RÉGIONS

Des étudiants de l’Université Saint-Joseph se mobilisent contre la précarité

Originaires de plusieurs régions de la Békaa, des jeunes des campus de Zahlé et de Taanayel se sont portés volontaires dans la campagne #Haddak, lancée en octobre par leur établissement, afin de soutenir les familles qui se sont retrouvées dans le besoin, suite aux événements que vit le pays ces dernières semaines.

Lorsque la direction des campus de la Békaa de l’USJ a lancé l’appel pour s’engager dans #Haddak, les étudiants n’ont pas tardé à exprimer leur volonté de se porter volontaires dans cette campagne d’aide sociale. Crédit photo Gaëlle Said

Venant de l’École supérieure d’ingénieurs de Beyrouth et de la faculté de gestion et de management-campus de Zahlé, ainsi que de l’École supérieure d’ingénieurs d’agronomie méditerranéenne (Ésiam) et de l’École supérieure d’ingénieurs agroalimentaires-campus de Taanayel (ESIA), des étudiants, entre 18 et 22 ans, se sont portés volontaires, aux côtés de leurs enseignants et du personnel de l’administration, dans l’organisation, la mise en place des lignes directrices et le lancement de la campagne #Haddak (À tes côtés), initiée par la direction des campus de la Békaa de l’USJ. Il s’agit d’un « appel afin de soutenir les familles qui ont été le plus touchées par l’arrêt forcé du travail et la fermeture des banques au cours des derniers jours », explique Maya Kharrat Sarkis, directrice de l’Ésiam et de l’Esia. Ce projet consiste à mobiliser ces étudiants organisateurs bénévoles, non seulement dans la sensibilisation de leurs camarades, mais aussi dans la collecte d’argent, de denrées alimentaires, de vêtements et de combustible pour les distribuer aux familles dans le besoin, dans la région de la Békaa.

« C’est un projet qui m’intéresse en tant que citoyenne libanaise. Pourquoi ne pas aider lorsque c’est possible ? C’est important de s’engager pour notre communauté », estime Elza Serghani, 21 ans, en 4e année de génie agronome. De même, Samah Said, étudiant en génie civil, s’est engagé dans la campagne parce que « les jeunes sont capables de participer à ce genre d’activités et de donner de leur temps ». Cet étudiant de 5e année assure qu’il est essentiel de se porter volontaire lorsqu’une « large catégorie de la société qui était menacée par la pauvreté s’est retrouvée démunie suite aux derniers événements ». De même, pour Ghida Maalouf, 20 ans, étudiante en 3e année de génie, il est impératif pour les jeunes d’agir puisque « la situation que le Liban traverse ces derniers jours a fortement nui aux revenus des employés, et nombreux sont ceux qui ne sont pas capables de fournir à leurs enfants leurs besoins de base ». Partageant son opinion, Jana Khatib, 21 ans, étudiante en 4e année d’agronomie, ajoute : « Être un volontaire dans ce projet est une question de valeurs, celle du partage et de l’entraide. »


Malgré les obstacles, s’engager jusqu’au bout

Pour ce projet, comme pour les autres, les étudiants de l’USJ ont vite répondu à l’appel qu’a lancé leur institution pour s’engager au service de la communauté locale. « L’inclusion de nos étudiants dans ces actions est prioritaire dans le cadre de la mission déclinée dans la charte de l’université, qui se veut un lieu de sensibilisation de nos jeunes à la citoyenneté et à l’entraide humaine. D’un autre côté, la présence d’étudiants rend l’action plus souple et plus dynamique, imprégnée par leur esprit de jeunesse », souligne Maya Kharrat Sarkis.

En effet, ces jeunes organisateurs se sont chargés de sensibiliser des étudiants du campus régional afin de prendre part à l’action. Ces derniers participeront à la collecte, l’emballage des produits et la distribution des paquets. « Nous attendons que plusieurs étudiants de nos facultés participent à la campagne et ressentent la joie d’offrir et d’aider les autres », espère Ghida. Les étudiants organisateurs effectueront aussi des contacts auprès de donateurs et chercheront les familles qui se trouvent dans le besoin.

Toutefois, en pleine action, ces jeunes volontaires doivent faire face à la réalité du terrain. « Une grande partie de la population souffre de cette crise et semble être incapable de nous aider », avoue Samah. « Nous vivons dans une situation très difficile et les gens ont peur pour leur avenir, donc ils refusent de faire des donations », ajoute Jana. Malgré ces appréhensions, ces étudiants ne perdent pas espoir. « Grâce à notre engagement, on a pu surpasser ces difficultés. Nous avons déjà pu aider quelques familles », remarque Elza. Évoquant ce nombre élevé de familles démunies, Ghida espère leur « fournir tout le nécessaire pour les soutenir autant que possible. Ce sera un défi pour nous que nous devons accomplir à temps et d’une façon efficace » afin que « personne ne dorme ayant faim ou froid », insiste-t-elle.

Pour les organisateurs de #Haddak, le projet est vital pour beaucoup de familles. Il leur offre non seulement un soutien financier, mais aussi « émotionnel », comme le fait remarquer Ghida.



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