Rechercher
Rechercher

Culture - Installation

« Light and Dust » au Musée de la soie de Bsous : une exposition à vivre plus qu’à regarder

Imaginée par l’Institut culturel italien de Beyrouth, cette experience immersive réunit des artistes libanais autour de saint François d’Assise.

« Light and Dust » au Musée de la soie de Bsous : une exposition à vivre plus qu’à regarder

Les oiseaux d’Arlette Sauveur figurent parmi les œuvres présentées dans l’installation "Light and Dust", au Musée de la Soie de Bsous. Photo fournie par l'ambassade d'Italie

Un cadre verdoyant propice à la déambulation méditative. C’est ce dialogue entre la mémoire du Liban et son présent que l’Institut culturel italien de Beyrouth investit avec « Light and Dust ». Jusqu’au 30 juillet, le Musée de la soie de Bsous accueille une installation contemporaine conçue spécialement pour le Liban, pensée comme le projet d’adieu de son directeur, Angelo Gioè, qui quittera prochainement ses fonctions.

Huit cents ans après la disparition de saint François d’Assise, son héritage continue de nourrir la création contemporaine. Plus qu’une exposition, « Light and Dust » se présente comme une expérience sensible inspirée par la pensée franciscaine et construite autour d’une interrogation essentielle : que reste-t-il d’une existence lorsque le temps en a effacé les contours ?

Une pierre polie par les années. Un tissu marqué par les gestes. Un rai de lumière. Le bruit feutré des pas. La poussière déposée sur les choses. Autant de fragments qui composent une mémoire invisible, et inspirent les œuvres réunies à Bsous.

Des calligraphies sculptées en bois de Joanne Hennaoui Audi figurent parmi les œuvres présentées dans Light and Dust, au Musée de la Soie de Bsous. Photo fournie par l'ambassade d'Italie.


Des traces comme héritage

Conçue à partir d’un concept d’Angelo Gioè, avec une scénographie de Soula Saad et une direction de projet assurée par Dana Mikhail, l’installation transforme les jardins et les espaces historiques du musée en un paysage sensoriel où dialoguent lumière, son, matière et silence. Ce dernier devient un véritable matériau d’exposition, invitant au recueillement sans jamais convoquer le religieux.

Les calligraphies en bois de Joanne Hennaoui Audi, les pierres gravées de Ali Harkous ou encore les oiseaux d’Arlette Sauveur jalonnent ce parcours ouvert à l’interprétation du visiteur.

Saint François n’y apparaît pas comme une figure historique, mais comme une pensée toujours vivante. Humilité, hospitalité, paix et attention au vivant trouvent ici une traduction contemporaine à travers des matériaux élémentaires – pierre, bois, papier, fer et tissus bruts. Comme le résume Angelo Gioè, « François n’appartient pas au passé ; il appartient à chaque époque qui continue de s’interroger sur elle-même. »

Entre mots, matière et lumière, les panneaux calligraphiés rythment la déambulation proposée par "Light and Dust". Photo fournie par l'ambassade d'Italie.


Le Liban, territoire de dialogue

« Light and Dust » entretient un lien étroit avec le Liban, dont les blessures, les strates historiques et les héritages multiples nourrissent la proposition artistique. « Cette exposition n’aurait pu naître sous cette forme nulle part ailleurs. Le Liban m’a appris que la beauté n’est pas le contraire de la fracture ; il arrive qu’elle en soit l’émanation », confie son commissaire.


Fruit d’une création collective réunissant artistes, artisans, musiciens et designers libanais, l’installation fait de chaque matériau un langage. La matière raconte, la lumière révèle, le son suggère, tandis que le silence ouvre un espace de contemplation.

Inspirée par l’austérité d’Assise et de La Verna, mais aussi par la vision profondément humaine de Giotto, « Light and Dust » fait dialoguer patrimoine spirituel et création contemporaine.

Une pierre gravée de Ali Harkous exposée dans le cadre de « Light and Dust », au Musée de la soie de Bsous. Photo fournie par l'ambassade d'Italie


Le parcours se déploie comme une succession de seuils où chacun est invité à ralentir, à observer autrement et à se laisser guider par ses propres sensations. Aucune lecture ne s’impose ; le visiteur construit lui-même son chemin.

Pour Angelo Gioè, l’ambition est moins d’apporter des réponses que de susciter un regard neuf : « Une véritable œuvre d’art ne transforme pas le monde ; elle transforme la qualité du regard que nous portons sur lui. »

Cette sobriété revendiquée, fidèle à l’esprit de dépouillement associé à saint François, constitue l’une des forces de « Light and Dust ». Elle pourra aussi laisser sur leur faim les visiteurs en quête d’une proposition plus démonstrative.


Un cadre verdoyant propice à la déambulation méditative. C’est ce dialogue entre la mémoire du Liban et son présent que l’Institut culturel italien de Beyrouth investit avec « Light and Dust ». Jusqu’au 30 juillet, le Musée de la soie de Bsous accueille une installation contemporaine conçue spécialement pour le Liban, pensée comme le projet d’adieu de son directeur, Angelo Gioè, qui quittera prochainement ses fonctions.Huit cents ans après la disparition de saint François d’Assise, son héritage continue de nourrir la création contemporaine. Plus qu’une exposition, « Light and Dust » se présente comme une expérience sensible inspirée par la pensée franciscaine et construite autour d’une interrogation essentielle : que reste-t-il d’une existence lorsque le temps en a effacé les contours ?Une pierre...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut