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Liban

Jamal Itani à « L’OLJ » : Nous remplacerons au plus vite les équipements retirés de la plage

Ramlet el-Baïda
S.B. | OLJ
19/06/2019

En réponse à l’article de L’Orient-Le Jour paru hier mardi sur la démolition d’équipements de la direction de la plage publique de Ramlet el-Baïda (Beyrouth), le président du conseil municipal de Beyrouth, Jamal Itani (qui avait été sollicité par L’OLJ la veille) a finalement répondu aux questions concernant cet incident pour le moins surprenant.

Les équipements de la direction de la plage publique, confiée à l’ONG Operation Big Blue par contrat avec le ministère des Travaux publics et des Transports, avaient été démolis sur ordre du mohafez de Beyrouth Ziad Chbib (qui reste injoignable) samedi dernier. Le directeur de la plage, Nazih el-Rayess, avait précisé à L’OLJ qu’un accord avait été passé avec M. Itani en vue de remplacer simplement le matériel déficient et qu’il a été surpris par l’ampleur de la démolition. Une source autorisée du ministère des Travaux avait également confirmé que le matériel appartient à cette administration et que la démolition ne s’est pas faite en coordination avec elle.

Interrogé sur tous ces points, M. Itani confirme l’accord qui avait été passé avec l’ONG et le ministère pour remplacer du matériel endommagé par les tempêtes de l’hiver et certaines installations déficientes. « Quand nous avons parlé au mohafez de cette opération, il a estimé que les kiosques présents sur place, dont plusieurs effectivement en bon état, représentent des infractions puisqu’ils se trouvent sur des terrains privés et qu’ils sont construits en dur, affirme-t-il. Il a décidé de les retirer de la plage, ce qui est conforme à ses prérogatives. » Toutefois, le ministère lui-même assure avoir conclu un accord avec les propriétaires des terrains et confirme la nécessité de coordonner avec lui… « Cela est vrai, mais le mohafez assure avoir envoyé des mises en garde concernant la construction en dur », insiste-t-il.


(Lire aussi : Bisri, Aïn Dara, Eden Bay... c’est la chasse aux militants)


M. Itani n’en démord pas, la municipalité de Beyrouth compte remplacer ces équipements par d’autres qui permettront une meilleure gestion de la plage. « Nous lancerons bientôt les appels d’offres et nous nous chargerons des frais », assure-t-il. Ces nouveaux équipements pourront-ils se retrouver sur les mêmes terrains sans subir le sort des précédents ? « Cela est possible si l’on obtient un permis de structures temporaires, car il n’est pas autorisé de construire en dur sur ces terrains-là, selon le mohafez », ajoute-t-il.

Cette opération a suscité des craintes quant à une transformation de cette plage publique en plage payante… « Au contraire, le directeur général du ministère des Transports et moi-même avons insisté auprès de l’ONG pour qu’elle cesse de faire payer les parasols et les matelas, afin que la fréquentation de la plage devienne complètement gratuite, dit-il. L’ONG était jusque-là obligée de recourir à ces moyens pour lever des fonds qui lui permettent de gérer la plage, nous lui donnerons les moyens de procéder autrement. »


(Lire aussi : Les équipements de la plage publique de Ramlet el-Baïda retirés sans autre forme de procès)



Et la pollution ?

La gestion de la plage et la démolition des équipements ne sont pas les seuls problèmes qui affectent la fréquentation de la plage. Le rapport du Conseil national de la recherche scientifique sur l’état des plages, annoncé hier, a placé Ramlet el-Baïda dans la catégorie des plages ultrapolluées où il est quasiment dangereux de se baigner. Ce n’est pas franchement une surprise quand on sent les relents des eaux usées sur la plage. « Ce problème résulte du retard dans les projets du gouvernement en matière de traitement des eaux rejetées par les égouts de Ramlet el-Baïda, répond M. Itani. Un collecteur aurait dû être construit, afin de diriger les égouts du nord de la plage vers une station de Bourj Hammoud, pas encore édifiée, et ceux du sud vers la station de Ghadir. En raison du retard dans ces projets, nous allons entreprendre la construction d’une infrastructure en vue de rejeter beaucoup plus loin en mer les eaux usées et de réduire le taux de pollution sur la plage. Nous savons que ce n’est pas une solution, mais cela permettra de réduire la pression temporairement. Nous espérons lancer la construction dans deux mois et améliorer l’état de la plage d’ici à la saison prochaine. »


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Irene Said

Dites, chers Messieurs Jamal Itani et Ziad Chbib, combien de retard dans la construction de l'Eden Bay...et avez-vous aussi l'intention de le démolir pour réduire le taux de pollution de la mer ?
Irène Saïd

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