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Liban

L’équation US : faire pression sans déstabiliser le Liban

Décryptage
25/09/2019

Les responsables américains se succèdent au Liban, avec un seul objectif : affaiblir le Hezbollah au point d’annuler son influence sur le pays. Tous... sauf un seul, dont la visite est restée secrète et qui était surtout soucieux de tisser des liens de confiance avec certains responsables, dont le directeur de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim. Il s’agit de Robert O’Brien, en visite au Liban en août dernier, pour remercier le général Ibrahim, qui avait réussi à obtenir la libération de trois otages (Nizar Zakka, Kristian Lee Parker et Sam Goodwin) en peu de temps. À l’époque, M. O’Brien n’était alors qu’un envoyé spécial présidentiel américain chargé des affaires des otages. Aujourd’hui, il est le remplaçant probable de John Bolton en tant que conseiller à la Sécurité nationale.

Le responsable américain dont la visite à Beyrouth était placée sous le signe de l’ouverture et de la reconnaissance du rôle positif du Liban dans certaines questions concernant les États-Unis est de l’avis de ceux qui l’ont rencontré le contraire du « faucon » Bolton. C’est un homme discret et totalement dévoué au président américain Donald Trump. Il préfère les négociations à la guerre et c’est sans doute un peu pour cette raison qu’il serait pressenti pour prendre la tête du conseil de la Sécurité nationale, après notamment l’échec de la politique offensive de Bolton au Venezuela.

Indépendamment des considérations purement américaines et de ce que ce choix sous-entend au niveau de la politique internationale des États-Unis, cela signifie, selon une source diplomatique libanaise, que la politique actuelle américaine à l’égard du Liban reste nuancée, malgré les apparences. Officiellement et ouvertement, elle est clairement hostile au Hezbollah et vise à l’affaiblir à n’importe quel prix. Mais en même temps, elle reste soucieuse de ne pas mettre en danger la stabilité du pays et d’empêcher son effondrement, tout en gardant un moyen de contact indirect avec ceux qu’elle veut combattre.

Selon la source précitée, il est clair en tout cas que le Liban est actuellement important pour les États-Unis, puisque les responsables de l’administration Trump s’y succèdent depuis plusieurs mois. Rien que depuis le début de 2019, six personnalités américaines sont déjà venues à Beyrouth, certaines même plusieurs fois.


(Lire aussi : Billingslea : C’est Nasrallah qui affecte négativement le secteur bancaire libanais)

C’est David Hale qui a ouvert le bal en janvier 2019, suivi du secrétaire d’État Mike Pompeo en mars qui a passé le relais à David Satterfield, lequel a effectué plusieurs visites, avant de céder la fonction à David Schenker qui est venu à Beyrouth au début du mois, quelques semaines après la visite de Robert O’Brien et juste avant celle du secrétaire adjoint au Trésor chargé de la lutte contre le financement du terrorisme, Marshall Billingslea.Ce dernier a été le plus clair, dans ses rencontres avec les différents responsables, notamment le président de la Chambre et le Premier ministre, ainsi qu’avec les responsables financiers et ceux du secteur bancaire. Selon des sources proches de Aïn el-Tiné, M. Billingslea aurait ainsi déclaré à ses interlocuteurs libanais que ceux qui veulent utiliser le dollar américain doivent respecter les conditions mises pour cela. Il a aussi clairement affiché la détermination de son administration à mettre le Hezbollah en faillite financière et économique pour l’affaiblir et éliminer son influence sur la scène politique libanaise.

Face aux critiques de certains Libanais qui lui ont précisé que les sanctions américaines sont en train de toucher l’ensemble du secteur bancaire libanais et tous les citoyens en général, l’émissaire américain s’est voulu rassurant en précisant que, pour l’instant, il n’y a pas de nouvelles sanctions contre d’autres banques après celles visant la Jammal Trust, ni contre des personnalités ayant des liens politiques avec le Hezbollah. Les États-Unis veulent donc, pour le moment, sanctionner ceux qui aident financièrement cette formation, sans toucher aux relations politiques ou institutionnelles. Selon les sources précitées, l’émissaire américain se serait toutefois contenté d’écouter sans faire de commentaire les interlocuteurs qui lui ont dit que jusqu’à présent, les sanctions sont restées sans effet concret. Pendant une courte période, le Hezbollah a réduit de moitié les salaires de ceux qui travaillent dans ses institutions médiatiques et « jihadistes ». Mais au bout de quelques mois, il est revenu à son rythme d’avant, assurant le paiement des salaires complets et préférant faire des économies au niveau des locaux et des bâtiments loués dans plusieurs régions du Liban. Ainsi, la justification des sanctions par l’argument selon lequel elles créent des difficultés financières qui, à la longue, pourraient pousser l’environnement et la base populaire du Hezbollah à se retourner contre lui ne tient plus la route. Et finalement, ces sanctions nuisent plus à l’économie libanaise qu’à la popularité du Hezbollah et à son influence politique.

