X

À La Une

Au moins trois Syriens déportés du Liban incarcérés à leur retour en Syrie, dénonce HRW

réfugiés

L'ONG accuse le pays du Cèdre de "violer ses obligations internationales en mettant des gens en danger".

OLJ
02/09/2019

Au moins trois ressortissants syriens déportés en Syrie par la Sûreté générale libanaise ont été arrêtés par les autorités de Damas à leur retour dans leur pays, dénonce l'ONG de défense des droits de l'homme Human Righs Watch, qui accuse le Liban de "violer ses obligations internationales en mettant des gens en danger". 

"Le Liban met les Syriens en danger en les obligeant à rentrer dans le pays qu'ils ont fui et en les remettant aux mains d'un gouvernent qui est responsable d'atrocités de masse", accuse la directrice exécutive de HRW pour le Moyen-Orient, Lama Fakih. "Le Liban est légalement obligé de permettre aux gens de remettre en cause leur déportation et de plaider leur cause pour obtenir une protection. Il est interdit par la loi de déporter toute personne qui risque de subir des persécutions ou de se faire torturer", ajoute Mme Fakih. 

Sur les près de 3.000 Syriens déportés du Liban entre le 21 mai et le 28 août 2019, au moins trois ont été incarcérés à leur arrivée en Syrie, affirme HRW, qui rapporte des témoignages de personnes proches de ces prisonniers. Adel a notamment raconté que son frère, Rami, a été arrêté à un barrage au Liban, en mai 2019, et transféré dans un centre de détention de la Sûreté générale à Tripoli. Alors même qu'il avait été assuré que Rami ne serait pas déporté, Adel n'a plus eu de se nouvelles pendant plusieurs jours. Il a ensuite été contacté par un homme qui lui a annoncé être incarcéré avec Rami, dans une prison du régime à Tartous, et que ce dernier serait transféré à Damas. 



(Lire aussi : Le Liban accusé d'avoir "expulsé par la force" près de 2.500 réfugiés syriens)



"Obligations internationales"
HRW appelle dans ce contexte le Liban à "donner à toute personne qui risque d'être déportée en Syrie la possibilité de consulter un avocat, de se réunir avec le Haut comité de l'ONU pour les réfugiés (HCR) et d'introduire un recours devant les tribunaux compétents contre leur déportation". Le gouvernement libanais devrait présenter régulièrement des rapports publics concernant les déportations, qui incluent les raisons de ces procédures, exhorte encore l'ONG. Elle souligne que "d'autres pays devraient mettre en place des programmes de réinstallation" des réfugiés afin d'éviter au Liban de devoir "porter le fardeau" que constituent le million passé de Syriens sur son territoire, affirmant toutefois que "rien n'excuse les violations, par le Liban, de ses obligations internationales et le fait qu'il met des vies en danger". 

Le Liban, est signataire de la Convention internationale contre la torture, accueille, selon les estimations du gouvernement, plus d'1,5 million de réfugiés syriens depuis le début du conflit en 2011. Depuis plusieurs mois, la SG organise, en coopération avec les autorités syriennes, des opérations de "rapatriement volontaire" de ces Syriens. Les autorités libanaises ont par ailleurs pris la décision, en mai lors d'un Conseil supérieur de la défense, de déporter tout réfugié étant entré illégalement au Liban après le 24 avril 2019. 



Lire aussi
Réfugiés : le ras-le-bol des pays voisins de la Syrie

Des ONG dénoncent de nouvelles destructions d'abris de réfugiés syriens au Liban

À Ersal, la colère des réfugiés syriens dans les campements réduits à l’état de ruine

Aucune volonté internationale d’installer les réfugiés syriens au Liban, affirme Richard

Le sort des réfugiés syriens au Liban, entre rhétorique haineuse et retours forcés

Réfugiés syriens : HRW dénonce une « pression illégitime » du Liban




À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

camel

Pourquoi utiliser le terme de déporter? C'est faux et cela donne une mauvaise image du Liban qui accueille 1.5 millions de réfugiés.
Colporter de tels informations nuit à la crédibilité des ONG et du journal.

Honneur et Patrie

Que des Syriens déportés au Liban ou ailleurs soient incarcérés à leur retour en Syrie, en quoi cela intéresserait le Liban ? C'est une affaire intérieure syrienne qui ne regarde pas le Liban.
Jadis, Farjallah Hélou, chef du Parti communiste libanais, était parti en Syrie. Il a été arrêté, assassiné, son corps dilué dans l'acide sulfurique puis jeté dans l'Euphrate.
Où était l'ONG Human Righs Watch à l'époque ?

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

MAIS C,ETAIT A ATTENDRE DU REGIME CETTE SORTE DE COMPORTEMENT.

Eleni Caridopoulou

Je connais 2 jeunes syriens chrétiens qui n'osent pas rentrer en Syrie de peur d'être arrêtés et rentrés dans l'armée ils habitent dans un couvent et vont à l'université ils me font de la peine

VIRAGE CONTRÔLÉ

Et donc ? Who cares ?

NAUFAL SORAYA

Evidemment, l'article ne dit pas pourquoi ces personnes ont été arrêtées... Des criminels peut-être??? Ca, bien sûr, c'est secondaire...

De toute façon, s'ils ont décidé de rentrer chez eux et qu'ils se font arrêter, c'est leur problème. Et s'ils sont expulsés du Liban, c'est qu'ils ont des raisons de se faire arrêter, et donc, là aussi, c'est leur problème, pas le nôtre.

Félicitations à L'Orient-Le Jour, pour sa fidélité sans faille à la cause des réfugiés et aux ONG qui les appuient, et si inexistante à celle de ses compatriotes...

Dernières infos

Les signatures du jour

Un peu plus de Médéa AZOURI

C’est tous les jours dimanche

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants