour majorer l’âge...

commentaires (3)

Ce n'est pas une bonne publicité pour les chiites.......

Eleni Caridopoulou

15 h 48, le 02 mars 2020

Tous les commentaires

Commentaires (3)

  • Ce n'est pas une bonne publicité pour les chiites.......

    Eleni Caridopoulou

    15 h 48, le 02 mars 2020

  • L'obscurantisme fanatique, la corruption et la soif de pouvoir sont totalement alignés. L'un ne vient jamais sans l'autre. Lorsque la pompe à phynances ou le pouvoir sont menacés l'obscurantisme devient plus menaçant et lorsqu'ils sont à l'aise et sûr d'eux, l'obscurantisme prend des airs de progressisme voire d'ouverture.

    M.E

    17 h 36, le 29 février 2020

  • CA NE SERT A RIEN, L,OBSCURANTISME FANATIQUE EST ENRACINE DANS LEURS AMES.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    15 h 45, le 29 février 2020

Retour en haut