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Liban - Manifestations

À Beyrouth, « la révolution continue », assurent les manifestants

Le nouveau cabinet « doit être formé dans les plus brefs délais, sinon la rue n’aura plus aucune ligne rouge » , avertit un militant.


Des manifestants étaient toujours installés, hier, place Riad el-Solh, dans le centre-ville de Beyrouth. Photo Ahmad Azakir

Après avoir occupé, ces derniers jours, l’emblématique voie express du Ring qui traverse Beyrouth, les jeunes manifestants – ou plutôt « révolutionnaires » comme ils préfèrent se faire appeler – ont réduit le périmètre de leur campement hier. Ils répondaient par là à la demande des autorités et des passants, et ont finalement accepté de rouvrir la route, après que le Premier ministre, Saad Hariri, eut annoncé mardi la démission de son gouvernement. Mais pour eux, la bataille n’est pas finie. Loin de là.

Assis sous une des tentes, au niveau de l’intersection de Tabaris, dans un espace qui leur sert à la fois de salon, de cuisine et de chambre à coucher, une dizaine de jeunes discutent de la prochaine étape de leur mouvement de contestation. Sous une autre tente, certains font la sieste pour reprendre des forces. « Il ne faut pas nous laisser faire, on va continuer. Ce soir, il faudra que quelqu’un surveille les tentes, sinon ils pourraient venir les enlever pendant que nous dormons », lance Hussein, 22 ans, un activiste venu de Brital, dans la Békaa, et qui a élu domicile au niveau du Ring depuis le début des manifestations.

La démission de Saad Hariri s’est traduite, hier sur le terrain, par une nette détente : la grande majorité des barrages routiers, érigés par les manifestants, ont été levés, les écoles et universités doivent rouvrir aujourd’hui et les banques demain. Mais si la démission de Hariri est une victoire pour les manifestants, elle est loin de satisfaire toutes leurs revendications et ouvre une période de grande incertitude. « La révolution continue. Ce n’est pas terminé, nous devons rester sur les places publiques », renchérit un autre activiste qui dort désormais sous la « tente du peuple », avec d’autres manifestants du Ring. « On appelle notre campement “la tente du peuple” », en allusion au « palais du peuple » (appellation donnée au palais présidentiel en 1989 par Michel Aoun, alors chef d’un gouvernement de transition, et ses partisans), explique à L’Orient-Le Jour un manifestant de 26 ans qui a requis l’anonymat.

« Nous sommes en train de suivre les derniers développements au niveau de la formation du nouveau gouvernement, confie le jeune homme. La révolution n’est pas morte. Nous ne nous rendrons pas. Nous ne partirons pas d’ici avant que toutes les demandes des personnes qui ont manifesté pendant deux semaines ne soient exécutées. Si tout va bien, il devra y avoir un nouveau cabinet puis des législatives anticipées », ajoute l’activiste. Il explique que la prochaine étape sera de « poursuivre les corrompus en justice ». « Quand on a recours à la rue, c’est pour que le président écoute le peuple. Et s’il ne veut pas écouter, c’est que sa présence ne sert à rien », souligne le jeune homme.

« S’ils ne font rien (au niveau de la formation d’un nouveau cabinet), on continuera à bloquer les routes. On pourrait ouvrir les routes le jour puis les bloquer la nuit », suggère Hussein, qui se dit « furieux que les gens aient repris le travail, alors qu’ils devraient être en train de manifester ». En soirée hier, quelque 200 manifestants bloquaient à nouveau le ring en criant « Révolution ».


(Lire aussi : Le vent mauvais qui les emporte, l'impression de Fifi ABOU DIB)


« Nous n’accepterons pas de blocage »

Un peu plus bas, place Riad el-Solh, dans le centre de la capitale, des associations de la société civile, des activistes et des universitaires se pressent dans le parking qui donne sur la mosquée al-Amine et l’église Saint-Georges. Ils apportent de nouvelles tentes après que des partisans du Hezbollah et du mouvement Amal eurent détruit et brûlé leurs installations, mardi après-midi, quelques heures avant la démission de Saad Hariri.

Sous une des tentes, une trentaine d’étudiants de l’Université Saint-Joseph débattent de l’avenir du pays. Non loin d’eux, un groupe d’enseignants universitaires sont réunis. « Nous refusons de retourner à un rythme normal dans les universités. Il faut que le mouvement puisse continuer », explique à L’OLJ une enseignante qui requiert l’anonymat.

Interrogé par L’OLJ sur les mesures qui pourraient être adoptées par les manifestants dans les jours qui viennent, Camille Mourani, un militant, indique que le travail se fait « pas à pas maintenant ». « Ce qui est certain, c’est que nous n’accepterons pas de blocage de six mois pour la formation d’un nouveau gouvernement », souligne-t-il. Suite à la démission de Hariri, le président doit lancer des consultations contraignantes auprès des blocs parlementaires pour désigner un nouveau Premier ministre. S’ensuivront des consultations parlementaires non contraignantes par le Premier ministre. La formation du gouvernement démissionnaire de M. Hariri avait nécessité neuf mois de tractations... « Ce cabinet doit être formé dans les plus brefs délais, sinon la rue n’aura plus aucune ligne rouge », avertit d’ores et déjà M. Mourani. Pour Zeina Karam, activiste au sein de Beirut madinati, le gouvernement à venir « doit répondre aux demandes de la révolution ». La majorité des manifestants demandent la formation d’un gouvernement resserré de technocrates indépendants. « Il faudra se préparer à toutes les éventualités si les consultations parlementaires et la nomination d’un nouveau Premier ministre ne se font pas dans les jours qui viennent », prévient-elle.


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commentaires (1)

ET CA VA CONTINUER. LES CONTESTATAIRES REVENDIQUENT UN GOUVERNEMENT DE TECHNOCRATES. SEULES LES DEUX MILICES IRANIENNES S,Y OPPOSENT, ET POUR CAUSE.

RAISON OBLIGE A SOUTENIR L,OLJ MALGRE SA CENSURE

07 h 11, le 31 octobre 2019

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Commentaires (1)

  • ET CA VA CONTINUER. LES CONTESTATAIRES REVENDIQUENT UN GOUVERNEMENT DE TECHNOCRATES. SEULES LES DEUX MILICES IRANIENNES S,Y OPPOSENT, ET POUR CAUSE.

    RAISON OBLIGE A SOUTENIR L,OLJ MALGRE SA CENSURE

    07 h 11, le 31 octobre 2019

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