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Après la conférence de Bahreïn, les Palestiniens entre dédain et désintérêt

Plan Kushner

Washington espérait utiliser les retombées économiques potentielles pour "créer un fossé entre le peuple palestinien et leurs dirigeants", selon un expert.

OLJ/AFP/Joe DYKE
28/06/2019

La conférence de Bahreïn sur le volet économique d'un plan américain cherchant à ouvrir la voie à un règlement du conflit israélo-palestinien n'a pas convaincu les Palestiniens qui l'ont boycottée et s'en sont désintéressés.

Dans un rare élan d'unité, toutes les organisations palestiniennes ont condamné d'une même voix la conférence co-organisée par les Etats-Unis avant même sa tenue mardi et mercredi et celle-ci a été à peine couverte par les médias palestiniens.

Bien que les appels à de grandes manifestations contre ce forum aient peiné à mobiliser les foules, de nombreux Palestiniens estiment qu'aucun effort américain en vue d'une relance du processus de paix ne pouvait être pris au sérieux. "Globalement il y avait un intérêt, mais dès le départ il n'y en avait pas pour les Palestiniens car si je rejette quelque chose, je le rejette vraiment", a dit à l'AFP Rohi Ziadeh, professeur d'université à Ramallah en Cisjordanie occupée. "Si ma femme me prépare un repas que je n'aime pas, je ne veux pas y toucher. Vous pouvez ajouter du sel, etc... mais je ne le mangerai toujours pas. Et nous ne voulons pas de cette conférence", a-t-il expliqué.

L'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui a boycotté la conférence en estimant d'emblée qu'elle était vouée à l'échec, accuse l'administration américaine de Donald Trump d'un parti pris en faveur d'Israël.

Les plus importants hommes d'affaires palestiniens ont également boudé la conférence, accusant les Etats-Unis d'essayer d'utiliser leur influence financière pour acheter leurs aspirations à l'indépendance.



(Lire aussi : Conférence de Manama : des ambitions revues à la baisse, selon une source diplomatique libanaise)



"Une porte ouverte"
Seul un Palestinien y est apparu publiquement: Ashraf Jaabari, présenté comme le président du Palestinian Business Network. Composée de 250 membres, cette entité auparavant inconnue s'est avérée être une appellation pour la chambre de commerce et d'industrie de Judée et Samarie, qui représente des colons israéliens et quelques Palestiniens.

La grande majorité des Palestiniens rejettent de telles relations avec les colons, dont les implantations sont considérées comme illégales par le droit international.

La porte "reste ouverte" aux Palestiniens pour accepter le volet économique du plan américain, a dit le gendre du président Donald Trump, Jared Kushner à la conférence. "Si les dirigeants palestiniens veulent améliorer les conditions de vie (de leur peuple), nous avons présenté un plan formidable dans lequel ils peuvent s'engager".

Le plan fait miroiter 50 milliards de dollars d'investissements internationaux dans les Territoires palestiniens et les pays arabes voisins sur dix ans, ainsi que des investissements dans les infrastructures, le tourisme ou l'éducation, avec à la clé, la création d'un million d'emplois. Le gouvernement palestinien fait face à une grave crise financière et a réduit de moitié les salaires de plus de ses 100.000 fonctionnaires.

Alors que la corruption palestinienne a souvent été évoquée comme cause de la crise, l'occupation de la Cisjordanie par Israël a en revanche été à peine mentionnée. La question du contrôle de Gaza par le Hamas, n'a pas non plus été discutée. Le Hamas et Israël se sont livré trois guerres. L'Etat hébreu impose un blocus asphyxiant à la bande de Gaza.



(Lire aussi : A la conférence de Bahreïn, flirt poussé entre Arabes du Golfe et Israéliens)



"Un contenu vide"
La conférence de Bahreïn est "loin d'être connectée à la réalité", a déclaré Ofer Zalzberg, analyste basé à Jérusalem au sein du groupe de réflexion International Crisis Group.

"L'atelier de Bahreïn n'a pas atteint ses objectifs", a déclaré à l'AFP Ahmad Majdalani, un haut responsable palestinien. "La représentation à cette conférence était faible et son contenu vide".

Des sondages ont montré que M. Abbas est impopulaire et pour Ofer Zalzberg, le gouvernement américain espérait utiliser les retombées économiques potentielles pour "créer un fossé entre le peuple palestinien et leurs dirigeants" à propos de ce plan. En fait, cela a peut-être eu l'effet inverse, a-t-il souligné.

Mohammed Ghalis, 28 ans, un livreur d'eau à Ramallah, résume le sentiment général des Palestiniens vis-à-vis de cette conférence. "Bien sûr que c'est un pot-de-vin. Une solution économique ne remplace pas une solution politique".



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Eleni Caridopoulou

Camille Chamoun avait raison , Abdelnasser a détruit le moyen orient

Honneur et Patrie

"Les Palestiniens entre dédain et désintérêt".
Camille Chamoun, président de la République de 1952 à 1958, avait invité Habib Bourghiba, champion de l'indépendance tunisienne, à visiter le Liban. Au cour d'une allocution, il avait conseillé aux Palestiniens d'accepter ce que leur propose Israél quitte à revendiquer toujours encore plus. C'est ce qu'il avait fait avec la France. Au cours d'une parade d'honneur Place-des-Canons, une pluie de tomates et d'oeufs pourris tombe sur sa tête.
Voyez où en sont les Palestiniens après 65 ans !

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