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Liban

Une « petite phrase » du chef de l’État à l’ONU relance la polémique

Déplacés
Fady NOUN | OLJ
27/09/2019

Une “petite phrase” du chef de l’État devant l’Assemblée générale de l’ONU a relancé hier la polémique sur le rapatriement des déplacés syriens. Commentant l’attitude réfractaire de la communauté internationale à un retour des déplacés syriens dans les régions syriennes pacifiées, un retour qu’on chercherait à utiliser comme monnaie d’échange dans un éventuel marché politique, M. Aoun a affirmé que cela « pourrait pousser de facto le Liban à encourager le processus de retour en accord avec l’État syrien ».

Ce n’est certes pas la première fois que le Liban insiste pour un retour des déplacés syriens indépendamment d’un règlement politique dans leur pays. Mais ce n’est un secret pour personne que le Liban se heurte au refus de la communauté internationale, États-Unis en tête, qu’un tel retour se produise avant une solution politique prévoyant le départ du président Bachar el-Assad, ou au moins de profonds réaménagements politiques.

Dans les milieux proches de la présidence, on minimise la portée interne du discours présidentiel, et l’on affirme qu’il s’inscrit » dans le cadre d’une action allant crescendo « destinée à réveiller l’Europe et les États-Unis face à la situation intenable dans laquelle 1,5 million de déplacés syriens ont mis le Liban ».

Il va de soi, affirment en substance ces milieux, qu’il n’est nullement question de « normaliser » les relations avec la Syrie. Le Liban ne sait que trop bien que sans l’aide de la communauté internationale, un rapatriement des Syriens dans leur pays est impossible, puisqu’il faut une conjonction de moyens économiques, sociaux, politiques et sécuritaires, pour que cela soit possible. Et que ces moyens ne sont pas réunis pour le moment, comme le prouve l’échec d’une initiative russe en ce sens. « Il n’y a pas de projet de visite en Syrie pour le moment, concluent ces sources. La petite phrase du chef de l’État n’est qu’une mise en garde destinée à pousser la communauté internationale à réagir. »


(Lire aussi : Aoun : Un débat sur une stratégie nationale de défense ne peut pas rassurer les Libanais)


Qu’à cela ne tienne, les milieux proches du Parti socialiste progressiste ont tenu à contester au chef de l’État jusqu’au droit d’agiter cette menace. « Le président n’est pas habilité à contredire la politique convenue au sein du gouvernement, qui respecte pleinement la sécurité des déplacés syriens dans le cadre de dispositions internationalement garanties. Cela n’empêche aucun déplacé de rentrer de sa propre volonté, mais ne permet en aucune sorte à une quelconque autorité libanaise de disposer de leur sort en accord avec leur tortionnaire », a ainsi déclaré à L’Orient-Le Jour Marwan Hamadé.

Ces milieux sont sensibles au fait que nombre de déplacés syriens rentrés au pays sous la poussée des autorités libanaises ont fini en prison ou sont portés disparus, comme l’a confirmé Human Rights Watch. En Syrie, le système carcéral est intact et la délation organisée est toujours de rigueur. Et ces milieux de rappeler les polémiques soulevées par les visites de certains ministres en Syrie, que le gouvernement a laissées dans le flou sous prétexte qu’il s’agissait de visites individuelles et que les ministres n’y représentaient pas le gouvernement.


(Lire aussi : Aoun : La résolution 1701 « n’enlève rien à notre droit naturel à la légitime défense »)


Au sein du courant du Futur, aucun débat n’avait encore été conduit au sujet de la petite phrase présidentielle, a affirmé l’ancien député Ammar Houri, qui n’était pas loin de se ranger du côté de Marwan Hamadé.

Hostiles à toute négociation avec le chef de l’État syrien, les Forces libanaises, par la voix du député Joseph Ishak, ont réaffirmé de leur côté que le pouvoir de décision du président syrien est aujourd’hui considérablement réduit, au profit des deux grands joueurs internes que sont l’Iran et la Russie. S’il doit y avoir coopération pour un retour des déplacés syriens, le rôle du président syrien ne serait que celui de la courroie de transmission, a fait valoir le parlementaire.

Mais indépendamment de tous les avis politiques, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon Kamel Mhanna, président de l’ONG Amel, même si les chiffres des ministères de l’Intérieur et des Affaires sociales divergent, le nombre de Syriens établis au Liban est d’environ 1,5 million, dont seulement 1 million sont enregistrés. Par ailleurs, le taux de naissance des Syriens au Liban reste très élevé, en étroit rapport avec le niveau économique et social. Il y a annuellement 70 000 naissances de Syriens au Liban, assure-t-il.



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gaby sioufi

PARLONS PEU(j'ai pas reussi a ce faire ) ... MAIS DISONS VRAI :
tout serait admis, toute politique, strategie relatives a ce dossier.
MAIS PAS , JAMAIS admettre que DES LIBANAIS, quels qu'ils soient, defendent la presence des syriens refugies chez nous en insistant sur leur presence JUSQU'A LA SOLUTION DU CAS SYRIE, JUSQU'AU DEPART DE BACHAR ASSAD !

NON MAIS, et les citoyens libanais eux que cette presence blesse, ecorche dans leur ame, leur coeur et AUSSI LEURS POCHES ?
HEIN ? ILS FERONT QUOI NOS CITOYENS , VERS QUI SE TOURNER POUR TROUVER DU TRAVAIL , POUVOIR NOURRIR LEURS FAMILLES HEIN ?

Honneur et Patrie

Le Président de la République libanaise représente le peuple libanais, tout le peuple libanais. Il a exprimé la volonté des Libanais d'accélérer le retour des réfugiés syriens du Liban vers leur pays la Syrie. Que cela plaise ou non à certains pays étrangers, c'est leur affaire et non la nôtre. Si certains de ces pays étrangers ne souhaitent pas que les réfugiés syriens au Liban, rentrent chez eux en Syrie, nous leur demandons de les prendre chez eux, tout simplement.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

ALLEZ, PROCEDEZ AU RAPATRIEMENT DES REFUGIES SYRIENS. NE REPONDEZ PAS AUX PRESSIONS EXTERIEURES SINON, COMME VOUS DITES, ILS S,ETERNISERONT SUR NOTRE SOL. EN CELA, J,EN SUIS SUR, TOUT LE PEUPLE LIBANAIS EST AVEC VOUS.

ON DIT QUOI ?

Le Liban nouveau fort et indépendant devrait pouvoir faire comme la Turquie du tyran erdo, mettre les occidentaux face à leur responsabilité de comploteurs ayant foiré dans leurs complots.

Même que le clown américain en personne menace l'Europe de reprendre chez eux leurs bactéries wahabites sous peine de les décharger sur les côtes de l'Europe.

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