Liban

Aoun prône la "tolérance zéro" contre les personnes portant atteinte au "prestige de l'Etat et de ses responsables"

Le Conseil supérieur de la défense, réuni à Baabda, appelle à une meilleure coopération entre les organes sécuritaires et militaire. 

Le président libanais, Michel Aoun, présidant une réunion du Conseil supérieur de la défense, en présence notamment du Premier ministre, Hassane Diab (à gauche de M. Aoun), le 7 février 2020 à Baabda. Photo Dalati et Nohra

Le président libanais, Michel Aoun, qui présidait vendredi une réunion du Conseil supérieur de la défense, a insisté sur l'importance de "protéger la paix civile et la stabilité du pays", mettant toutefois en garde contre les "atteintes au prestige de l'Etat, de ses institutions et de ses responsables". Cette déclaration intervient alors que, ces derniers jours, plusieurs incidents ont opposé des manifestants aux partisans du député aouniste Ziad Assouad, dégénérant en échauffourées faisant plusieurs blessés. 

Dans un communiqué publié à l'issue de la réunion au palais de Baabda, le Conseil supérieur de la défense a souligné "l'importance de renforcer la coopération entre le différents appareils sécuritaires et militaires afin d'assurer la stabilité du pays et de prévenir les actes de vandalisme". 

Au cours des dernières semaines, le mouvement de contestation que connait le pays depuis plus de trois mois avait pris un tour plus violent, avec de fréquents affrontements entre les forces de l'ordre et les manifestants. Ces incidents, marqués par des jets de pierres et des tirs de gaz lacrymogène et de balles en caoutchouc, avaient fait plusieurs centaines de blessés. 


(Lire aussi : Un esclandre à Maameltein prend une tournure confessionnelle, Ziad Assouad se défend)


Tolérance zéro
Le chef de l'Etat a "insisté sur l'importance de contrôler la situation sécuritaire, afin de protéger la paix civile et la stabilité du pays", ajoute le communiqué du Conseil. Et de souligner que le président Aoun a appelé à pratiquer une politique de "tolérance zéro" envers toute tentative de "porter atteinte au prestige de l'Etat, de ses institutions et de ses responsables". 

A plusieurs reprises depuis le début de la contestation, les protestataires ont conspué des personnalités politiques présentes dans des lieux publics, notamment l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, qui a été obligé de quitter un concert à l'Université américaine de Beyrouth, ou le vice-président de la Chambre, Elie Ferzli, qui s'est retiré d'un restaurant de Beyrouth. Ces incidents se sont produits sans qu'aucun heurt ne soit à déplorer, mais les choses ont dégénéré à deux reprises cette semaine lorsque des manifestants ont voulu obliger le député de Jezzine Ziad Assouad de couper court à deux dîners, le premier à Antélias, mardi dernier, et le second à Jounieh, mercredi. Lors de ce dernier incident, ses partisans ont attaqué à coups de bâton et de couteaux des contestataires et les ont insultés, s'en prenant notamment violemment à un jeune homme venu de Tripoli (Nord). 

Avant la réunion du Conseil supérieur de Défense, le chef de l'Etat s'est entretenu avec le Premier ministre, Hassane Diab. 

Réagissant au communiqué publié à l'issue de la réunion du Conseil, le député et ancien Premier ministre Nagib Mikati a dit craindre que "le gouvernement qui doit faire face aux défis se transforme prochainement en gouvernement pour faire face à la révolution populaire dans la rue". "Ce qui ressort des décisions du Conseil supérieur de défense indique qu'il y a une tendance à défier la volonté des gens par la force étatique", a estimé M. Mikati.


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Le président libanais, Michel Aoun, qui présidait vendredi une réunion du Conseil supérieur de la défense, a insisté sur l'importance de "protéger la paix civile et la stabilité du pays", mettant toutefois en garde contre les "atteintes au prestige de l'Etat, de ses institutions et de ses responsables". Cette déclaration intervient alors que, ces derniers jours, plusieurs...

commentaires (15)

POUR COMBIEN DE TEMPS ENCORE QU'IL VA CONTINUER À ABUSER DE SON POUVOIR AOUN ?

