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Liban

Le gouvernement entame l'examen de l'avant-projet de budget 2020

Le Conseil des ministres a approuvé un nouveau train de nominations, ainsi que le plan directeur pour l'organisation du secteur des carrières.

Le gouvernement libanais, réuni sous la présidence du chef de l'État, Michel Aoun, au palais de Baabda, le 17 septembre 2019. Photo Dalati et Nohra

Le gouvernement libanais, réuni mardi au palais présidentiel, a entamé l'examen de l'avant-projet de projet de budget pour l'exercice 2020 et approuvé un nouveau train de nominations, malgré l'opposition des Forces libanaises. Le cabinet a aussi approuvé le plan directeur pour l'organisation du secteur des carrières. Il se réunira à nouveau mercredi à 11h30 au Grand Sérail.

Les ministres ont passé en revue le rapport du ministre des Finances, Ali Hassan Khalil, sur l'avant-projet de budget, préparé par son ministère. "J'ai exposé les grandes lignes du budget 2020 et expliqué tous ses articles. J'ai également exposé les mesures phares que prévoit le texte sur la baisse du déficit par rapport au taux fixé dans le budget 2019, ainsi que le plan pour les trois prochaines années concernant les réformes financières", a déclaré M. Hassan Khalil, à l'issue du Conseil des ministres.

Il a également indiqué que les ministres affilés au Courant patriotique libre ont soumis des propositions par écrit. "Nous avons une opportunité d'améliorer la situation économique grâce au budget 2020. Il n'est pas nécessaire de se précipiter", a déclaré le chef du Courant patriotique libre (CPL), Gebran Bassil, à l'issue de la réunion.

Le ministre des Finances a également indiqué avoir "respecté les recommandations du Parlement en évitant les cavaliers budgétaires", c’est-à-dire les dispositions sans caractère financier mais introduites dans le projet du budget de manière à accélérer leur adoption.

Ce budget est attendu aussi bien par les donateurs de la conférence de Paris (CEDRE) que par les agences de notations financières. L’objectif prioritaire des dirigeants libanais dans le budget 2020 est d’accélérer le processus de réformes afin de réduire le déficit. L’avant-projet du budget de 2020 table sur un déficit public de 4,37 milliards de dollars (6.590,1 milliards de livres libanaises), en prenant en considération les transferts du Trésor public à Électricité du Liban. La part du déficit par rapport au PIB serait alors de 7,38 %, en se basant sur une prévision de croissance de 1,2 % et une inflation à 2,8 %. Un ratio légèrement inférieur à celui prévu dans le budget de 2019 (voté le 19 juillet dernier) fixé à 7,59 %, mais qui devrait plutôt osciller entre 9 et 10 % pour l’année en cours, selon les principales agences de notation.



(Lire aussi : Le budget 2019 disponible en version simplifiée)


Nominations et carburants
Par ailleurs, le Conseil des ministres a approuvé plusieurs nouvelles nominations, notamment celle de Mazen Soueid à la tête de l'Autorité de développement des investissements au Liban (IDAL), du commissaire du gouvernement au sein de cette institution, Ali Hamdane, et de de plusieurs membres de son conseil d'administration.  L'Exécutif a également nommé Farhat Farhat au poste de secrétaire général du Conseil pour la privatisation, malgré l'opposition du ministre des Transports et des Travaux publics, Youssef Fenianos (Marada). Les quatre ministres des Forces libanaises se sont opposés à toutes les nominations, critiquant la façon dont les différents noms ont été proposés. La semaine dernière, les FL s'étaient déjà opposées aux nominations approuvées par le gouvernement concernant principalement de hauts postes dans la fonction judiciaire. 

