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Liban

Joun, le village de lady Stanhope

Que faire ce week-end

La localité de Joun, située sur le littoral du Chouf, emportera dans un monde de récits et d’aventures les amateurs d’histoire et les amoureux de la nature.

21/09/2019

Le village de Joun est devenu célèbre pour avoir accueilli, au XIXe siècle, une riche aristocrate anglaise, lady Esther Stanhope, fille de Charles Stanhope, troisième comte du nom. Née en 1766, cette femme excentrique et passionnée de politique a vécu toutes sortes d’aventures en Orient. En 1818, elle fera de Joun sa résidence et y décédera en 1839.

Pour se rendre à Joun, il faut s’engager sur l’autoroute du Liban-Sud et, une fois Jiyeh dépassé, prendre, à droite, la sortie de Rmaileh. Joun est situé à une dizaine de kilomètres de cette sortie et à une cinquantaine de kilomètres de la capitale, soit un peu plus d’une heure de Beyrouth en voiture. La capitale, son béton et son animation sont rapidement oubliés alors que s’étale, autour de Joun, un paysage apaisant.

À la sortie de Joun, après le barrage, suivez sur trois kilomètres environ la route bordée d’oliviers et de pins. Vous apercevrez au loin un très beau monastère qui surplombe la vallée. Ses tuiles constituent une tache rouge entre les pins parasols couvrant la colline. Il s’agit du célèbre Deir el-Moukhallès, le monastère du Saint-Sauveur. Pour les habitants de la région, ce couvent est à la fois un important monument historique et un lieu de culte centenaire. Il est le symbole de la cohabitation entre les différentes communautés aux siècles passés. Les moines ont en effet hébergé et nourri les habitants, à l’occasion de plusieurs crises, sans exclure qui que ce soit. Fondé par l’évêque Aphtimos Saifi, il est le berceau de l’ordre du Saint-Sauveur.

Ce très beau couvent grec-catholique est perdu dans un paysage verdoyant et constitue une agréable halte. Il a été fondé en 1711 sur le lieu d’un miracle, selon la légende. Par accident, un homme reçut un coup de fusil dans le ventre. Un évêque de passage dans la région et témoin de la scène s’écria : « Oh, Sauveur du monde ! » Et l’homme à terre se releva, indemne. Depuis cette date, le Saint-Sauveur de Joun est resté la maison mère de l’ordre basilien du « Très Saint-Sauveur ».

Le couvent a été endommagé par un tremblement de terre en 1956 puis abandonné durant la guerre. Avant de reprendre vie. Quelques objets (horloge, presse-papiers) du début du XXe siècle sont également exposés dans le passage qui mène à une petite église. Celle-ci possède des icônes anciennes. La terrasse offre un panorama remarquable. Alors que le village ne peut pas héberger de touristes, le couvent peut accueillir des visiteurs pour une retraite, un séjour spirituel ou la découverte de la vie monastique, contre une modique somme. Des journées spirituelles sont aussi parfois organisées.

Niveau gastronomie, l’on trouve plusieurs petits snacks à Joun, ainsi qu’un grand restaurant situé sur la plus haute colline du village.


Ruines de la maison de lady Stanhope
L’ancienne demeure de lady Stanhope – décrite en ces termes : « Reine de Tadmor, sorcière, prophétesse, patriarche, chef arabe, morte en 1839 sous le toit délabré de son palais ruineux, à Joun » dans la Revue des deux mondes en 1845 – est toujours debout et facilement accessible en voiture. À la sortie du village, vous passez un barrage de l’armée libanaise puis vous bifurquez à gauche. Il faudra emprunter un chemin étroit qui descend au fond d’une vallée puis tourner à droite pour remonter en haut d’une colline et puis prendre un nouveau virage à droite. Les habitants nomment ce secteur Dahr el-Sitt, « le mont de la dame ».

Au milieu des oliviers se trouvent les ruines de la maison de lady Stanhope. De cette demeure qui comptait 35 chambres ne restent que quelques murs. Le site a été pillé et détruit durant la guerre civile. Reste la tombe de lady Stanhope, qui se trouve à l’arrière des ruines de sa maison au milieu de l’oliveraie.

Joun est par ailleurs propice à de multiples activités champêtres. Les adeptes de randonnées, de camping et de vélo tomberont rapidement sous le charme de ce village. À seulement 10 minutes du siège de la municipalité, le chemin en voiture s’arrête. Un sentier de sable et de gravier se dessine entre les arbres de la forêt. Sur le chemin, vous trouverez des vestiges datant de la guerre entre les Arabes et les Byzantins qui se disputaient ces terres à l’époque. Une fois arrivés au bout du sentier, vous trouverez le fleuve Nahr al-Awali surplombé par un pont de pierre d’une cinquantaine de mètres datant de l’ère byzantine, qui relie Joun au village de Sfaray.

L’absence de pistes cyclables ne devrait pas décourager les plus courageux qui désirent longer le fleuve à vélo, une activité favorisée par le fait qu’il n’y a pas de voitures dans ce secteur.

Si le manque d’hôtels se fait ressentir, les nombreuses zones dédiées au camping réjouiront les adeptes de cette activité. Une autorisation au préalable de la municipalité ou du couvent (selon le lieu choisi) est nécessaire avant de planter votre tente. Si vous avez l’esprit aventurier, lancez-vous dans la pinède, vous tomberez sûrement sur des vestiges de l’époque byzantine.



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L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

UN VILLAGE PANORAMIQUE.

C- F- Contributions et Interprétations

Quelle invitation au repos dans ce sympathique village ! Que j’ai eu la chance de visiter, ainsi que les ruines du château de lady Stanhope. On n’écoute que le silence ! Et le chant des oiseaux ! Devant le paysage (et la photo le restitue très bien).
En quittant Almane pour atteindre Joun, il faut admirer les champs de néflier et leurs fruits qui donnent une touche orange avec une vue imprenable sur la mer. Quel bonheur de voir le village du chansonnier Nasri Chamseddine, et de l’humoriste Chouchou, deux gloires locales et nationales.
C. F.

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