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Une conférence libano-française pour mettre en lumière le rôle des femmes chercheuses

ÉVÉNEMENT

La conférence Les ELLES de la recherche prévue le 17 septembre au Grand Sérail se penchera sur la place de la femme dans la recherche, l’évolution de sa carrière scientifique et les politiques institutionnelles égalitaires.

07/09/2019

Les ELLES de la recherche, une conférence libano-française de grande envergure, est organisée le 17 septembre au Grand Sérail par Dawrek’n, le CNRS Liban et le CNRS France, avec l’appui de l’Ambassade de France au Liban et l’Agence universitaire de la francophonie, à travers sa direction au Moyen-Orient. Les thématiques débattues seront axées sur la place de la femme dans la recherche, l’évolution de sa carrière scientifique et les politiques institutionnelles égalitaires.

La conférence accueillera, comme intervenants, des scientifiques de très haut niveau, aux côtés de personnalités politiques. « Il s’agit de regrouper ces personnalités afin de débattre de questions liées aux femmes dans la recherche et d’y inclure également l’aspect politique, à travers les différentes interventions », explique la docteure Tamara Elzein, coordinatrice de l’Observatoire national de la femme dans la recherche (Dawrek’n) et directrice des bourses de doctorat au CNRS Liban. Selon elle, les sujets abordés seront axés, d’une manière générale, sur des questions évidentes mais qui continuent à créer la polémique, telles que « pourquoi faut-il des femmes dans la recherche » ou encore « carrière scientifique : plafond de verre ou autocensure », et enfin « les politiques institutionnelles égalitaires ». La docteure Elzein précise, par ailleurs, que « le choix des intervenants, issus de divers horizons – scientifiques, politiques, diplomatiques, financiers, etc. – permettra d’aborder ces thèmes sous un prisme plus réaliste et sans délimitation ».


(Lire aussi : DAWReK’n lance ses premières activités pour soutenir les chercheuses)



Lors de cette journée, qui sera également l’occasion de célébrer le 80e anniversaire du CNRS-F, partenaire historique du CNRS-L, Dawrek’n et la Mission pour la place des femmes du CNRS-F signeront un jumelage dont Les ELLES de la recherche constitue le premier événement. Ces deux entités établiront des échanges de bonnes pratiques et des expertises, ainsi que des échanges de datas qui permettront d’effectuer des analyses indispensables pour un état des lieux et pour la mise en place d’un plan d’action franco-libanais.

Au lendemain du colloque, toujours dans le cadre du jumelage, un expert de La Mission pour la place des femmes prodiguera une formation au CNRS Liban sur les statistiques genrées, et une autre sur les politiques institutionnelles égalitaires. Les deux seront ouvertes aux personnels académiques, aux instituts de recherche, aux associations, aux journalistes ou autres.

Si Dawrek’n cherche à travers cette conférence, mais aussi l’ensemble de ses activités, à promouvoir la femme dans la recherche, c’est pour différentes raisons, selon la docteure Tamara Elzein. Tout d’abord, la femme chercheuse a le même potentiel que l’homme chercheur et la science a prouvé que « le cerveau n’a pas de sexe ». L’objectif ultime est d’effacer toute forme de discrimination, positive comme négative, mais à ce jour, plusieurs obstacles persistent dont les préjugés.

Ensuite, « on ne peut pas développer une recherche scientifique en se basant uniquement sur le point de vue masculin. Sinon la recherche présentera des faiblesses et des erreurs », explique la docteure Elzein qui a initié Dawrek’n.

Par ailleurs, « Lorsque 60% des doctorants sont des femmes, il est inadmissible que l’investissement scientifique et intellectuel que ces dernières ont effectué aux cours de leurs études ne soit pas rentabilisé », souligne la docteure Elzein.

De plus, le développement socio-économique de la société ne peut pas être entrepris avec seulement 50% des effectifs du pays. « Dans le domaine de la recherche, avec uniquement 35% de chercheuses, on ne peut pas atteindre ce développement, surtout quand s’ajoute à cela l’absentéisme des femmes au sein des cercles de décision », ajoute-t-elle.

Malheureusement, malgré l’effort déployé par certaines universités au Liban, la femme chercheuse reste sous valorisée. « Si 60% des doctorants sont des femmes, pourquoi dans les universités, parmi les enseignants chercheurs, elles ne constituent que 35% ? De plus, au niveau des postes de responsabilités académiques (postes de doyens), pourquoi le pourcentage des femmes n’est que de 20% ? », questionne la coordinatrice de Dawrek’n. Cette dernière se dit soucieuse, non des chiffres eux-mêmes, mais du fait que ce déséquilibre influe aussi sur l’inconscient des étudiants universitaires qui vont considérer cette situation normale. De ce fait, Dawrek’n cherche à sensibiliser, petit à petit, les jeunes, afin d’amorcer un changement qui se fera sur le long terme.


Pour mémoire
Vers un renforcement du rôle des chercheuses au Liban

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