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Lifestyle - This is America

Le mixeur, 100 ans et toujours indétrônable roi des cuisines

Incontournable ustensile de cuisine depuis des décennies, ce « robot domestique » reste, avec ses quelques tours presque magiques, le parfait aide-cuisinier.

Le bonheur des dames dans les années 50.

« Ça m’est égal, appelez-le comme vous voulez, car c’est le meilleur aide-cuisinier que j’aie jamais eu. » Cette femme au foyer répondait à la question qu’on lui posait à propos d’un appareil électroménager qui venait d’être mis sur le marché et qui pouvait automatiquement mélanger tous les ingrédients alimentaires. Comme on cherchait un nom à cette invention, on s’est référé à la réaction de la jeune femme et on l’a appelée KitchenAid, ou aide-cuisinier. C’était en 1919. Par la suite, cette invention aux multiples fonctions, malaxer, découper et mélanger, a fait son entrée dans les foyers du pays de l’Oncle Sam. Et aujourd’hui, cent ans après sa naissance, pas de cuisine partout dans le monde sans ce qui est aussi communément appelé un « mixeur ».

Quelques années auparavant, son concepteur, nommé Herbert Johnston, un ingénieur auprès de la compagnie d’équipements pour les industries de l’alimentation de la firme Hobart, était en train d’observer un boulanger qui pétrissait à la main une pâte à pain. Persuadé qu’il fallait trouver un moyen pour rendre cette tâche moins pénible, aidé par un collègue ingénieur, Thomas F. Rataiczak, il met au point un substitut mécanique au travail du boulanger. Il le fait breveter en 1918 sous l’appellation Mixing Machine (machine à mélanger).



Performances colorées
Il ne s’arrête pas en si bon chemin et continue à perfectionner son invention et l’enrichit de pièces supplémentaires pour trancher, découper, malaxer, réduire en purée. Le tout est mis sur le marché en 1919, d’abord sous le label Food Preparation Tool (ustensile pour préparation d’aliments), avant d’être baptisé KitchenAid. En 1937, en pleine période de la Grande Dépression, l’instrument est placé sur un bol pour stabiliser son mouvement de rotation. Ce sera la forme iconique qu’on lui connaît. En 1955, ses producteurs décident de donner de la couleur aux cuisines en le présentant dans de vives tonalités. Et pour marquer son centenaire, on a prévu une édition spéciale dans une nuance de bleu poudré nostalgique. Pour faire ressortir la note vintage, il comporte un bol en céramique blanche rehaussé d’un délicat motif de fleurs. Un autre cadeau d’anniversaire, car un centenaire ça se marque, l’ensemble « Queen of Hearts » (« reine des cœurs ») : un choix d’accessoires rouges entourant un KitchenAid de la même couleur.

Jusqu’à présent, des dizaines de millions de KitchenAid sont sortis de la même usine (située dans l’État de l’Ohio), où le premier spécimen avait vu le jour en 1919. À l’origine, il était destiné aux fermières et il se vendait dans les quincailleries. Puis il fut proposé partout, au porte-à-porte, sans trop de succès, jusqu’à ce qu’on l’ait fabriqué en modèle plus réduit et surtout dans une forme plus stylisée. Pour cela, on a fait appel à un désigner industriel de renom, Egmont Arens (1889-1966), aux concepts en avance sur son temps. Transformant toujours avec maestria les objets fonctionnels en œuvres d’art, il avait donné une ligne très élégante au KitchenAid, qui a immédiatement séduit le public féminin



Trônant au Smithsonian
À noter que ce robot, véritable assistant des maîtresses de maison et qui reste incontournable, avait déjà connu la gloire avant de fêter ses cent ans. Il trône depuis 2001 au Musée national de l’histoire américaine du Smithsonian et, plus précisément, dans la cuisine de la célèbre cheffe Julia Child, qui a été transposée telle quelle dans ce musée. Et pour cause, Julia Child (1912-2004), qui, entre autres, a remporté le titre de la prêtresse américaine de la cuisine française qu’elle a fait connaître dans les années 60 à ses concitoyens, avait également battu le record de l’audimat avec son show culinaire sur le petit écran. Et, bien sûr, elle avait toujours à portée de main son KitchenAid bleu cobalt qu’elle considérait comme « un appareil élégant qui permet de merveilleux mixages ». Spécialement ses « french soufflés ». Elle terminait toujours son émission par son célèbre « bon appétitte », prononcé à l’américaine. Un film intitué Julie and Julia, avec Meryl Streep dans le rôle de la célèbre cuisinière, avait d’ailleurs été réalisé par Nora Ephron en 2009 et illustrait parfaitement le personnage. Martha Stewart est une autre célèbre fervente de ce mixeur, et non moins fée contemporaine du logis.

De plus en plus, le KitchenAid donne des envies de cuisine et de gourmandise avec son continuel perfectionnement, facilitant la réalisation de mets et de desserts des plus fins. Dans la plupart des recettes, on trouvera immanquablement cette indication : « Mettre tous les ingrédients dans le mixeur, donner quelques tours… » Et (presque) tout est joué.



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