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Projet du budget

Sit-in à Baabda des militaires retraités

Un officier à la retraite intervenant lors de la commémoration du souvenir des soldats tombés à Chehim. Photo ANI

Alors que le Conseil des ministres finalisait hier son projet de budget 2019, les militaires retraités ont observé un sit-in aux abords de la route menant vers le palais présidentiel de Baabda, où se tenait dans le même temps la séance du gouvernement. Ils poursuivaient ainsi leur mouvement de contestation entrepris il y a plus d’un mois pour protester contre une éventuelle spoliation de leurs droits que prévoirait le projet de budget dans le cadre de la politique d’austérité.

Les manifestants ont dans ce cadre appelé le président de la République, Michel Aoun, à faire face aux tentatives de porter atteinte aux droits des militaires actifs et retraités, ainsi qu’aux droits des militaires blessés au combat et des familles des soldats tombés au combat. Ils ont plus particulièrement mis l’accent sur « l’illégalité que représenterait une imposition des pensions de retraite », considérant que « ces indemnités ont été déduites des salaires des militaires tout au long de leurs années de service ». Un officier à la retraite a accusé le gouvernement d’« enfreindre les lois de retraite instaurées depuis la fondation de la République, en élaborant avec une mentalité clientéliste un budget qui n’a pas été examiné par les ministères de la Défense et de l’Intérieur ».

« Après de longues années de combat et de sacrifices, nous n’aurions jamais imaginé nous retrouver ici, à élever la voix pour quêter une vie digne », s’est exclamé un autre militaire, dénonçant en outre « les mesures de coupes qui pourraient être adoptées dans les pensions allouées aux familles des martyrs de l’armée ».

À Chehim (Chouf), des militaires retraités ont par ailleurs observé un sit-in de solidarité en mémoire des soldats tombés lors de la guerre de la Montagne, qui avait opposé druzes et chrétiens (1983-1985). Ils ont rendu hommage aux soldats qui « se sont sacrifiés pour protéger ceux qui les trahissent aujourd’hui dans leurs tombeaux », se demandant « pourquoi vouloir humilier leurs mères, femmes et enfants ? ».

Un ancien officier a même pointé du doigt « une attaque programmée pour nuire à l’armée et aux services de sécurité, tant au plan matériel que moral et social », exprimant l’espoir que « cette attaque ne soit pas perpétrée au profit d’agendas extérieurs ». À noter par ailleurs que la mesure n° 3 a été évoquée au cours des discussions menées à Yarzé par le commandant en chef de l’armée, le général Joseph Aoun, avec le directeur général de la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, le directeur général des Forces de sécurité intérieure, le général Imad Osman, et le directeur général de la Sûreté de l’État, le général Tony Saliba.



(Pour mémoire : « Nous arrivons à peine à boucler le mois », lancent, devant la BDL, les militaires à la retraite)



Les enseignants de l’UL
Quant aux enseignants à plein temps de l’Université libanaise (UL), ils ont poursuivi hier devant le ministère de l’Éducation leur grève ouverte, dans une volonté d’empêcher des réductions de leurs revenus. Ils comptent la poursuivre encore malgré l’appel que leur a lancé le président de l’UL, Fouad Ayoub, en leur assurant que leurs droits ne seront pas spoliés.

« Au cours de réunions que j’ai effectuées avec le ministre de l’Éducation (Akram Chehayeb) et le ministre des Finances (Ali Hassan Khalil), ces derniers nous ont assuré que le budget de l’Université libanaise ne sera pas réduit », a affirmé M. Ayoub dans un communiqué, soulignant que « nul ne veut porter atteinte aux enseignants et fonctionnaires de l’UL ». « Les ministres nous ont déclaré que les montants dus par l’État au bénéfice de l’UL en termes de grille des salaires seront payés », a-t-il déclaré, appelant les enseignants à revenir sur leur décision de grève, cela « dans l’intérêt de tous, notamment des étudiants qui n’ont jamais hésité à nous soutenir face aux questions liées à notre université nationale ».En réponse, le conseil exécutif de la Ligue des enseignants à plein temps de l’université, réuni sous la présidence de Youssef Daher, a publié un communiqué dans lequel il a indiqué que « la grève se poursuivra au motif que les revendications essentielles (trois échelons, titularisation...) n’ont pas été satisfaites ». Il a en outre souligné que « l’étude du nouveau budget a suscité de nouvelles réclamations, notamment le refus de porter atteinte aux salaires, pensions de retraite et avantages sociaux ». « Plutôt que d’appeler à arrêter la grève, le président de l’UL devrait l’accompagner, d’autant qu’il a à maintes reprises déploré la baisse constante du budget, qui a été réduit, selon ses propres dires, de 40 milliards de livres l’an dernier, et 40 autres milliards cette année », ajoute le communiqué. Les enseignants ont par ailleurs décidé de maintenir leurs réunions ouvertes en attendant de recevoir les chiffres officiels du budget, tels que publiés par le gouvernement.



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commentaires (2)

L,HEBETUDE QUI SE CROIT TOUT PERMIS.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

12 h 40, le 28 mai 2019

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Commentaires (2)

  • L,HEBETUDE QUI SE CROIT TOUT PERMIS.

    L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

    12 h 40, le 28 mai 2019

  • Les caisses du Trésor de l'Etat sont vides, mais elles ne le sont pas lorsqu'il s'agit de payer intégralement les salaires des députés qui s'étaient abstenus de venir au Parlement durant 29 mois soit du 26/5/2014 au 30/10/2016 dans l'attente de la nomination de Michel Aoun à la tête de l'Etat.

    Honneur et Patrie

    11 h 24, le 28 mai 2019