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Trump dément tout projet d'envoyer 120.000 soldats au Moyen-Orient pour contrer l'Iran

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"Est-ce que je le ferais? Absolument. Mais nous ne l'avons pas planifié. Espérons que nous n'ayons pas à le planifier. Si nous devions le faire, nous enverrions beaucoup plus d'hommes que ça", lance le président US en réaction des informations rapportées la veille par le New York Times.

OLJ
14/05/2019

Le président américain Donald Trump a démenti mardi tout projet d'envoyer 120.000 soldats au Moyen-Orient pour contrer l'Iran, une hypothèse évoquée la veille par le New York Times.

"Est-ce que je le ferais? Absolument. Mais nous ne l'avons pas planifié. Espérons que nous n'ayons pas à le planifier. Si nous devions le faire, nous enverrions beaucoup plus d'hommes que ça", a-t-il dit à des journalistes à la Maison Blanche. "C'était où, cette histoire, dans le New York Times? Eh bien le New York Times, c'est des infox", a-t-il lancé.

Lundi soir, le quotidien avait rapporté que le ministre américain de la Défense par intérim, Patrick Shanahan, avait présenté la semaine dernière, lors d'une réunion avec des conseillers à la sécurité nationale de M. Trump, une nouvelle version de son plan militaire selon lequel jusqu'à 120.000 hommes pourraient être envoyés au Moyen-Orient si l'Iran attaquait des forces américaines. Ce plan, qui n'en est qu'à un stade préliminaire selon le journal, n'appelle pas à une invasion terrestre et le chiffre évoqué, proche du nombre de militaires mobilisés lors de l'invasion de l'Irak en 2003, est le plus élevé de la fourchette envisagée, précise le New York Times.

D'après des sources non identifiées citées par l'influent quotidien américain, Patrick Shanahan, a présenté ce plan jeudi dernier lors d'une réunion à laquelle participaient notamment le conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, et la directrice de la CIA, Gina Haspel. Selon le quotidien, la mise à jour du plan militaire avait été ordonnée par les partisans d'une ligne dure contre Téhéran, avec, à leur tête M. Bolton.

La mise à jour du plan prévu par Washington contre l'Iran illustre d'ailleurs l'influence grandissante de John Bolton, qui prône depuis longtemps une confrontation avec l'Iran, mais dont les pressions sur ce dossier avaient été ignorées par les prédécesseurs de M. Trump, et notamment par l'ancien président républicain Georges W. Bush.

"Il est très peu probable que M. Trump, qui cherche à retirer les Etats-Unis des conflits en Afghanistan et en Syrie, soit prêt à renvoyer autant de soldats américains au Moyen-Orient", avait cependant écrit  le quotidien américain, qui doutait également que le président ait été tenu au courant des détails du plan, et notamment de l'étendue de la mobilisation prévue. 

Lundi, Donald Trump avait mis une nouvelle fois en garde l'Iran, assurant qu'il commettrait "une grosse erreur" s'il "faisait quelque chose", alors que Washington accuse Téhéran de préparer des "attaques" contre les intérêts américains au Moyen-Orient. "S'ils font quelque chose, ils vont souffrir énormément", avait déclaré le président des Etats-Unis lors d'une rencontre avec le Premier ministre hongrois Viktor Orban à la Maison Blanche. "On va voir ce qui va se passer avec l'Iran", a-t-il poursuivi, prédisant encore "un gros problème" pour Téhéran "s'il arrive quelque chose". "Ils ne vont pas être contents", a-t-il insisté.



(Lire aussi : Le Pentagone accentue sa pression militaire sur l'Iran)



"Tactiques alarmistes"
Les relations déjà tendues entre Washington et Téhéran se sont envenimées depuis une semaine: l'Iran a suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l'accord de 2015 encadrant son programme nucléaire, un an après le retrait américain de ce texte, tandis que l'administration Trump a renforcé ses sanctions contre l'économie iranienne.

Parallèlement, le Pentagone a dépêché dans la région un porte-avions, un navire de guerre, des bombardiers B-52 et une batterie de missiles Patriot.

Ces tensions sont montées d'un cran au cours du week-end dernier avec des actes de sabotage commis contre quatre navires - deux saoudiens, un émirati et un norvégien - stationnés dans le golfe d'Oman, au large des Emirats arabes unis. Il n'y a pas eu de victimes et les bateaux endommagés n'ont pas coulé.

