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Liban

Crise des déchets au Liban-Nord : une nouvelle proposition aujourd’hui en Conseil des ministres

Crise des déchets

La construction d’une décharge sur un nouveau terrain sera mise sur le tapis aujourd’hui. Les mêmes obstacles seront-ils au rendez-vous ?

22/08/2019

Une nouvelle proposition visant à assurer un terrain de décharge pour les déchets des quatre cazas du Liban-Nord en crise – Zghorta, Bécharré, Minié-Denniyé et Koura – devrait en principe être discutée aujourd’hui en Conseil des ministres. Un nouveau terrain où se trouve une carrière désaffectée pourrait être proposé pour la création d’une décharge provisoire pour les déchets.

Cette crise, rappelons-le, avait été provoquée par la fermeture inopinée d’une décharge sauvage dans un terrain privé à Adwé, qui accueillait les déchets de ces quatre cazas pendant treize ans. Depuis, les ordures jonchent les rues, sauf à Bécharré où un terrain non aménagé a été mis à la disposition des municipalités pour y entreposer les poubelles. En vue de résoudre cette crise, le ministère de l’Environnement avait tenté d’établir une décharge qualifiée de « temporaire » dans plusieurs terrains qui ont successivement été rejetés, notamment à Fouar (dans le site d’une carrière), et plus récemment à Terbol où une vive contestation s’est organisée pour fermer la route aux camions sous protection policière. Cette contestation avait rapidement pris une dimension politique et même confessionnelle dans certains slogans utilisés, ce qui avait poussé le Premier ministre Saad Hariri, qui appuyait le plan, à faire marche arrière.


(Lire aussi : Déchets : de l’urgence de sortir de l’improvisation et d’instaurer un vrai débat)


En quoi consiste donc cette nouvelle proposition ? Selon des sources bien informées, il s’agit, sans surprises, d’un nouveau terrain dans une autre localité, celle de Hawakir Denniyé, qui, contrairement à ce que son nom l’indique, est bien enclavée dans le caza de Zghorta bien que considérée traditionnellement comme une partie de Denniyé. Le terrain, toujours selon ces sources, appartient à l’ancien député Salim Karam et à sa famille, et il s’agit principalement d’une ancienne carrière. Il pourrait être question de l’exproprier, et c’est cette décision qui devra être prise en Conseil des ministres.

Le débat autour de cette nouvelle proposition en Conseil des ministres pourrait ne pas résoudre tous les problèmes pour autant, même en cas de décision ferme, constatent ces mêmes sources. Les mêmes problématiques pourraient refaire surface, qu’elles soient purement environnementales ou liées à des questions d’intérêt sous-jacentes, et les mêmes risques pourraient guetter cette solution également. En effet, à Terbol, des arguments écologiques ayant trait à l’absence d’étude d’impact environnemental avoisinaient des raisons de refus liées à des considérations géographiques et d’appartenance confessionnelle ou autre. Le scénario se répétera-t-il dans cette nouvelle localité, sachant que le terrain n’a pu, là aussi, être soumis à une étude d’impact environnemental (seul Fouar avait fait l’objet d’une telle étude dans le passé, selon des sources informées) ? Et quelle sera la capacité du gouvernement à imposer cette nouvelle solution afin de parer à l’urgence ?


(Lire aussi : Une nouvelle crise des déchets « se profile à partir de septembre », avertit Hamadé)

La décision du Premier ministre

Interrogé sur les perspectives de succès de cette nouvelle proposition, le député Michel Moawad, président du Mouvement de l’Indépendance, met en relief les deux principales parties responsables du fiasco des déchets : d’une part, les fédérations des municipalités qui ont négligé les vraies solutions toutes ces années, ne travaillant pas pour le tri et le traitement sur place. D’autre part, le gouvernement responsable de déterminer un emplacement pour une décharge sanitaire.

« Le gouvernement doit prendre en compte les considérations environnementales et politiques, dit-il. Dans le cas des quatre cazas aujourd’hui, l’urgence nous oblige à trouver un endroit pour sortir les déchets des rues en priorité. Voilà pourquoi ils devront être entreposés dans un endroit avant l’enfouissement final dans une zone protégée par une membrane, c’est obligé. »

Pour le député, la décision doit être politique par excellence, et il pointe une fois de plus le Premier ministre du doigt. « Il doit s’en tenir à sa décision sans changer d’avis cette fois », lance-t-il.



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