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This is America

« Post-a-Nut », une noix de coco, comme une lettre à la poste...

En vacances à l’île hawaïenne de Molokai, les cartes postales ont une autre saveur.

L’art de trier ce nouveau genre de lettres. Photo « Post-a-Nut »

Aloha et bienvenue à Molokai, l’« île sympathique » où tout est simplicité, quiétude et plages de rêve, falaises de roches volcaniques surplombant la mer, anciens étangs hawaïens, sentiers de montagne, refuges tropicaux et doux vents atténuant la chaleur du soleil sans cesse croissante... Un véritable paysage de carte postale. Néanmoins, les cartes postales sont une espèce en voie de disparition et les selfies, insuffisants pour capter tant de merveille.

Pour aider les touristes, en visite dans l’île, à partager leurs impressions, le bureau de poste du lieu leur propose une formule des plus originales et des plus exotiques baptisée « Post-a-Nut ». Pas n’importe quelle noix, mais la spécialité du pays, en l’occurrence la noix de coco. Pour cela, il suffit de se rendre à la poste qui fournit gratuitement au client une noix de coco et des feutres de coloriage pour la décorer sur place. Une fois l’œuvre achevée, il appose l’adresse du destinataire puis la remet au préposé, ainsi que le coût de l’envoi qui varie entre 12 et 20 dollars. Et la noix de coco partira comme une lettre à la poste... et atteindra l’adresse indiquée au bout de deux semaines environ.

Ce service pas comme les autres dessert tous les coins du monde, sauf l’Australie et la Nouvelle-Zélande dont les gouvernements respectifs ont une régulation très stricte en ce qui concerne l’introduction de produits étrangers. Les États-Unis sont également aussi rigoureux dans ce domaine, et les noix de coco de l’île de Molokai ainsi vendues sont soumises à un examen conforme aux lignes directrices du ministère américain de l’Agriculture.


Meilleurs souvenirs et bons baisers, pas à la noix
C’est Margaret Keachi-Leary, une habitante de l’île et ancienne responsable du bureau de poste, qui a eu l’idée de substituer à la carte postale une noix de coco, pour envoyer ses meilleurs souvenirs, ses baisers et ses pensées au bout du monde. C’était en 1991. Elle avait confié à ce sujet : « Je me suis un jour demandé : si j’étais une touriste, qu’est-ce que j’aurais voulu retenir de ma visite ? Eh bien, j’aurais voulu quelque chose d’authentiquement et de typiquement hawaïen ! J’ai trouvé que la noix de coco était le pur reflet de l’optimisme de l’île et de son atmosphère dépaysante. Ainsi, ces touristes pourraient partager avec ceux qu’ils aiment un morceau de Molokai. » Elle a alors rassemblé et distribué gratuitement ce fruit et son initiative, qu’elle a nommée « Post-a-Nut », perdure.

Aujourd’hui, plus de 3 000 noix de coco, toutes plus originalement décorées que les autres et chargées de mille bons sentiments, sont envoyées aux quatre coins du monde. Et tous les jours, des lots fraîchement cueillis sont déversés dans le dépôt de la poste qui ne timbre plus des enveloppes, mais l’écorce de cette grosse noix. Outre les timbres, l’adresse du destinataire et une adresse de retour, on y colle aussi l’étiquette de certification de l’USAD, (département américain de l’Agriculture). De plus, voulant améliorer cet envoi unique en son genre, le bureau de poste de Molokai a sélectionné des timbres joliment illustrés pour mettre en valeur les motifs créés par les clients. Jouant les artistes du dimanche et complètement pris par cet environnement paradisiaque, ces derniers y vont de leur représentation de toutes les couleurs et les formes de la mer, du sable, des fleurs, des arbres, des guitares et des danses hawaïennes.

Le plaisir d’expédier et de recevoir un message-noix-de-coco s’est même étendu aux habitants de l’île (environ 7 000 personnes), pour lesquels aller à la poste n’est plus une corvée (ligne d’attente et emballage à faire), mais une affaire plaisante.

La noix de coco, une étape de poids dans le périple de la carte postale née au milieu du XIXe siècle, qui a pris son essor au XXe siècle et est devenue objet de collection au fil du temps et par temps de smartphone à tout faire. Reste que jusqu’à présent la carte postale la plus chère au monde, représentant la ville de Pau, a été adjugée en 2015 à 166 000 euros lors d’une vente aux enchères en Allemagne. Et pour cause : au verso se trouve un dessin de Pablo Picasso envoyé le 5 septembre 1918 par l’illustre peintre à son ami et célèbre poète, Guillaume Apollinaire.

Que vont révéler un jour les noix de coco devenues un art épistolaire relooké ?


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