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Le massage thaï dans la liste du patrimoine culturel de l’Unesco

Coolitude

La bonne forme physique et morale, tout un art prodigué par un savoir-faire asiatique millénaire prisé et honoré aujourd’hui par l’une des plus vénérables instances du monde.

30/01/2020

Pressions rythmées sur tout le corps, étirements de pied en cap (des doigts aux orteils, en passant par les oreilles), craquements de jointures et habiles positionnements de tous les membres. Parce qu’elle perdure avec succès et efficacité, cette technique thaïlandaise de massage millénaire, appelée nuad thaï, capable de soulager moult maux, vient d’être honorée mondialement. En décembre dernier, l’Unesco l’a intégrée à sa liste des patrimoines culturels immatériels de l’humanité. C’est là tout un art, considéré comme un aspect de la sagesse médicinale traditionnelle, qui est actuellement reconnu comme une forme de thérapie alternative à la médecine moderne. De plus, selon l’Unesco, « cette pratique du soin personnel puise ses racines dans la société paysanne ancienne. Chaque village disposait de masseurs guérisseurs que venaient consulter les personnes ayant des problèmes musculaires dus aux travaux qu’ils effectuaient dans les champs. Au fil du temps, ce savoir s’est transformé en un système de connaissances et le nuad thaï est devenu aujourd’hui une profession génératrice de revenus. En 1985, le projet de redynamisation du massage thaïlandais a été lancé pour le promouvoir et l’améliorer ».


Savantes manipulations du corps

Dans ce contexte, une initiative a été prise afin de former une alliance des praticiens de nuad thaï qui se réunissent chaque année. Contrairement aux massages conventionnels, le thaï repose sur une série de mouvements auxquels se soumettent les personnes traitées. Quant aux thérapeutes, ils n’utilisent pas uniquement leurs mains mais également leurs avant-bras et même leurs genoux et leurs pieds pour produire des pressions, points essentiels de ce processus. Cette technique est considérée comme faisant partie de l’art, de la science et de la culture des soins thaïlandais traditionnels. En tant que remède non médical et thérapie manuelle, il implique une manipulation corporelle très étudiée au cours de laquelle le praticien aide à rééquilibrer les énergies et les structures morphologiques du patient afin de traiter des maux attribués à l’obstruction des flux énergétiques le long de ce qui est appelé « sen », ou lignes qui quadrillent le corps humain. Et aussi afin de rester en harmonie avec les quatre éléments, la terre, l’eau, le vent et le feu.

« Créations anonymes, surgies de l’âme populaire »

Le massage thaïlandais est né il y a environ 2 500 ans suite à l’arrivée en Thaïlande de médecins et de moines bouddhistes venus d’Inde. La légende prétend que ce concept aurait été mis au point par Chiwaka Komaraphat, fondateur du massage et de la médecine thaïlandais et qui, selon le canon bouddhiste pāli, aurait été le médecin du Bouddha. Néanmoins, ce dont on est sûr, c’est qu’en Thaïlande, cette technique était transmise oralement de maître à élève dans les temples bouddhistes et dans les familles. Certains précurseurs l’ont fait connaître en Europe à partir des années 1960. Vers la fin des années 1980, avec le regain de ferveur pour les cures traditionnelles et la parution, en 1990, du premier ouvrage rédigé en anglais sur le sujet, le massage thaïlandais s’est répandu en Occident. Un nombre croissant de professionnels de la santé ont alors rallié la tendance de cette culture traditionnelle.

C’est exactement ce que cherche à éclairer, annuellement, le patrimoine culturel immatériel de l’humanité, relevant de l’Unesco et qu’il définit comme des « créations anonymes, surgies de l’âme populaire ». Le but est d’accompagner cette continuité des traditions à travers leurs diversités d’expression pour assurer leur sauvegarde et leur développement, au-delà même de leur communauté. Aux côtés du massage thaï, sa liste clôturant 2019 a notamment englobé des legs toujours vivants tels que les Troubadours irlandais de la harpe, la fête du Grand Pardon italien, le Silat, art martial profondément ancré dans la civilisation malaisienne et le carnaval de la ville de Podence au Portugal : là, on laisse durant cette période la latitude à des hommes, le visage complètement masqué et arborant de lourds costumes diaboliques, de tenter d’aguicher dans les rues la gent féminine. Tous âges confondus.


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