La posture à adopter face au regain de tensions avec l'Iran divise profondément l'administration américaine. Pour certains responsables, le plan prévu par la Défense "montre à quel point l'Iran est devenu menaçant", tandis que d'autres appellent à une résolution diplomatique le renforcement des plan militaires de "tactiques alarmistes".

Le président américain veut contraindre Téhéran à accepter un nouvel accord encadrant plus étroitement les activités balistiques et nucléaires iraniennes. Il a invité jeudi dernier l'Iran au dialogue, sans exclure une confrontation armée compte-tenu des tensions bilatérales. Des représentants de l'administration Trump ont fait état de "menaces" accrues contre les intérêts américains au Moyen-Orient. Un groupe aéronaval et des bombardiers ont, en outre, été envoyés dans la région afin de "dissuader" Téhéran de toute attaque contre les intérêts américains ou ceux de leurs alliés.



(Lire aussi : Le détroit d'Ormuz, passage stratégique sous haute tension)



Un avertissement sans frais

En ce qui concerne l'affaire des sabotages de navires dans le Golfe, les Emirats arabes unis ont promis une enquête "professionnelle" et transparente, mais une source officielle américaine, citée par l'agence AP, indique d'ores et déjà mardi qu'un premier examen des dégâts infligés aux navires montre que des agents iraniens, ou soutenus par l'Iran, ont utilisé des explosifs pour causer de larges trous dans les coques des navires visés. Une équipe d'enquêteurs a été envoyée par Washington, à la demande d'Abou Dhabi. 

Des experts ont, eux, estimé que si la responsabilité de Téhéran était avérée dans l'incident de dimanche, il pourrait s'agir d'un avertissement sans frais de la République islamique à Washington, qui renforce sa présence militaire dans la région.

L'Iran a, pour sa part, jugé "préoccupants et regrettables" les incidents maritimes et appelé à une enquête. S'exprimant lundi soir devant des religieux sunnites, le président iranien Hassan Rohani a en outre affiché la détermination de Téhéran à tenir tête à l'ennemi américain. "Si Dieu le veut, nous traverserons cette période difficile avec gloire et la tête haute. (...) L'Iran est trop grand pour être intimidé par quiconque", a-t-il clamé, selon le site officiel du gouvernement iranien.

Les Européens se sont, eux, dits inquiets du regain de tension entre Washington et Téhéran et ont signifié au secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo, de passage lundi à Bruxelles, leur préoccupation face au risque d'un conflit "par accident" dans le Golfe.

Les entretiens de M. Pompeo ont été difficiles. "Je lui ai dit de manière claire que nous sommes préoccupés par les tensions dans la région et que nous ne voulons pas d'une escalade militaire", a déclaré le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, après leur rencontre. Le chef de la diplomatie britannique Jeremy Hunt avait dit plus tôt la même chose : "Nous sommes très inquiets du risque qu'un conflit se produise par accident".


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Gros Gnon

"Le plan prévu par Washington contre l’Iran".
N’importe quoi.
Le plan a été prévu et conçu à Tel-Aviv (pardon, Jérusalem, je n’arrive pas à m’habituer...).
Marionette va!

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

SONT-CE DES ACTES COMMIS PAR L,IRAN POUR TESTER LA DETERMINATION AMERICAINE OU CEUX D,UNE TROISIEME PARTIE QUI CHERCHE A ALLUMER UNE GUERRE ? LE BRUIT DES BOTTES SE FAIT ENTENDRE PLUS CLAIREMENT.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PARAGRAPHE 5 LIGNE 2 S,IL FAISAIT QUELQUE CHOSE ETC...

L'Orient-Le Jour

Merci pour votre commentaire, l'erreur a été corrigée.
Bien à vous

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

PARAGRAPHE 3 LIGNE 2 VERS LA FIN : LE PLAN PREVOIT LE DEPLOIEMENT DESORMAIS DE 120.000.- SOLDATS ETC... OU LE PLAN PREVOIT DESORMAIS 120.000.- SOLDATS ETC...
AU CHOIX.

Antoine Sabbagha

Le regain de tension entre Washington et Téhéran semble du moins politique pour arriver probablement à un nouveau partage de la région

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