Nos Lecteurs ont la Parole

Carlos Béchara Ghosn : justice ou torture niponne ?

Donald J. EDDÉ m.d
OLJ
15/04/2019

Cher Carlos

Je t’ai déjà envoyé un premier message 10 jours après ta première incarcération sauvage, un deuxième message juste avant ta libération après 108 jours de prison, et je ne pensais jamais t’envoyer un troisième message après ta seconde incarcération encore plus sauvage. Je ne peux m’empêcher encore une fois de te demander : mais de quel crime es-tu accusé ? Pourquoi cet acharnement délibéré de la justice nippone pour te briser ? Pourquoi est-ce dangereux que tu parles ? Pourquoi est-ce dangereux que tu dises la vérité ?

Une première accusation s’est révélée sans fondement, basée sur un mensonge : en effet, le CEO de Nissan a avoué avoir signé tous les documents pour ta retraite incluant les maisons qui sont au nom de Nissan. Il a ajouté pour se disculper : «Je n’avais pas fait attention au contenu de ce que je signais ! »

Je comprends pourquoi tu nous as affirmé lors de ta dernière entrevue avec la télé française que tu t’inquiétais de la performance de Nissan les deux dernières années sous la gouverne de ce CEO.

Près de 108 jours d’incarcération sans motif, ou plutôt une accusation farfelue basée sur un mensonge ! Mais surtout sans que les procureurs puissent extraire de force la moindre confession.

Et de nouveau, 22 agents qui font une descente le jeudi 4 avril 5h50 a.m. pour t’appréhender en présence de ton épouse Carole, alors que tu devais donner une interview à la chaîne américaine Fox News 10 minutes plus tard. Le déroulement dans ce petit appartement nippon est odieux. Alors qu’une armée de journalistes armés de caméras nippones t’attendait à la sortie, des agents imberbes et nerveux ont fait irruption dans ton appartement alors que ton épouse était en pyjama et ont tenu mordicus à couvrir la caméra de surveillance avec un chiffon pour camoufler leur acte ignoble. Il ne fallait pas que le monde entier sache ce que Carole a eu le courage de dévoiler.

Confiscation de ton téléphone et de celui de Carole, des passeport et ordinateur portable de ton épouse, de tes notes alors que tes avocats n’ont pas encore reçu le dossier d’accusation des procureurs nippons. Il ne fallait surtout pas qu’on sache qu’ils ont suivi Carole dans la douche, qu’ils l’ont fouillée et surtout qu’ils t’ont empêché de quitter avec un livre de lecture et une barre de chocolat !

La torture psychologique et physique devait continuer, elle n’a jamais arrêté depuis le 19 novembre 2018, ils sont à bout de nerfs et d’idées, ils ne savent plus quoi faire pour te briser, parce que t’empêcher de lire un roman ou de manger un chocolat constitue la punition ultime de la justice nippone.

On se croirait dans le cours de Lagrevol à Jamhour en classe de français : interdit de manger du chocolat ou de lire des romans en classe ! Dommage que la caméra n’ait pas filmé ton courage, ton calme et ton mépris pour cette horde de déchaînés. Dommage qu’on n’ait pas documenté ce plaisir malade de vouloir dénigrer et insulter ton épouse.

Mais les caméras ont bel et bien filmé la voiture Nissan qui t’a conduit en prison, ces mêmes procureurs qui doivent savoir que cette voiture Nissan n’aurait jamais existé sans ton intervention et ton labeur acharné pour sauver cette compagnie d’une faillite de 20 milliards de dollars américains : ingratitude mêlée à une haine à l’égard d’un géant de l’automobile qui voulait faire une fusion qu’ils redoutaient.

Donc c’est un crime au Japon de manger du chocolat, de vouloir lire un roman, de posséder un bateau, d’avoir une compagnie au Liban et surtout d’être en bons termes avec les distributeurs automobiles arabes !

Un grand merci à l’ambassadeur français au Japon d’avoir sorti Carole Samaha Ghosn de ce guêpier.

J’adresse, au nom de ses amis et de ses admirateurs innombrables, toutes nationalités confondues, un appel au Premier ministre japonais, aux présidents de la République libanaise et française, pour appliquer encore une fois les règles de base d’une présomption d’innocence et les droits fondamentaux de tout homme ou femme de pouvoir subir un procès juste et équitable.

Comme nous avons perdu toute confiance dans les procureurs nippons, j’exhorte le Premier ministre japonais de permettre à Carlos d’être rapatrié en France ou au Liban pour subir un procès juste et équitable. Le plus grand gagnant serait le Japon, les Japonaises et Japonais qui vont prouver au monde entier que travailler avec eux ne constitue point un danger pour leur vie !

Après tout, c’est le message clair qui a été envoyé au Premier ministre japonais par des hommes d’affaires au dernier sommet de Davos.

Montréal

Fondateur et ancien président des Anciens de Jamhour – Canada

Ce texte est le courrier d'un lecteur. A ce titre, il n'engage que son auteur et ne reflète pas nécessairement le point de vue de L'Orient-Le Jour.

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