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Poursuites contre Nawaf Moussaoui au lendemain de sa démission

Liban

L'ex-député affirme que sa démission ne l'empêchera pas de "rester sur la voie du Hezbollah jusqu'à (sa) mort, après (sa) mort, et encore après".

OLJ
19/07/2019

Au lendemain de l'annonce de la démission de Nawaf Moussaoui, le tribunal militaire a engagé des poursuites contre l'ex-député du Hezbollah après l'incident de dimanche dernier, lorsqu'il a fait irruption avec 20 hommes armés dans un commissariat de Damour, où il a été accusé par certains d'avoir ouvert le feu sur son ex-gendre. L'ancien député nie toutefois avoir tiré lui-même sur l'ex-mari de sa fille, avec lequel sa famille est en conflit concernant la garde des enfants.

M. Moussaoui est poursuivi pour tirs et menaces à l'aide d'une arme à feu contre des agents des Forces de sécurité interne et dégâts provoqués à l'intérieur du commissariat de police. Le parquet a également engagé des poursuites contre "trois civils qui accompagnaient" M. Moussaoui pour agression contre l'ancien mari de la fille de l'ex-député à l'aide d'objets tranchants. Un agent du département de la Sécurité de l'Etat qui est garde du corps de Nawaf Moussaoui a également été poursuivi pour être intervenu dans la rixe en dehors des limites de sa mission.

Le dossier a été transféré au premier juge d'instruction militaire Fadi Sawan qui doit interroger les suspects. Le juge Sawan, qui a lancé son enquête dimanche dernier, a convoqué à plusieurs reprises Nawaf Moussaoui, mais celui-ci s'était jusque-là abstenu de se présenter devant la Justice, bénéficiant de son immunité parlementaire.


"Protéger mes filles, une priorité"
Jeudi soir, Nawaf Moussaoui a justifié sa démission par sa volonté de donner la priorité à sa famille.  "Présenter ma démission du Parlement est une initiative personnelle", a-t-il déclaré à la chaîne de télévision locale LBC. Il a précisé "ne vouloir faire porter la responsabilité ou les conséquences de ce qui s'est passé à personne. Je suis le seul responsable."
Le Hezbollah avait pourtant affirmé, à l'annonce de la démission du député, que ce dernier l'avait fait "à la demande du parti".

"C'est un conflit de priorités qui m'a poussé à démissionner", a précisé M. Moussaoui. "Il est vrai qu'être au service des gens est une priorité, mais je me retrouve dans des circonstances dans lesquelles protéger mes filles est également une priorité", a-t-il ajouté. "Je dois accorder du temps à mes filles", a-t-il insisté.

A l'instar de nombreux partisans de l'ancien parlementaire, qui ont rendu populaire sur les réseaux sociaux le hashtag (mot-dièse) "solidarité avec Nawaf Moussaoui", un de ses filles, Fayza, lui a d'ailleurs rendu publiquement hommage vendredi, dans une publication sur Facebook. Après avoir reproché aux médias de diffuser des informations mensongères et incomplètes, Fayza Moussaoui a remercié Dieu d'avoir "un père qui veut nous défendre avec tout ce qu'il a".



L'ancien député du Hezbollah, Nawaf Moussaoui, entouré de sa famille. Photo tirée de Facebook



"Sur la voie du Hezbollah jusqu'à la mort"
L'incident impliquant l'ex-député et sa famille a rappelé la triste situation des femmes divorcées au Liban, régie par les tribunaux religieux de leur communauté. Interrogé jeudi soir sur la question de la protection des droits des femmes, Nawaf Moussaoui a affirmé "avoir fait partie de la minorité (des députés du Hezbollah, ndlr) qui a voté en faveur de la loi pour la protection des femmes face à la violence familiale". En 2014, le Liban avait adopté une loi qui, pour la première fois, punit les violences domestiques. Cette loi avait été adoptée à la suite d'une campagne sans précédent de la société civile après le meurtre de plusieurs femmes sous les coups de leurs maris. Elle est toutefois jugée insuffisante par la société civile.  

En ce qui concerne ses relations avec le parti chiite, suite à l'incident, M. Moussaoui a affirmé "rester fidèle à la ligne du Hezbollah jusqu'à ma mort, après ma mort, et encore après". Il a en outre présenté ses excuses à ses électeurs. Aux élections législatives de mai 2018, M. Moussaoui avait engrangé plus de 24.000 votes préférentiels dans le caza de Tyr (Liban-Sud). 

En février dernier, le député Nawaf Moussaoui avait déjà provoqué des remous après avoir affirmé que le chef de l'Etat, Michel Aoun, avait été "élu grâce au fusil de la résistance" et que Bachir Gemayel, président élu assassiné en 1982, était "arrivé au palais de Baabda grâce aux chars israéliens", lors de l’invasion israélienne de cette année-là. La direction du Hezbollah avait alors imposé des sanctions à M. Moussaoui, gelant notamment son action parlementaire, avant de les lever deux mois plus tard.



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Jean abou Fayez

Il a l'air d'un brave et honnête homme.

MIROIR ET ALOUETTE

Sage décision. Rien ne vaut que de se consacrer à sa famille en priorité.

J'aurai fait pareil.

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