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À La Une - Liban

Révolte : les banques libanaises à nouveau dans le viseur des manifestants


Des manifestants devant une branche de la banque BLC à Hamra, le 28 décembre 2019. Photo AFP / ANWAR AMRO

Les banques libanaises étaient à nouveau dans le viseurs des manifestants samedi, alors que le Liban a entamé son troisième mois d'une révolte populaire de grande ampleur contre le pouvoir politique, dans un contexte de crise financière et monétaire aiguës.

En matinée, une poignée de protestataires se sont rassemblés devant le siège de la Banque du Liban, dans le quartier commerçant de Hamra, sous le slogan "personne ne sait", en allusion à la réponse du gouverneur de la BDL, Riad Salamé, lorsqu'on l'a interrogé il y a deux jours sur la possibilité d’une modification du taux de change entre la livre et le dollar. M. Salamé est régulièrement conspué par la rue, qui l'accuse de couvrir les opérations frauduleuses présumées d'une classe politique taxée de corruption.

Les manifestants, en majorité issus du Parti communiste, se sont ensuite dirigés vers le siège de la banque privée BLC, située à proximité, où ils ont tenu un sit-in à l'intérieur de la branche de cet établissement. Ils accusaient la Banque du Liban et l'Association des banques (ABL) d'être "responsables de la situation financière et bancaire actuelle" dans le pays. Ils ont promis de mener une série de sit-in similaires aujourd'hui devant plusieurs autres banques, afin de crier leur colère.


(Lire aussi : Des zéros en cavale, l'édito de Issa GORAIEB)


"Hold-up"

"Rendez notre argent !", criait l'un des protestataires. "Nous n'avions pas de plan au préalable. J'étais là pour effectuer une formalité. Mais ce qui se passe est une agression (contre les clients). Des milliards de dollars ont été sortis du pays durant les derniers mois. L’État doit assumer la responsabilité de l'effondrement économique. Ce n'est pas aux citoyens de le faire (...) Nous sommes là pour libérer cette banque de ce hold-up commis par les autorités officielles", martelait l'une des manifestantes.

A Nabatiyé également, au Liban-Sud, une poignée de manifestants a tenu in sit-in devant des banques, sous le slogan "assez de vols".

Il y a deux jours, la question du transfert de fonds qui auraient été selon la presse effectués récemment par certains dirigeants politiques libanais vers des banques suisses, pour un montant de plusieurs milliards de dollars, a été longuement évoquée lors d’une réunion rassemblant plusieurs responsables des secteurs financier et bancaire. Riad Salamé a notamment annoncé qu’il allait prendre toutes les mesures nécessaires pour faire la lumière sur cette affaire, notamment en créant une commission d’enquête.


(Lire aussi : Des « milliards de dollars » transférés en Suisse par des dirigeants : Salamé promet une enquête)


Citant des sources à Berne, des informations diffusées dans la presse libanaise font état depuis mardi de transferts effectués par neuf responsables politiques vers la Suisse, au cours des quinze derniers jours. Selon des informations rapportées par le quotidien britannique The Independent dans sa version en arabe, le Parlement suisse doit étudier prochainement l’origine de ces transferts.

L'affaire de ces transferts a fait polémique au cours des derniers jours, alors qu'avec la sévère crise de liquidités que traverse le Liban, les clients des banques sont soumis à d’importantes restrictions, des plafonnements de leurs retraits en livres libanaises et de grandes difficultés pour obtenir des dollars américains. Face à cette crise, le taux de change de la livre libanaise a grimpé en flèche auprès des changeurs, atteignant 2.000 livres ces derniers jours pour un dollar, tandis que le taux officiel observé par les banques reste stable, entre 1.515 et 1.520 livres le dollar.


(Lire aussi : Pas de gouvernement avant le début de l’année prochaine)


En outre, un rassemblement a eu lieu aujourd'hui à 16h, devant le domicile du Premier ministre désigné, Hassane Diab, situé à Tallet el-Khayat. 

Depuis sa désignation, M. Diab fait face au rejet des protestataires, qui estiment qu'il fait partie de la même classe dirigeante dont ils réclament le départ depuis le 17 octobre, et de la rue sunnite, qui souligne qu'il n'est pas habilité à diriger le futur cabinet, ne bénéficiant pas d'une couverture suffisante de la part de cette communauté.

Hier, un sit-in rassemblant une poignée de manifestants, notamment des partisans du Premier ministre sortant Saad Hariri, s'est tenu devant le domicile de M. Diab. D'autres sit-in similaires ont été enregistrés ces derniers jours.


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Les banques libanaises étaient à nouveau dans le viseurs des manifestants samedi, alors que le Liban a entamé son troisième mois d'une révolte populaire de grande ampleur contre le pouvoir politique, dans un contexte de crise financière et monétaire aiguës.En matinée, une poignée de protestataires se sont rassemblés devant le siège de la Banque du Liban, dans le quartier commerçant...

commentaires (2)

Ce Monsieur n'est pas à la hauteur. Il demande à Bassil de lui trouver des noms pour les prochains ministres alors que la rue est contre ses interventions permanentes qui vont dans le sens opposé des réclamations et des revendications des citoyens. Il serait plus sage de renoncer et de laisser la place à une personne neutre et élu loyalement pour pouvoir composer son gouvernement, juger ces malfras et remettre la machine en marche en toute liberté pour sauver notre cher pays.

Sissi zayyat

13 h 46, le 28 décembre 2019

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Commentaires (2)

  • Ce Monsieur n'est pas à la hauteur. Il demande à Bassil de lui trouver des noms pour les prochains ministres alors que la rue est contre ses interventions permanentes qui vont dans le sens opposé des réclamations et des revendications des citoyens. Il serait plus sage de renoncer et de laisser la place à une personne neutre et élu loyalement pour pouvoir composer son gouvernement, juger ces malfras et remettre la machine en marche en toute liberté pour sauver notre cher pays.

    Sissi zayyat

    13 h 46, le 28 décembre 2019

  • IL N,A QU,A DEMISSIONNER POUR SAUVER SA REPUTATION ET LE PAYS AU LIEU DE SE PLIER AUX INTIMIDATIONS ET ORDRES DES DEUX MILICES IRANIENNES ET DE LEUR COMPLICE ET SERVITEUR CPL.

    SOUTENONS L,OLJ. CONDAMNONS SES CENSURES.

    13 h 03, le 28 décembre 2019

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