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Liban - Manifestations

Devant le Palais de justice de Baabda, Michel Aoun plébiscité par son parti

Quelques centaines de partisans et de sympathisants du Courant patriotique libre se sont rassemblés hier pour réitérer leur « soutien » et leur « confiance » au chef de l’État, mais aussi au leader du CPL, Gebran Bassil.

Plusieurs centaines de partisans et de sympathisants de Michel Aoun et Gebran Bassil rassemblés devant le Palais de justice à Baabda pour leur exprimer leur soutien indéfectible. Photo N.M.

L’ambiance devant le Palais de justice à Baabda contrastait hier avec celle du soulèvement populaire qui se poursuit depuis le 17 octobre sur l’ensemble du territoire libanais. Ici, plusieurs centaines de partisans et de sympathisants du président de la République, Michel Aoun, et du chef du Courant patriotique libre, Gebran Bassil, se sont rassemblés dès le matin pour exprimer leur soutien indéfectible au chef de l’État, « l’homme le plus fort et le plus honnête », alors que les manifestants dans les rues appellent depuis huit jours à faire tomber le système politique, huant par la même occasion l’ensemble de la classe dirigeante, principalement M. Bassil.

Munis de drapeaux libanais et de fanions de l’armée, les partisans du CPL fredonnent des chansons patriotiques diffusées à tue-tête par des haut-parleurs installés sur le toit d’une voiture, dans l’attente du discours que devait adresser le président de la République aux protestataires à 13h30. D’aucuns arborent des portraits de Michel Aoun en treillis ou en costume avec pour slogans « Le Liban fort » ou encore « Le pilier de la République ». D’autres brandissent des slogans dénonçant la corruption et appelant le Parlement à voter des propositions de lois concernant la levée du secret bancaire, la restitution des biens publics et la levée de l’immunité des députés. Certains énumèrent des dossiers dont la justice devrait se saisir : les fonds de la Caisse des déplacés, de la Caisse du Liban-Sud et du Haut Conseil des secours, ainsi que les adjudications de Sukleen et de Solidere…

Au micro, un jeune harangue la foule, listant les revendications de ce rassemblement et réitérant l’allégeance au président Aoun. « Le mot du président nous suffit, nous n’avons besoin ni de danseuses (en allusion à la danseuse qui avait tenté de faire le show devant la mosquée al-Amine à Beyrouth et qui a été écartée par les manifestants) ni de slogans », crie-t-il, affirmant aussi le soutien à la procureure générale près la cour d’appel du Mont-Liban, la magistrate Ghada Aoun, qui a engagé des poursuites mercredi contre l’ancien Premier ministre Nagib Mikati, son fils Maher et son neveu Azmi, ainsi que contre Bank Audi pour délit d’ « enrichissement illicite ».


(Lire aussi : Un discours en deçà des attentes, le commentaire d'Elie FAYAD)


« Nous n’abandonnerons pas le mandat »
Laudy affirme être venue pour que « la vérité éclate au grand jour ». « Ils accusent le président de leur propre corruption, s’indigne-t-elle. Ils ne veulent pas d’un mandat honnête. Mais nous n’abandonnerons pas le mandat. »

« Churchill avait dit que lorsque la justice sera impartiale, Londres sera en paix, lance Georges. La même chose s’applique au Liban. Une justice impartiale est synonyme d’une lutte contre la corruption. Nous appuyons la liberté d’expression, mais nous nous opposons au blocage des routes. » Et de renchérir : « Les protestataires ont tous raison, mais il n’est pas normal que Gebran Bassil soit leur seul bouc émissaire. »


(Lire aussi : « Il est temps que Michel Aoun aille se reposer... »)


Les manifestants appellent à « abolir les lignes rouges » et à « demander des comptes à tous sans exception ». Ils rappellent que « les revendications des manifestants sont celles du général Aoun, il y a trente ans », et que, s’ils sont toujours au Liban, « malgré la crise politique, c’est parce que Michel Aoun n’a jamais menti au peuple ». « Je viens aujourd’hui poursuivre la lutte que j’ai commencée il y a trente ans (en référence aux manifestations organisées au palais de Baabda dans les années 1989-1990, lorsque le général Aoun était chef d’un gouvernement de transition), confie Gisèle. La situation au Liban ne pourra se redresser que lorsque les corrompus seront sanctionnés. Je suis ici parce que je fais toujours confiance au général Aoun. »


(Lire aussi : Démission du gouvernement, élections anticipées : que dit la Constitution ?)


« Un discours convaincant »
Peu avant le début du discours du chef de l’État, des chansons propres au courant aouniste sont diffusées, provoquant un engouement de la foule impatiente, qui scande : « Tarata-ta-ta, général. » « Le général ne s’est pas prononcé plus tôt parce qu’il voulait avoir toutes les données en main », assure Gisèle. « Il ne peut pas s’adresser au peuple avant d’avoir étudié les dossiers, renchérit de son côté May. De plus, les deux premiers jours des protestations, le peuple n’était pas en mesure de l’écouter. »

13h30. La foule écoute en silence le discours du chef de l’État, ponctué d’applaudissements à deux reprises. « Le général est tolérant et il a réussi à contenir la colère de la rue », lance Marina qui se dit prête à faire partie de la délégation qui ira « dialoguer avec lui ». Rami ne mâche pas ses mots : « Les revendications de la rue sont les nôtres. D’ailleurs, le président l’a dit dans son discours. Malheureusement, certaines parties exploitent cette manifestation et bloquent les routes, mais nous allons les empêcher de le faire. Ce sont les mêmes parties qui rêvaient de diviser le pays en cantons (en référence au projet attribué aux partis chrétiens durant la guerre civile). Les manifestations doivent se limiter à certaines places. »



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