Gebran Eid

20 h 46, le 07 février 2020

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Commentaires (15)

  • POUR COMBIEN DE TEMPS ENCORE QU'IL VA CONTINUER À ABUSER DE SON POUVOIR AOUN ?

    Gebran Eid

    20 h 46, le 07 février 2020

  • Il ne voit pas sa HONTE mais il parvient à voir un hypothétique prestige!

    Je partage mon avis

    18 h 55, le 07 février 2020

  • Dans le film, The Prestige, « La signification du titre du film provient de l'une des trois étapes (inventées dans la fiction dont s'inspire le film) que comporte un tour de magie. La première étape se nomme la « promesse », où le magicien montre au public quelque chose qui semble ordinaire, mais ne l'est pas. La deuxième étape consiste en l'exécution, le « tour », où le magicien rend l'acte ordinaire extraordinaire. Le « prestige », titre du film donc, et étape finale de l'illusion, est la partie du tour de magie où l'imprévu se produit » Wikipedia

    Evariste

    17 h 46, le 07 février 2020

  • Prestige : n. m. Qualité de quelque chose, de quelqu'un qui frappe l'imagination, impose l'admiration par son éclat, sa valeur : Le prestige de la gloire. Moi je ne dis rien, c'est le larousse qui le dit.

    Fifi Brindassier

    17 h 14, le 07 février 2020

  • M.AOUN au lieu de proférer des menaces réglez donc les nombreux problème du Liban

    FAKHOURI

    17 h 07, le 07 février 2020

  • tout ce baratin ne sert a rien.Les Libanais au Liban et a l'exterieur veulent savoir ou est parti leur argent.

    EL KHALIL ABDALLAH

    16 h 23, le 07 février 2020

  • Penser au prestige au lieu de prendre des actions. C’est une preuve categorique d’incompetence.

    Saade Joe

    16 h 23, le 07 février 2020

  • que le chef de l'état veuille bien mettre à la disposition du peuple le mode d'emploi des protestations ,contestations susceptibles d'apporter un véritable changement!nous lui en serons réellement reconnaissants! J.P

    Petmezakis Jacqueline

    15 h 45, le 07 février 2020

  • Et si, Messieurs nos Responsables, "afin de contrôler la situation sécuritaire et protéger la paix civile et la stabilité du pays" vous vous décidiez enfin de prendre d'urgence les mesures nécessaires pour remettre notre pays sur les rails d'une gouvernance normale et respectueuse du peuple, et non pas seulement de quelques corrompus criminels connus maintenant de tous ? Irène Saïd

    Irene Said

    15 h 31, le 07 février 2020

  • on est pas dans Etat normal...a cause de votre etat de deni total!

    Jack Gardner

    14 h 06, le 07 février 2020

  • Monsieur le Président je vous fais une lettre Que vous lirez peut être Si Dieu vous en laisse le temps !

    PHENICIA

    13 h 48, le 07 février 2020

  • Tolérance zéro contre ceux qui s'en prennent avec violence contre des manifestants pacifiques. ET ce, que les auteurs des dites violences soient des civils ou des membres de forces de l’ordre.

    Yves Prevost

    13 h 38, le 07 février 2020

  • QUE LES RESPONSABLES SOIENT INTEGRES ET PROPRES ET PERSONNE ALORS NE LES CRITIQUERA. MAIS ABOLIR LA CRITIQUE OU LA JUGER A LA LEGERE EST UN CRIME DEMOCRATIQUE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    13 h 38, le 07 février 2020

  • Monsieur le président, Tolérance zéro, nous ne pouvons qu'applaudir cette orientation. Enfin, dirons-nous: quel coup de barre! Mais tolérance zéro à l'égard de tous, le peuple et ses dirigeants. Nul n'est au-dessus des lois, ni moi, ni mon voisin, ni mon député, ni mon gouvernement, ni même la magistrature suprême. «Charité bien ordonnée commence par soi-même...». Ayez l'obligeance en conséquence, Mesdames et Messieurs les ministres, Monsieur le Premier ministre et Monsieur le président... Et le rappeler fermement à toutes et tous vos collègues députés, et à la présidence de la chambre.

    Christian Samman

    13 h 10, le 07 février 2020

  • Encore du double standardisme... bi ta33bo

    Toni Pantaloni

    12 h 55, le 07 février 2020