Sur un autre plan, la ministre de l’Énergie, Nada Boustani, a évoqué les difficultés rencontrées par les sociétés importatrices de pétrole pour convertir leurs livres libanaises en dollars, quelques heures après qu'une grève générale du secteur des carburants prévue mercredi ait été annoncée. Ce mouvement de protestation, qui avait déjà été prévu fin août avant que Mme Boustani ne parvienne à obtenir un sursis, a pour objectif de protester contre ces difficultés. En effet, les grands fournisseurs de carburants étrangers qui alimentent notamment les stations-service imposent à leurs clients franchisés libanais de régler leurs commandes en dollars. Les propriétaires de stations-service se retrouvent donc obligés de convertir eux-mêmes les livres en dollars, et nombre d’entre eux passent par des bureaux de change, moins regardants sur les conditions mais dont les taux sont beaucoup plus élevés que ceux des banques. Le gouvernement s'est accordé pour que le Premier ministre Saad Hariri, le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque du Liban suivent ce dossier.


Carrières et points de passage illégaux
En ce qui concerne l'environnement, le gouvernement a approuvé le plan directeur pour l'organisation du secteur des carrières du ministre Fady Jreissati, avec seulement quelques amendements secondaires. La carte présentée par le ministre pour l'organisation du secteur sur le territoire libanais doit toutefois encore faire l'objet d'une ratification par le Conseil demain. Le plan directeur devrait principalement déplacer les carrières vers la chaîne de l’Anti-Liban – tel que l’avait préalablement annoncé le ministre Jreissati – et ouvrir la voie à l’importation de sable. Entre-temps, les carrières fonctionnant sans permis (autrement dit la majorité) ont (en principe) été fermées.

En outre, le ministre de la Défense, Élias Bou Saab, a demandé à ce que la stratégie de lutte contre la contrebande via la suppression des postes-frontières illégaux, qu'il devait présenter aujourd'hui, soit retirée de l'ordre du jour. Cette demande de reporter les discussions à la semaine prochaine fait suite à plusieurs remarques émises par d'autres ministres. La semaine dernière, le ministre Bou Saab avait affirmé que l’armée libanaise avait fermé au cours des deux dernières années plus de 140 points de passage illégaux à la frontière avec la Syrie, et qu’il n’en restait plus qu’une dizaine, utilisés notamment par les contrebandiers. Le commandant en chef de l'armée libanaise, le général Joseph Aoun, a affirmé de son côté qu'il n'y avait pas de points de passage illégaux, "mais simplement certaines failles que nous œuvrons à combler".

Le gouvernement a d'autre part approuvé le projet de décret concernant la structure financière du fonds d'aides pour les locataires et le paiement de compensations financières aux producteurs de blé et d'orge. Le Conseil des ministres a enfin étudié un projet de loi proposant de scinder en deux le ministère de l'Intérieur et des Municipalités.


Pour mémoire
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Le gouvernement libanais, réuni mardi au palais présidentiel, a entamé l'examen de l'avant-projet de projet de budget pour l'exercice 2020 et approuvé un nouveau train de nominations, malgré l'opposition des Forces libanaises. Le cabinet a aussi approuvé le plan directeur pour l'organisation du secteur des carrières. Il se réunira à nouveau mercredi à 11h30 au Grand Sérail. ...

commentaires (1)

QUAND EST-CE QUE IL Y AURAIT UN BUDGET QUI REDUIRAIT UN PEU CHAQUE ANNEE LA DETTE TOTALE ETATIQUE ? TEL DEVRAIT ETRE LE BUT DE TOUT BUDGET SERIEUX. AUTREMENT C,EST DE LA BLAGUE !

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

18 h 15, le 17 septembre 2019

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Commentaires (1)

  • QUAND EST-CE QUE IL Y AURAIT UN BUDGET QUI REDUIRAIT UN PEU CHAQUE ANNEE LA DETTE TOTALE ETATIQUE ? TEL DEVRAIT ETRE LE BUT DE TOUT BUDGET SERIEUX. AUTREMENT C,EST DE LA BLAGUE !

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    18 h 15, le 17 septembre 2019