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Abbas dit rompre "tout lien" avec Israël et Washington après le plan Trump

Proche-Orient

A l'issue d'une réunion extraordinaire de la Ligue arabe, les dirigeants promettent "de ne pas (...) coopérer avec l'administration américaine pour mettre ce plan en oeuvre".

OLJ/AFP
01/02/2020

Le président palestinien Mahmoud Abbas a annoncé samedi la rupture de "toutes les relations", y compris sécuritaires, entre l'Autorité palestinienne d'une part, et Israël et les Etats-Unis d'autre part, dans le sillage de l'annonce du plan Trump sur le conflit israélo-palestinien.

Dans une première réaction israélienne, Benny Gantz, rival du Premier ministre Benjamin Netanyahu aux législatives en mars, a estimé que le président palestinien "ne rate pas une occasion de refuser" une proposition de règlement du conflit.

M. Abbas, qui s'exprimait au Caire à l'occasion d'une réunion extraordinaire de la Ligue arabe, avait déjà annoncé en juillet 2019 son intention de "ne plus appliquer les accords signés avec Israël" lors d'une poussée de tensions, sans traduire cette démarche dans les faits. Samedi, le président de l'Autorité palestinienne a assuré qu'il n'y aurait désormais "aucune sorte de relation" avec les Israéliens "ainsi qu'avec les Etats-Unis, y compris en matière sécuritaire, à la lumière" du plan américain dévoilé mardi par le président Donald Trump.

Alors que certains pays arabes avaient réagi de manière très prudente au plan - certaines capitales appelant même à l'examiner -, la Ligue arabe l'a officiellement rejeté.

Ce plan "ne respecte pas les droits fondamentaux et les aspirations du peuple palestinien", a affirmé l'organisation, promettant que les dirigeants arabes ne coopéreraient pas avec Washington.



(Lire aussi : Au Caire, Hitti appelle à "soutenir la position palestinienne" face au plan Trump)



"Diktat" 
Réunie autour de M. Abbas au niveau de ses ministres des Affaires étrangères, la Ligue arabe a insisté sur la création d'un Etat palestinien fondé sur les frontières d'avant la guerre des Six jours, en 1967. Ce conflit avait mené à l'occupation israélienne de la Cisjordanie, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est, partie de la ville dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

Le secrétaire général de la Ligue arabe Ahmed Aboul Gheit a déclaré que le projet américain revenait à créer "un seul Etat avec deux catégories de personnes, soit un système d'apartheid, faisant des Palestiniens des citoyens de seconde zone". "La proposition américaine s'apparente en réalité à un diktat", a-t-il ajouté.

Mahmoud Abbas, qui a affirmé avoir averti le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de sa décision, a appelé Israël à "prendre ses responsabilités en tant que puissance occupante" des Territoires palestiniens. Les Palestiniens "ont le droit de continuer leur lutte légitime par des moyens pacifiques pour mettre fin à l'occupation", a-t-il ajouté, qualifiant le plan américain de "violation des accords d'Oslo" signés avec Israël en 1993.

Ces accords ont permis de créer l'Autorité palestinienne et de définir les relations avec Israël dans de nombreux domaines. Si les Palestiniens cessent de les appliquer, cela pourrait avoir des conséquences notamment sur la sécurité en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Environ 400.000 colons israéliens y vivent, de manière souvent conflictuelle, avec plus de 2,5 millions de Palestiniens, et la coopération entre services de sécurité palestiniens et israéliens passe pour avoir permis de déjouer des dizaines d'attentats anti-israéliens.


(Lire aussi : Un déficit après l’autrel'éditorial de Issa Goraieb)



Précédent 
Les Israéliens assurent de leur côté que l'Autorité palestinienne y trouve son compte avec le maintien de la stabilité.

En juillet 2017, M. Abbas avait déjà indiqué suspendre la coordination sécuritaire avec Israël, avant de la rétablir officiellement un an plus tard.  Pendant cette année de pause, elle avait toutefois été maintenue de facto à 95%, d'après la police palestinienne. Si M. Abbas a gelé les relations entre Ramallah et Washington en décembre 2017 - après la reconnaissance unilatérale par M. Trump de Jérusalem comme capitale d'Israël -, l'Autorité palestinienne a maintenu ses contacts avec la CIA.

Rejeté en bloc par les Palestiniens mais considéré comme "historique" par le gouvernement israélien, le plan américain présente plusieurs points sensibles, que M. Abbas a notés pendant la réunion de la Ligue arabe. Le premier est l'annexion par l'Etat hébreu de colonies israéliennes, soit environ 30% de la Cisjordanie, selon le président palestinien. Selon le plan de M. Trump, Israël peut procéder immédiatement à cette annexion, tandis que les Palestiniens doivent faire preuve pendant quatre ans de "bonne volonté" avant d'obtenir un Etat morcelé, a dénoncé M. Abbas. Les Palestiniens doivent de plus reconnaître l'"Etat juif", désarmer la bande de Gaza - sous contrôle du Hamas islamiste -, et renoncer à leur droit au retour après l'exode provoquée par la création d'Israël en 1948, a-t-il résumé.

Le président palestinien a annoncé qu'il se rendrait bientôt au Conseil de sécurité de l'ONU pour appeler à une conférence internationale visant à relancer les négociations avec Israël, sous l'égide d'un quartet incluant la Russie, l'Union européenne, l'ONU et les Etats-Unis.



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Nicolas Rubeiz

Ce leadership, aussi sclérosé que dépassé, n'a cesse de prouver son incompétence et son pathétisme au fil des années... Grave

DAMMOUS Hanna

Ce projet de paix Israélo-palestinien, sera la fin de la raison d’être du Hisb-Allah. Mais ce projet de paix n'est-il pas un échec et mat, vous acceptez ou vous perdez définitivement votre état.
Attention la violence qui sera provoqué par le nord est égale à la destruction du sud du Liban et du HIZB. On est pas sorti de l'auberge.
Les pays arabes parlerons et condamnerons et ne feront rien.

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