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Le détroit d'Ormuz, passage stratégique sous haute tension

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Le détroit est particulièrement vulnérable en raison de sa faible largeur, 50 km environ, et de sa profondeur, qui n'excède pas soixante mètres. 

OLJ/AFP
13/05/2019

Le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique pour le commerce mondial de pétrole, est au coeur depuis des décennies des tensions régionales, ravivées par de mystérieux "actes de sabotage" contre des navires dans le Golfe.

Dimanche, quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, ont été la cible d'"actes de sabotage" au large des Emirats arabes unis, selon Riyad et Abou Dhabi. Les attaques ont eu lieu à l'est de l'émirat de Fujairah, dont le port est le seul terminal des Emirats situé sur la côte de la mer d'Arabie qui contourne ce détroit. L'annonce de ces incidents par deux proches alliés de Washington intervient dans un contexte de regain de tension entre les Etats-Unis et l'Iran après le renforcement des sanctions américaines contre Téhéran, qui a pour sa part suspendu certains de ses engagements nucléaires.

L'Iran, qui a menacé à plusieurs reprises de fermer le détroit en cas de confrontation avec les Etats-Unis, a pour sa part réclamé une enquête sur des actes "alarmants" de "sabotage.



Porte d'entrée du Golfe 
Le détroit d'Ormuz, qui relie le Golfe au golfe d'Oman, est situé entre l'Iran et le sultanat d'Oman. Il est particulièrement vulnérable en raison de sa faible largeur, 50 km environ, et de sa profondeur, qui n'excède pas soixante mètres. Il est parsemé d'îles désertiques ou peu habitées, mais d'une grande importance stratégique : les îles iraniennes d'Ormuz, et celles de Qeshm et de Larak, face à la rive iranienne de Bandar Abbas.

La rive omanaise, la péninsule du Musandam, forme un index qui pointe vers l'Iran, séparé du reste du sultanat par des terres appartenant aux Emirats Arabes Unis.

Adossées à la côte des Emirats, les trois "îles stratégiques", la Grande Tomb, la Petite Tomb et Abou Moussa, constituent un poste d'observation sur toutes les côtes des pays du Golfe: Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Arabie saoudite, Koweït, Irak et Iran. Elles sont occupées par l'Iran depuis 1971, après le départ des forces britanniques de la région.



Stratégique pour le trafic de brut 
Le détroit d'Ormuz constitue une voie de navigation essentielle reliant les producteurs de pétrole du Moyen-Orient aux marchés d'Asie, d'Europe, d'Amérique du Nord et au-delà.

Selon l'Agence d'information sur l'énergie du gouvernement américain (AIE), 35% du pétrole transitant par voie maritime passe par le détroit d'Ormuz.



(Pour mémoire : Pétrole : comment les États-Unis veulent mettre l’Iran à genoux)



Théâtre de tensions et de conflits 
L'Iran, qui se considère comme le gardien du Golfe, dénonce régulièrement la présence de forces étrangères dans la région, notamment la Ve Flotte américaine stationnée à Bahreïn. Il a menacé à plusieurs reprises de bloquer le détroit d'Ormuz en cas d'action militaire des Etats-Unis dans la zone. Ce sont les Gardiens de la Révolution, l'armée d'élite iranienne, qui contrôlent les opérations navales dans le Golfe et sont chargés d'assurer la sécurité du détroit.

Une des perturbations majeures du transport pétrolier dans cette région remonte à 1984 pendant le conflit Iran-Irak (1980-1988) lors de la phase dite de la "guerre des pétroliers". Plus de 500 navires avaient été alors détruits ou endommagés.

En juillet 1988, un Airbus A-300 de la compagnie nationale Iran Air, assurant la liaison entre Bandar-Abbas et Dubaï (Emirats arabes unis), a été abattu par deux missiles d'une frégate américaine qui patrouillait dans le détroit. 290 personnes ont été tuées. L'équipage de l'USS Vincennes a affirmé avoir pris l'Airbus pour un chasseur iranien animé d'intentions hostiles.

En avril 2015, des bateaux des Gardiens de la révolution ont arraisonné dans le détroit d'Ormuz un porte-conteneurs des îles Marshall. Et en mai 2015, des patrouilleurs iraniens ont tiré des coups de semonce dans une apparente tentative d'interception dans le Golfe d'un navire de commerce battant pavillon singapourien.



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