Toutefois, les interlocuteurs libanais de Marshall Billingslea confient qu’ils n’ont pas eu le sentiment que le responsable était sensible à cet argument, assurant qu’il faut attendre un peu pour constater les effets des sanctions américaines, sachant que le Liban est un pays fortement « dollarisé ». Par conséquent, les effets des conditions américaines posées en contrepartie de l’utilisation de cette monnaie ne peuvent que se faire sentir. Dans ce contexte complexe, où les pressions officielles sont atténuées par des messages discrets d’attachement à la stabilité du Liban, le pays reste tiraillé entre la position française qui exige des réformes pour débloquer les fonds du programme CEDRE et celle de Washington qui exige un affaiblissement du Hezbollah pour lever les sanctions économiques.



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Thawra-LB

On a suspicieusement ommis la Syrie qui a été le
Plus grand envahisseur du Liban a travers les décennies. Mais quand notre loyauté n’est pas dirigé vers le liban, peu importe a qui on vend le pays, iran ou syrie on perd les repères.

Les occidentaux ont bien compris le jeu, eux prospèrent et nous reculons toujours, cette fois a la gorge l’un de l’autre en criant haut et fort lequel de nos maitres est le plus fort.

Quand au voisins du sud. Faites avec, il est la et le restera malheureusement pour nous. mais cela ne devrait pas nous empêcher d’avancer. Certains veulent continuer a regarder derrière. Ça suffit. tourner le bec, fermer la bouche et avançons pardis!

M’enfin!! On va pas passer notre vie a analyser ce qui se passe autour de nous en espérant que tel ou tel gagne une partie d'échec pour nous jeter des miettes ensuite. on va avancer de l’avant. Comme quoi les aigris ne sont jamais capable de changement. Uniquement de haine.

BOSS QUI BOSSE

On va demander aux occidentaux QUI COMPRENNENT TOUT de déplacer le pays usurpateur près de Singapour ou de Genève.

Cela aurait au moins le mérite d'empêcher les perses de nous envahir, si tant est que dans l'Histoire il l'aurait fait.

PAR CONTRE SI POUR COMPTER PARMI LES ENVAHISSEURS DU LIBAN ON NOMMAIT LA FRANCE, LA TURQUIE ET LES USURPATEURS ON FERAIT PREUVE DE CONNAISSANCE HISTORIQUE.

OU SI LE CONTRAIRE ON FERAIT PREUVE D'IGNORANCE GRAVE .

Hitti arlette

"Et alors,qu'est-ce qu'ils comprennent ces américains à part le rock et le twist ???" qu'est-ce qu'ils veulent ces américains ? À part régenter les pays du monde soit (rarement ) pour les tirer d'affaire quand leurs propres intérêts l'y exigent ,ou (plus fréquemment ) pour les déstabiliser à des fins malsaines au profit d'adversaires iniques et usurpateurs ?

Thawra-LB

Le Liban est une goutte d’eau dans l'arène mondiale malhreusement. Petit pays d’aucune importance mais tout de meme plein de vie.

Il serait donc malheureux d’essayer de nous mettre sur la carte a tout prix meme au prix de notre dignité. Notre seule vocation c’est d'être un peu plus comme Singapore ou la Suisse. Neutre et prospère. Mais certains veulent nous tirer vers leurs direction et affiliation religieuse alors meme qu’ils me connaissent nullement la realité dans leurs pays d’adoration OU MEME LA RÉALITÉ AU LIBAN. car ils ne sont pas vraiment libanais. Ils preferent se carapater devant leurs amour perdue de l’empire perse. Triste triste triste

Thawra-LB

L’argument de démocratie et économie tiens toujours. Mieux vaux vivre dans un pays democrate (peu importe son efficacité) ou l’entreprenariat et la liberté sont encouragés.

Ceux meme qui défendent l’axe de la resistance (la blague de l'année) pensent que cet axe est au centre névralgique du monde. Or il ne l’est pas. Il est plus ou moins inexistant. Personnes dans la communautés professionnelle ne se soucie des sanctions sur l’Iran. Car l’Iran est un nain économique qui ne fait meme pas le poids De la Belgique. Revoyez vos calculs, le monde est un village interconnecté et les gagnant sont ceux qui se concentrent sur l’economie, l’entreprenariat et la qualite de leurs technlogie. Pas ceux wui arment des milices et embrigadent leurs jeunesse dans des organisations pseudo religieuse.

Ceux qui defensent l’Iran BEC ET ONGLES devrait peux etre essayer d’aller vivre la as. Oups j’oubliai ils sont probablement eduqués a l’occidentale et trop confortable dans leurs petit coin pour voire comment les iraniens vivent (majoritairement dans la pauvreté).

