Joyce Akiki, journaliste de la chaîne télévisée MTV, a été violemment prise à partie hier par le compositeur Samir Sfeir, farouche défenseur du président de la République, Michel Aoun, lors du rassemblement.
Sur des images qui ont largement circulé sur les réseaux sociaux, on voit la journaliste couvrant le sit-in en direct entre les dizaines de partisans du président Aoun. C’est alors que Samir Sfeir s’approche d’elle, bloquant la caméra de la MTV. Le compositeur déverse alors un flot d’injures et de propos violents sur Joyce Akiki qui tente de rester calme. L’apostrophant en s’approchant d’elle, Samir Sfeir qualifie le travail de la journaliste de « prostitution » en lui demandant de s’éloigner des caméras de la OTV. « Honte à toi ! »,
lui lance la journaliste, alors que certains manifestants tentent d’éloigner Samir Sfeir d’elle, mais ce dernier revient à la charge à plusieurs reprises.
Réagissant à cet incident, le leader du PSP, Walid Joumblatt, a condamné sur son compte Twitter « toute attaque contre les manifestants ». L’organisation des Journalistes arabes contre la violence a, de son côté, condamné dans un communiqué le « comportement immoral » de M. Sfeir, l’appelant à présenter ses excuses à Joyce Akiki et à l’opinion publique.
Le président de l’ordre des rédacteurs, Joseph Kossaïfi, a pour sa part appelé les manifestants à « ne pas s’en prendre, physiquement ou en paroles, aux journalistes » présents sur les différents lieux de rassemblement. Il a annoncé avoir demandé au commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, et au directeur des Forces de sécurité intérieure, le général Imad Osman, de « donner des ordres clairs » de protéger les journalistes sur le terrain.
Fayçal Sayegh, député de la Rencontre démocratique, a lui aussi condamné sur son compte Twitter cette attaque, affirmant son soutien à Joyce Akiki et saluant « le professionnalisme des journalistes, notamment ceux de la MTV ».

