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Culture

« À l’ombre d’autrefois », le récit d’une vie libanaise

En librairie
14/01/2020

Du Liban à la France, le premier roman de Georges Dib relate la vie d’un jeune Akkariote né au début des années 1950. Après un premier chapitre qui plonge d’entrée de jeu le lecteur dans les affres de la guerre civile, l’auteur revient sur l’enfance de Jafâr dans le village de Talass, dans le Akkar. Opprimé par un père tyrannique, se promettant de quitter le pays au plus vite pour mieux sauver sa famille de la figure paternelle, sa scolarité va l’amener à Tripoli, puis à Tours, en France, où il commencera ses études de médecine avant de tomber éperdument amoureux d’une jeune Allemande, marquant le début d’une longue histoire d’amour qui se mêlera au récit presque autobiographique de Georges Dib.

En effet, le parcours de Jafâr présente de troublantes similitudes avec celui de l’auteur, médecin spécialiste revenu au Liban il y a 22 ans. Avec À l’ombre d’autrefois, paru aux éditions Sydney Laurent (429 pages), ce dernier revient donc sur les premières décennies de l’existence de Jafâr, parfois mouvementée, qu’il retranscrit avec émotion. Cette belle histoire, bien que ponctuée de quelques longueurs, reste largement touchante tout en dressant un tableau du Liban et de la jeunesse libanaise « d’autrefois ».

Parsemé de références littéraires qui ont bercé l’auteur, de Molière à Dumas, le roman est écrit dans un style recherché. La clarté du propos est parfois sacrifiée au profit d’un vocabulaire très (voire trop) riche qui rend les formulations confuses, coupant à maintes reprises la dynamique du récit. Si l’intensité de certains passages nous plongent dans les riches descriptions du roman, la profusion de termes trop variés et de figures de styles parfois hasardeuses rendent la forme du récit parfois inégale dans son ensemble. Si l’on parvient à franchir la barrière du style, on pourra toutefois apprécier le fond, un conte nostalgique et poétique par bien des aspects.

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