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Liban

Face au coronavirus, les écoles invitées à respecter les mesures d’hygiène et de lutte contre la contagion

Covid-19

Les ministres de l’Éducation, de la Santé et de l’Information se mobilisent ensemble contre le coronavirus.

28/02/2020

Une semaine après l’apparition du premier cas de coronavirus au Liban, et alors que le pays a comptabilisé hier son troisième cas déclaré, les ministres de l’Éducation Tarek Majzoub et de l’Information Manal Abdel Samad ont lancé une campagne de sensibilisation contre le coronavirus Covid-19, à l’intention des écoles, des universités et des instituts techniques publics. Au cours d’une conférence de presse conjointe, ils ont annoncé la « mobilisation générale des capacités » de leurs ministères. Une mobilisation basée sur la formation des chefs d’établissements aux mesures préventives à adopter en matière d’hygiène, de santé des élèves et de suivi des absences scolaires. Également basée sur la solidarité et la responsabilisation, la campagne envisage par ailleurs les mesures à prendre en cas de suspicion. « Face aux crises que nous traversons, nous devons nous soutenir mutuellement, car la force de l’État et celle de la population se mesurent par leur synergie au moment des épreuves », a souligné Tarek Majzoub, qui a appelé à la solidarité, mais aussi à prévenir les services du ministère en cas de suspicion.

De son côté, Manal Abdel Samad a invité « les réseaux sociaux à la responsabilité ». Elle a surtout estimé nécessaire en cette période « de ne céder ni à la panique ni à la légèreté ». « Les mises en garde relèvent de la responsabilité nationale. Suivre les directives sanitaires est nécessaire », a-t-elle ajouté, insistant sur la nécessité de « coordonner et d’intensifier les efforts ». « Par notre union, nous allons surmonter cette crise », a-t-elle conclu, lors de la conférence de presse, qui a également vu la participation du recteur de l’Université libanaise Fouad Ayoub et de la directrice de l’Orientation pédagogique et scolaire au ministère de l’Éducation, Hilda Khoury.



(Lire aussi : Ânerie virale, le billet de Gaby NASR)



Se laver correctement les mains à l’eau et au savon
Les précautions dans le secteur de l’enseignement se limitent donc pour l’instant à l’application de la circulaire numéro 7, publiée le 22 février dernier par le ministre de l’Éducation à l’adresse des secteurs éducatifs public et privé. Cette circulaire insiste sur l’importance des séances d’information à l’intention des élèves, de leurs parents et des enseignants. Elle invite les administrations à prévenir les services du ministère en cas de suspicion du nouveau coronavirus. Parmi les conseils les plus importants de cette circulaire, les mesures à prendre pour éviter la contagion entre les élèves, se laver les mains au savon fréquemment et correctement, apprendre à éternuer ou à tousser sans contaminer, éviter de se prêter des objets, utiliser les mouchoirs en papier et s’en débarrasser sans infecter le voisinage…

L’hygiène au sein des établissements scolaires est également au cœur de cette campagne qui prône le nettoyage régulier des locaux et des pupitres à l’eau, au savon et aux produits désinfectants. Ce qui implique que toutes les institutions publiques devront recevoir l’eau courante de manière permanente, qu’elles devront être équipées de savons, désinfectants, mouchoirs en papier en quantités suffisantes, et que leur personnel de surface devra effectuer un travail méticuleux et soigné. Si les grandes écoles privées du pays et une poignée d’écoles publiques devraient parvenir à se conformer aux directives, la question se pose pour nombre d’établissements peu ou pas équipés.

Rien qu’à l’Université libanaise, les étudiants n’ont pas arrêté de dénoncer, lors d’épisodes du soulèvement populaire, le manque d’eau, d’hygiène et d’équipements dans les campus. Un problème chronique, qui n’a fait qu’empirer avec la recrudescence de la crise financière. Il en est de même dans de nombreuses écoles publiques où l’hygiène n’a jamais été la préoccupation principale des administrations. Le savon y est inexistant, l’eau souvent coupée, sans parler de l’état déplorable des bâtiments et des installations sanitaires. C’est dans ce cadre que l’Office de secours des Nations unies pour les réfugiés de Palestine au Proche-Orient (Unrwa) a annoncé hier la prise de mesures préventives pour lutter contre la nouvelle forme de pneumonie virale, au sein de ses établissements qui scolarisent les réfugiés palestiniens du Liban.



(Lire aussi : "Ne cédons ni à la panique ni à la légèreté" : les ministres mobilisés contre le coronavirus)



Une situation sous contrôle, selon les autorités
Pour l’instant, il n’est donc pas question d’interrompre les cours ou de fermer les écoles, même provisoirement. C’est ce qu’a affirmé hier le ministre de la Santé, le Dr Hamad Hassan, lors d’une visite à l’École secondaire al-Mahdi à Baalbeck, où il passait en revue les équipements installés par la direction de l’établissement pour lutter contre le Covid-19. « Après avoir communiqué tard dans la soirée de mercredi avec le ministre de l’Éducation Tarek Majzoub, nous avons convenu que nous contrôlons toujours la situation, que les recommandations du ministère de l’Éducation sont correctes et qu’elles sont respectées par les institutions éducatives. Ce qui nous aide à prendre des décisions constructives sur base de données logistiques », a souligné M. Hassan. D’où la décision conjointe des deux ministres de ne pas fermer les écoles. « Jusqu’à aujourd’hui, il n’y a aucune nécessité de fermer les établissement scolaires, vu les mesures prises par les institutions éducatives. Et le respect par les élèves de ces mesures conforte notre décision », a précisé le ministre de la Santé.

Un point reste toutefois en suspens. Les trois cas déclarés de coronavirus au Liban figurent parmi les pèlerins rentrés d’Iran, où l’épidémie a fait le plus de morts après la Chine. « Et nombre de passagers à risque, qui se trouvaient à bord des avions empruntés par les personnes atteintes et qui sont retournés dans leur ville de Nabatiyé, ont refusé de respecter les règles de la quarantaine à domicile ou de subir les tests nécessaires », rapportait il y a deux jours notre correspondante à Nabatiyé, Badia Fahs. « Dénonçant un complot contre l’Iran, ces personnes ont continué à envoyer leurs enfants à l’école, même ceux qui faisaient partie du voyage en Iran. » Il n’est pas étonnant dans ce cadre que dans certaines régions, des parents préfèrent garder leurs enfants à la maison.



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