Photo diffusée par l'agence officielle syrienne SANA le 25 juillet 2026 montrant le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani (à gauche), accueillant le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à son arrivée à l'aéroport international de Damas. Photo SANA / AFP
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé samedi la communauté internationale à fournir une aide à la Syrie, qui se trouve à un « moment charnière », après une guerre civile dévastatrice.
« Je viens d'arriver à Damas pour une visite de solidarité. Mon message est clair : l'ONU est aux côtés de la Syrie à ce moment charnière, et j'appelle également la communauté internationale à ne ménager aucun effort pour soutenir le peuple syrien », a-t-il déclaré sur X.
M. Guterres est arrivé dans la matinée en Syrie, selon l'agence de presse officielle Sana, pour témoigner de son soutien à la transition politique du pays, dévasté par plus de treize ans de guerre. Cette visite est la première d'un secrétaire général de l'ONU en Syrie depuis celle de Ban Ki-moon en 2009. Elle intervient plus d'un an et demi après la chute fin 2024 du président Bachar el-Assad, renversé par une coalition de rebelles islamistes.
Le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad el-Chaibani, a accueilli à l'aéroport international de Damas M. Guterres qui est accompagné d'une délégation, a rapporté Sana. « L'opportunité qui se présente aujourd'hui ne se limite pas à se relever du conflit, mais inclut aussi les bases d'un avenir pour la Syrie marqué par plus de stabilité, d'inclusivité et de prospérité pour tous les Syriens », a déclaré le porte-parole du secrétaire général de l'ONU, Stéphane Dujarric. Le diplomate réaffirmera que « le rôle des Nations unies est d'accompagner et de soutenir le peuple syrien dans ce cheminement », a-t-il ajouté.
Lors de sa visite prévue jusqu'à lundi, Antonio Guterres doit notamment rencontrer le président Ahmad el-Chareh ainsi que des représentants de la société civile, des organisations représentant les femmes et les diverses communautés du pays.
« Période clé »
Depuis son arrivée au pouvoir, Ahmad el-Chareh a rompu avec son passé jihadiste et, en septembre, il a été le premier président syrien depuis Noureddine al-Atassi en 1967 à prononcer un discours devant l'Assemblée générale des Nations unies à New York. La communauté internationale n'a cessé d'inciter les nouvelles autorités islamistes à bâtir des institutions solides et efficaces, et instaurer une gouvernance inclusive et plurielle.
Le pays a été le théâtre en mars 2025 de massacres d'alaouites, minorité dont est issu M. Assad, et d'affrontements sanglants avec des combattants druzes la même année.
L'envoyé spécial adjoint de l'ONU pour la Syrie, Claudio Cordone, avait indiqué mardi que M. Guterres allait « réaffirmer l'engagement des Nations unies à soutenir le gouvernement syrien et le peuple syrien dans cette période clé pour l'histoire de la Syrie ». Le chef de l'ONU doit également aller à la rencontre de la force de maintien de la paix de l'ONU déployée dans une zone tampon sur le plateau du Golan depuis 1974.
Après le renversement de Bachar el-Assad, Israël a envoyé des troupes dans cette zone. Depuis lors, Israël a mené des incursions répétées sur le territoire syrien, ainsi que des bombardements, et a déclaré vouloir instaurer une zone démilitarisée dans le sud de ce pays.
Les infrastructures de la Syrie ont été très gravement endommagées par la guerre civile, entre 2011 et 2024, et le coût de la reconstruction a été évalué à plus de 216 milliards de dollars par la Banque mondiale.
Plusieurs hauts responsables de l'ONU se sont rendus en Syrie depuis la chute de Bachar el-Assad, notamment le haut-commissaire aux droits de l'homme, Volker Türk. Une délégation d'ambassadeurs du Conseil de sécurité de l'ONU avait également effectué une visite en décembre dernier.