Ceux ci ne comprennent rien a l’evolution du monde et il est probablement trop tard pour le leurs montrer. Qu’ils nous fichent la paix eux et leurs guerre et haine interminable.

LA VERITE

les pressions officielles sont atténuées par des messages discrets d’attachement à la stabilité du Liban, le pays reste tiraillé entre la position française qui exige des réformes pour débloquer les fonds du programme CEDRE et celle de Washington qui exige un affaiblissement du Hezbollah pour lever les sanctions économiques.

REFORMES: DEUX ANS DEJA ET PRESQUE RIEN DE CONCRET
pas d'electricite, pas d'eau, ordures partout, corruptions et toujours des declarations vide d'actionss

Hezbollah: TOUJOURS LA AUSSI MENACANT
l'argent lui arrive encore de differentes sources , meme si l'iran a du baisser un peu ses subventions

Mm Haddad , j ai lu et relu l'article

Ainsi, la justification des sanctions par l’argument selon lequel elles créent des difficultés financières qui, à la longue, pourraient pousser l’environnement et la base populaire du Hezbollah à se retourner contre lui ne tient plus la route

les Americains vont et viennent pour essayer de garder le Liban en bonne sante malgre leur volonte d'affaiblir HB. S'ils echouent come vous le prevoyeZ ils agiront a detruire HB une fois pour toutes et tout le liban en patira

C'EST JE PENSE PAR CETTE CONCLUSION QUE VOTRTE ARTICLE AURAIT DU FINIR

BOSS QUI BOSSE

On va éviter de se répéter puisque les arguments évoqués pour expliquer le grand bluff de "l'économie et de la démocratie" ne prennent pas , vu que les progrès des pays sous sanctions et embargo sont malheureusement ceux qui progressent le plus sous ces régimes de sanctions idiotes, we gonna try to make it easy to get, but in french please .

En argument démocratie , charité bien ordonnée commence par soi même , right ? so let usa et europe start from theyr own allies bensaouds and co to impose démocratie on them . Ok ?

En argument économie , les sanctions et boycotts ne servent que les grands groupes économiques et lobbyistes , but never the population of both countries.

Les seuls qui bénéficient de ces sanctions idiotes sont les régimes politiques qui continueront à faire semblant de croire et de faire croire que cela marche pour leur politique idiote de sanctions et de boycott .

THE WORLD IS NOW A BIG VILLAGE INTERCONNECTED .


Thawra-LB

Quand on analyse la situation des pays “from a geopolitical lense only” on ne comprend pas vraiment ce que se passe. La Russie est en recessions, l’Iran est en recession (avec une inflation flagrante), la Syrie est detruite et devra aller mendier des fond pr sa reconstruction chez les occidentaux.

En cette ere de 2019, les enjeux sont économiques principalement.

BOSS QUI BOSSE

Pour l'instant , mais ça Scarlett ne peut pas l'écrire parce qu'on l'accuserai encore d'encenser l'axe de la résistance , la déstabilisation est dans le camp des "ennemis" du hezb libanais et donc du Liban .

Regardez où en est d'abord chitanyahou , rejeté par les israéliens de façon assez violente en douceur , regardez où en est le clown américain , on parle de procédure de démission avec l'affaire zelinsky d'Ukraine , et regardez boris le fou à Londres , désavoué à chaque pas .

De l'autre côté regardez où en est la Russie , plus forte que jamais , voyez l'Iran NPR sous tous les blocages possibles et imaginables les coups qu'elle porte à ses ennemis de tous les coins où on a un conflit usa/IRAN NPR .

Et at last but not least ,visez la Syrie du héros Bashar El Assad , qu'on disait perdu il y a 8 ans et demi .

On continue , où en sont les bensaouds à qui on a fourgué des armes obsolètes et à qui on continue à fourgué de nouvelles armes désuètes à prix exorbitants.
Les golfettes , Qatar , abu Dhabi, dubai etc... qui ne cherchent plus qu'à se rapprocher de l'axe de la résistance et sauver leur pomme de l'emprise de l'empire décadent .

Donc la série de David et consort qui défilent au Liban pour servir israel ne gagne que 2 choses , de bons repas libanais et des constats que le Liban résistant dans sa majorité ne lâchera rien de rien .

Les solutions sont ailleurs dans le camp des loosers .

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MALHEUREUSEMENT SI CA NE DESTABILISE PAS COMPLETEMENT IL LE FAIT PARTIELLEMENT... ET C,EST AUSSI DE LA DESTABILISATION.

Chucri Abboud

Les américains ne comprendront jamais rien au Liban ! Ils veulent affaiblir la base populaire du Hezbollah coûte que coûte ? Ils ne réussiront qu'a semer la zizanie confessionnelle ! Toutes leurs logistique est fausse . Qu'ils aillent demander conseil aux Russes !

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