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Culture - Installation

Au commencement était la « Nuqta »

Le calligraphe Ghaleb Hawila expose, à l’Institut français du Liban, jusqu’au 15 février des œuvres créées en 2018 à l’occasion de la Biennale de calligraphie de Charjah.

L’œuvre « Nuqta » de Ghaleb Hawila se décline sous diverses formes : installation cubique en bois, quatre toiles représentant les quatre éléments de la vie ainsi que de mystérieuses combinaisons de lettres issues du Coran. Photo Ibrahim Sherry

L’artiste Ghaleb Hawila, l’un des talents du Prix « OLJ »/SGBL Génération Orient saison 3, a cette fois choisi de s’adonner à un exercice où il restreint les nombreuses possibilités de son art pour se concentrer sur son unité la plus basique, la Nuqta (le point), base de la calligraphie arabe (unité de mesure de laquelle toutes les lettres dérivent) qui est aussi cruciale dans la philosophie moyen-orientale.

C’est derrière une curieuse installation en bois que l’on peut découvrir la description de la troisième exposition solo du jeune calligraphe. « Le numéro 4 est intentionnellement dominant tout au long de l’exposition », y explique l’artiste, dont les œuvres sont exposées à l’Institut français du Liban. Une Nuqta à 4 bords, et « Allah » en arabe se compose de quatre lettres répétées 4 fois sur chaque face de l’installation cubique qui pèse plus de 800 kg. « C’était un choix réfléchi de se restreindre au travail à partir d’un simple point en forme de carré. C’est dans la restriction qu’on devient créatif parce qu’on doit sortir des habitudes pour contourner la contrainte », souligne Hawila. L’exposition, composée d’un petit nombre d’œuvres, peintes ou sculptées, représentant différents aspects de la création comme les quatre éléments (eau, feu, terre et air) ou des combinaisons de lettres trouvées dans le Coran, se savoure rapidement mais ouvre néanmoins la voie à de nombreuses réflexions sur la représentation graphique et l’utilisation des symboles. La petite taille de l’exposition est en effet largement compensée par son accessibilité, la place de chaque élément étant justifiée clairement par le texte à l’entrée. S’il est là pour guider les non-initiés, il laisse à chacun les choix d’interprétation : « La première pièce est immobile, composée de baguettes de bois suspendues devant un éclairage. Ce ne sont ni les baguettes ni la lumière qui bougent, tout est immobile, sauf les spectateurs qui ne peuvent jamais vraiment voir exactement la même chose. Chacun a donc son propre ressenti pour cette pièce comme pour le reste de l’exposition. »

Ghaleb Hawila est également engagé sur de nombreux autres projets comme l’exposition « Art of Change » à Hamra.

Institut français du Liban, rue de Damas, jusqu’au 15 février 2020


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