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Les membres de Sepultura interdits d’entrée au Liban

Censure

Le concert du 28 avril maintenu. 

22/04/2019
Le groupe Skull Session, spécialisé dans l’événementiel, a annoncé ce week-end que les membres du groupe de metal brésilien Sepultura étaient interdits d’entrée par les autorités libanaises.

Une annonce qui survient alors que la célèbre formation originaire de Belo Horizonte, composée actuellement d’Andreas Kisser, Derrick Green, Paulo Jr et Eloy Casagrande, doit se produire dimanche prochain au Palace, une salle située au centre Aresco à Hamra (Beyrouth) pour sa première au pays du Cèdre. La nouvelle a rapidement été reprise sur de nombreux sites d’information ainsi que sur les réseaux sociaux. « Nous espérons encore que les autorités reverront leur décision parce qu’elle a été fondée sur des éléments inexacts et qu’elle est très dommageable pour la réputation du pays en matière de libertés publiques », a déclaré à L’Orient-Le jour Bassem Deaibess, un des membres fondateur de Skull Session.

Annoncée il y a quelques mois sur les réseaux sociaux, la venue de Sepultura était très attendue par les fans libanais de metal. Formé en 1984 et ayant changé plusieurs fois de membres, le groupe s’est imposé comme une référence planétaire dans le registre thrash/death/groove entre la fin des années 1980 et le milieu des années 1990. C’est également à cette époque que les premières cassettes audio pirates du groupe et les premiers CDs importés ont commencé à circuler au Liban.


(Pour mémoire : La SG frappe à nouveau : « Courrier international » censuré)


Démons et Israël
Les membres de Skull Session ont appris il y a quelques jours donc que les membres de Sepultura étaient interdits d’entrée dans le pays. S’ils ont concédé, dans un communiqué publié samedi, « ne pas avoir été autorisés à consulter la décision » des autorités, ils ont toutefois indiqué avoir été informés qu’elle avait été prise par la direction de la Sûreté générale. Ils ajoutent avoir été informés que « la situation était délicate », le groupe ayant notamment été labellisé par les autorités libanaises comme coupable de blasphème vis-à-vis de « la religion chrétienne », et ses membres assimilés à des « adorateurs du diable ». Toujours selon Skull Session, les autorités reprochent également à Sepultura d’avoir « donné un concert en Israël », avec qui le Liban est en guerre, et « tourné un clip vidéo soutenant » la politique israélienne.

Pour Skull Session, ces accusations sont infondées. « Le groupe ne s’est pas produit en Israël. Le clip vidéo mentionné (NDLR : Territorry, 1993, un titre tiré de l’album Chaos A.D.) dénonce le racisme israélien sans le mentionner (…) et contient des scènes de la répression israélienne », assure l’auteur du communiqué qui a également rejeté les autres griefs, arguments à l’appui. « Le chanteur du groupe a partagé sur son compte Instagram personnel des photo de la cathédrale Saint Georges, à Lviv en Ukraine il y a quelques jours – avec un icône de Saint Charbel qui apparaît sur le cliché », font notamment remarquer les membres de Skull Session.


(Pour mémoire : Liban : Interdiction « absurde » de deux films au festival Maskoon)


« Le groupe n’est pas satanique »
La nouvelle a également fait réagir Frank Hessing, membre du management de Sepultura à travers une déclaration relayée sur la page Facebook de Skull Session. « Le groupe n’est pas satanique. La plupart de ses membres sont catholiques. Oui, nous critiquons parfois les injustices, qu’elles soient politiques ou autres. Cela nous arrive également de critiquer l’église, les entreprises, les institutions, etc. mais pas dans une démarche destructive. Les artistes sont accueillis partout, même dans les pays musulmans. Nous nous sommes déjà produits en Indonésie (NDLR : au début des années 1990) et nous serons en Turquie (NDLR : fin avril) ainsi qu’aux Emirats arabes unis (NDLR : début mai) » peut-on lire dans le communiqué.

En attendant un hypothétique revirement des autorités, Skull Session a décidé de maintenir le concert. « Si les autorités changent d’avis et autorisent Sepultura à venir au Liban, il n’y aura pas de changements. Dans le cas contraire, les trois groupes locaux – Phenomy, World in Silence et Eden – sont d’ores et déjà programmés et nous seront amenés à en sélectionner d’autres si l’interdit est maintenu » explique Bassem Deaibess. S’agissant des billets déjà vendus, Skull Sessions assure que ceux qui ne veulent plus venir au concert seront remboursés tandis que ceux qui viendront soutenir les groupes locaux « auront droit à des réductions ».

Sepultura n’est pas le premier groupe de metal à vouloir se produire au Liban. Depuis 2017, les afficionados libanais ont pu applaudir les Britanniques d’Onslaught, les Suédois de Grave, les Grecs de Septicflesh, les Polonais de Decapitated, les Allemands de Destruction ou encore la finlandaise Tarja Turunen. Aucun de ces groupes n’a eu de difficultés avec la Sureté générale mais Onslaught avait dû faire face à l’annulation d’un premier concert, à quelques mois d’intervalles, suite à une décision du gouvernorat de Beyrouth pour d’autres motifs.



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Liberté de Penser

La Sûreté Générale est certainement l’institution qui fonctionne le mieux au Liban. Leurs agents sont courtois et efficaces. De plus, leur directeur général est un monsieur de grande qualité.

Georges MELKI

Je n'ai jamais eu de goût pour ce genre de "musique", mais la censure est une pratique moyenâgeuse qui perdure au Liban...Mais ne sommes-nous pas toujours au Moyen-Age dans cette région du monde?

Chahrouri Fadi

Il est insultant qu'une autorité, quelle qu'elle soit, se prononce sur ce que moi, un adulte, ai le droit de voir ou ecouter. La censure est un crime contre notre intelligence.

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

IL SEMBLE QUE LA SURETE A DES RAISONS VALABLES.

Fan Phare Rond

Ils ne sont pas nets.

Honneur et Patrie

Les insulteurs des religions chrétienne ou musulmane ne doivent, en aucun cas, pouvoir entrer au Liban. C'est indiscutable et non-négociable. Point final.

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