France

À Paris, une collecte de dons pour les Libanais

L’aide devrait être acheminée grâce à des accords en discussion avec des compagnies aériennes, ou par le biais de bénévoles rentrant au pays.


Les Libanais de Paris se sont mobilisés pour venir en aide à leurs compatriotes. Photo Anne Ilcinkas

« C’est le minimum que je puisse faire depuis la France pour aider les familles dans le besoin au Liban. » Il est 15h ce dimanche place Joffre à Paris, Sarine et Céline déposent deux grands sacs dans une camionnette garée face à la tour Eiffel. Ils contiennent du lait en poudre, des lentilles, des vêtements, des couches…

« Je parle avec ma famille au Liban tous les jours, explique Sarine Mafakian, née il y 24 ans à Paris de parents libanais. Mon oncle s’est fait licencier, deux de mes cousins n’ont plus de travail non plus. Je ne peux pas leur envoyer de l’argent car je ne suis pas sûre qu’ils pourront le récupérer dans les banques. Mais si je ne peux pas les aider directement, je peux au moins aider des Libanais. C’est le minimum que je puisse faire. » Malgré le froid et surtout la grève contre la réforme du système de retraite qui paralyse le pays depuis le 5 décembre, ils sont des dizaines à avoir répondu à l’appel de « Meghterbin mejtemiin ». Le groupe de jeunes Libanais de la diaspora, formé dès le début de la révolte le 17 octobre dernier, avait en effet appelé les Libanais de France et surtout de Paris à apporter denrées alimentaires, vêtements d’hiver, jouets et médicaments lors de la manifestation hebdomadaire qu’ils organisent depuis près de deux mois en soutien aux manifestants du Liban.

« Nous sommes le miroir de la révolution au Liban, explique Marc Tuéni, du groupe Meghterbin mejtemiin. Au Liban, des collectes de dons sont organisées sur les places publiques pour venir en aide aux plus démunis, d’autant plus que la situation actuelle est critique. Alors, en plus d’offrir un soutien moral et politique à la révolution, quand on le peut, nous avons décidé d’organiser cette campagne de dons. C’est la première que nous la mettons en place et les gens se sont massivement mobilisés », se réjouit le jeune ingénieur de 28 ans.



(Lire aussi : Manifestation devant le Parlement : « Ils n’ont rien compris »)



« Il n’y a que nous-mêmes pour nous sauver »
Meghterbin mejtemiin est en relation avec des associations et ONG libanaises qui distribueront sur place l’aide aux familles dans le besoin. L’aide devrait être acheminée au pays grâce à des accords encore en discussion avec des compagnies aériennes, ou grâce à des bénévoles qui prendraient dans leurs bagages une valise de donations en rentrant au pays.

En attendant, à intervalles réguliers, des personnes déposent leurs dons dans le camion de la place Joffre. « Aujourd’hui, je suis venue donner des médicaments, des vêtements chauds. On ne peut pas ne pas donner », commence Christiane, une femme d’une soixantaine d’années, établie en France depuis 1970, avant de s’arrêter gagnée par l’émotion. Je vais faire la collecte auprès d’amis dans le quartier et revenir, assure-t-elle avant de s’éloigner. Comme Christiane, nombreuses sont les femmes à n’avoir pu empêcher leurs larmes de couler en pensant à la situation au pays.

« J’ai vu une vidéo dans laquelle on voyait un vieux monsieur qui n’avait pas un rond dans sa poche. Ça m’a fait pleurer, se souvient Mounir Kassab, étudiant de 23 ans, venu déposer jeans et manteaux chauds. J’ai vu les suicides. » Ghaida Baroudi Golder, venue avec son mari français, n’a raté aucune manifestation à Paris en soutien au peuple libanais. « Si nous, libanais, ne faisons rien pour nous-mêmes, personne ne le fera, ni la France ni les autres. Il n’y a que nous-mêmes pour nous sauver », dit-elle.

« Je ne vais pas pouvoir aller au Liban à Noël, glisse dans un sanglot Maya Waked, productrice de concert. Il faut que je fasse quelque chose quand même. C’est ma façon de contribuer à la révolution. »

Des campagnes de dons similaires sont organisées par la diaspora libanaise dans d’autres pays, aux États-Unis et au Royaume-Uni notamment.


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« C’est le minimum que je puisse faire depuis la France pour aider les familles dans le besoin au Liban. » Il est 15h ce dimanche place Joffre à Paris, Sarine et Céline déposent deux grands sacs dans une camionnette garée face à la tour Eiffel. Ils contiennent du lait en poudre, des lentilles, des vêtements, des couches…

« Je parle avec ma famille au Liban...

commentaires (3)

Ici en Italie il y a très peu de Libanais à Brescia il y a des médecins libanais qui sont très bien qui sont du sud . Ils ont fait leurs études a Brescia

Eleni Caridopoulou

18 h 48, le 09 décembre 2019

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Commentaires (3)

  • Ici en Italie il y a très peu de Libanais à Brescia il y a des médecins libanais qui sont très bien qui sont du sud . Ils ont fait leurs études a Brescia

    Eleni Caridopoulou

    18 h 48, le 09 décembre 2019

  • INITIATIVE HONORABLE.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 10, le 09 décembre 2019

  • Merci.

    Eddy

    11 h 12, le 09 décembre 2019