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Moyen Orient et Monde

Israël « fait partie de l’héritage de la région » , affirme le chef de la diplomatie bahreïnie

Conférence de Manama
OLJ
28/06/2019

Le chef de la diplomatie bahreïnie a déclaré dans une interview exceptionnelle d’un responsable du Golfe à un média israélien qu’Israël faisait partie de « l’héritage de cette région historiquement » et que « le peuple juif a une place parmi nous ». Cheikh Khaled ben Ahmad al-Khalifa, dont le pays n’a pas de relations diplomatiques avec Israël à l’instar des autres États du Golfe, a accordé cette interview au correspondant diplomatique de la chaîne israélienne de télévision privée Channel 13, à l’occasion de la conférence de Manama, au cours de laquelle a été présenté le volet économique d’un plan américain visant à régler le conflit israélo-palestinien.

« C’est ma première interview avec un média israélien et j’espère pouvoir faire passer le message », a déclaré cheikh Khaled au journaliste de la chaîne israélienne. « Israël fait partie de l’héritage de cette région historiquement, le peuple juif a une place parmi nous et c’est la raison pour laquelle (...) je veux leur dire (aux Israéliens) : nous devrions parler », a ajouté le responsable bahreïni dans cette interview diffusée mercredi soir.

« Manquer une chance de faire la paix »

Interrogé sur l’absence des Palestiniens à la conférence de Manama, il a estimé que « c’est toujours une erreur de manquer une chance de faire la paix ». Les responsables palestiniens ont boycotté la conférence, accusant Washington de partialité pro-israélienne.

Sur l’Iran, le chef de la diplomatie bahreïnie s’est également dit proche des positions israéliennes, estimant que la République islamique constituait la « principale menace pour la stabilité et la sécurité de la région ». Lors de la conférence de Manama, le gendre du président Donald Trump a présenté, en présence de responsables économiques internationaux, un plan exclusivement économique visant à revitaliser une économie palestinienne en crise chronique. Aux yeux de l’Autorité palestinienne, Jared Kushner fait miroiter avec ce plan 50 milliards de dollars d’investissements dans les territoires palestiniens afin de permettre à l’administration Trump, ouvertement pro-israélienne, d’imposer une solution politique qui serait défavorable aux Palestiniens et ignorerait leur revendication cruciale d’un État indépendant.

« Visite historique »

Israël n’a de relations diplomatiques qu’avec deux pays arabes, l’Égypte et la Jordanie, mais courtise depuis quelques mois les pays du Golfe qui partagent son inquiétude vis-à-vis de l’Iran, puissance régionale chiite et rival historique. La plupart des pays arabes ont historiquement fait du règlement de la question palestinienne la condition d’une normalisation avec Israël. En juin dernier, une source officielle du royaume bahreïni avait affirmé à un quotidien israélien que « Bahreïn ne considère pas Israël comme un ennemi », assurant que son pays deviendrait sans doute le premier État du Golfe à établir des liens diplomatiques officiels avec l’État hébreu.

Fin octobre 2018, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s’était rendu à Mascate, capitale du sultanat d’Oman, pour y rencontrer le sultan Qabous, une visite « historique ». Il s’agissait du premier déplacement d’un officiel israélien à Oman depuis 1996.

Début avril, le chef de la diplomatie omanaise, Youssef ben Alaoui ben Abdallah, avait appelé les pays arabes à prendre des « initiatives » afin « d’apaiser les craintes » d’Israël concernant son futur au Moyen-Orient.

Et depuis plusieurs mois, les officiels israéliens ont multiplié les déplacements dans la région : en octobre, la ministre israélienne de la Culture et des Sports, Miri Regev, était à Abou Dhabi pour les championnats de judo. Miri Regev avait alors notamment publié une vidéo d’elle dans la mosquée Cheikh Zayed à Abou Dhabi, indiquant qu’elle marquait la « première visite d’un ministre israélien » en ce lieu. Le ballet des officiels israéliens s’est poursuivi avec la présence du ministre des Communications israélien Ayoub Kara à Dubaï pour une conférence internationale sur la cybersécurité.

Source : AFP


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