X

À La Une

Israël dit avoir récupéré le corps d'un soldat disparu au Liban en 1982

conflit

Les autorités libanaises n'ont pour l'instant pas réagi à cette annonce, alors que la presse israélienne évoque un rôle russe dans l'affaire.

OLJ/AFP
03/04/2019

Israël a récupéré, 37 ans après, le corps d'un soldat porté disparu depuis une bataille de la guerre du Liban en 1982, a annoncé mercredi un des porte-parole de l'armée, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. Les autorités libanaises n'ont pour l'instant pas réagi à cette annonce, alors que la presse israélienne évoque un rôle russe dans l'affaire.

Le corps de Zachary Baumel, né aux Etats-Unis et porté disparu depuis la bataille de Sultan Yacoub, est en Israël, a dit l'officier israélien à la presse en gardant le silence sur les circonstances dans lesquelles sa dépouille avait été récupérée. Deux autres soldats restent portés disparus depuis cette bataille qui a mis aux prises les armées israélienne et syrienne dans la plaine de la Békaa près de la frontière syrienne entre le 10 et le 11 juin 1982, selon lui. La dépouille de Zachary Baumel, récupérée au cours d'une opération appelée "chanson douce amère", a été formellement identifiée grâce à son ADN par la médecine légale, a-t-il ajouté. Les proches du sergent israélien et des deux autres soldats portés disparus ont été informés peu avant cette annonce, a-t-il dit.

Selon le Haaretz, 20 soldats israéliens ont été tués lors de cette bataille. Deux soldats détenus et la dépouille d’un troisième avaient été rendus à Israël en 1984 et en 1985. Trois soldats étaient toujours portés disparus. Outre Baumel, il s’agit de Zvi Feldman et de Yehuda Katz, dont le sort reste inconnu, précise le Haaretz. Selon le quotidien israélien, les soldats disparus auraient pu être tombés entre les mains d’organisations palestiniennes en Syrie. Dans le cadre des négociations entre Israéliens et l'OLP, dans les années 90, Yasser Arafat avait donné, en novembre 1993, rapporte le Haaretz, à un émissaire du Premier ministre de l'époque, Yitzhak Rabin, une partie de la plaque d'identification du soldat Baumel. Par la suite, une équipe dédiée, liée à différents services israéliens, avait poursuivi l'enquête pour déterminer le sort du soldat.


Via un pays tiers
Le Jerusalem Post rapporte de son côté que le corps de Baumel a été rapatrié en Israël il y a plusieurs jours, via un pays tiers, à bord d’un vol de la compagnie israélienne El Al. Un autre porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Ronen Manelis, a affirmé au quotidien israélien qu"il n'y a pas eu d'échange de prisonniers" pour le rapatriement du corps de Baumel, ajoutant qu'il s'agissait d'une opération menée par les services de renseignement israéliens.

Le général Manelis n’a pas précisé où le corps avait été enterré toutes ces années, mais en septembre dernier, rappelle le quotidien israélien, la Russie avait déclaré que ses militaires travaillaient avec Israël dans le cadre d’une opération pour localiser la dépouille de soldat Baumel en territoire syrien.
"Israël a demandé l’aide de la Russie pour retrouver les dépouilles de soldats israéliens situés dans des endroits spécifiques de Syrie. La recherche a été organisée après que la Russie a accepté l’opération avec nos partenaires syriens", avait déclaré le général Igor Konashenkov, porte-parole du ministère russe de la Défense, fin septembre 2018. "Cette opération de recherche spéciale a été conduite dans une zone de combat contrôlée par l’Etat islamique", avait-il ajouté, précisant qu’un soldat russe avait été blessé lors de l’opération par les jihadistes de l’EI.Des déclarations faites quelques jours après que des batteries syriennes avaient abattu par erreur un avion russe lors d'une opération aérienne israélienne, tuant 15 soldats.

En mai dernier, toujours selon le Jerusalem Post, un cadre de l'OLP avait affirmé que l'EI avait exhumé des tombes du cimetière juif de Damas où, selon des rumeurs, les corps des soldats auraient pu être enterrés.


Netanyahu en Russie
L’annonce du rapatriement du soldat a été faite à la veille d’une visite du Premier ministre Netanyahu en Russie, où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine, et à six jours des législatives israéliennes à l'issue incertaine. Il s'agira de la première rencontre entre les deux hommes depuis la reconnaissance, le 25 mars par le président américain Donald Trump, de la souveraineté israélienne sur la partie du plateau du Golan syrien annexée par Israël.  MM. Netanyahu et Poutine s'étaient entretenus lundi au téléphone de "sujets régionaux", selon un communiqué du bureau du Premier ministre israélien.

Lors d'une conférence de presse qu'il a tenue aujourd'hui depuis son bureau, le Premier ministre israélien a "remercié la communauté du renseignement israélienne pour ses immenses efforts" qui ont permis le retour de la dépouille du soldat Baumel, rapporte la presse israélienne. Le chef du gouvernement israélien a également promis que davantage de détails sur cette opération seront rendus publics ultérieurement.

Dans une déclaration, le président israélien Reuven Rivlin a lui aussi rendu hommage aux agences de sécurité israéliennes pour leur rôle dans l’opération et espéré le retour de tous les autres soldats israéliens encore portés disparus.

En juin 1982, Israël, déterminé à anéantir l'Organisation de libération de Palestine (OLP), dirigée à l'époque depuis le Liban par Yasser Arafat, envahit le pays du Cèdre lors de l'opération "Paix en Galilée".  Dans le cadre de l'invasion, la marine israélienne impose un blocus naval au Liban. En novembre 2018, l'armée israélienne a reconnu avoir "accidentellement" coulé un navire qui transportait des réfugiés libanais et des travailleurs étrangers au large de Tripoli, au Liban-Nord. Les Affaires étrangères libanaises ont refusé les résultats des enquêtes menées par l'Etat hébreu, appelant la communauté internationale à "condamner Israël et prendre les mesures nécessaires pour que ce crime ne reste pas impuni".

Le Hezbollah, ou parti de Dieu, a été créé en 1982 par les Gardiens de la révolution iraniens dans la foulée de cette invasion israélienne du Liban. Financé par Téhéran, il est le seul parti libanais à ne pas à avoir déposé les armes après la guerre civile (1975-1990). Le Hezbollah, considéré comme une organisation "terroriste" par Israël et les Etats-Unis, s'est imposé au Liban comme une force politique incontournable, siégeant pour la première fois en 2005 au gouvernement. Il est par ailleurs militairement impliqué, comme Téhéran, au côté du pouvoir de Bachar el-Assad dans le conflit en Syrie, pays voisin du Liban.

La dernière grande confrontation en date entre le Hezbollah et l’Etat hébreu remonte à 2006. Les 33 jours de guerre avaient fait 1.200 morts côté libanais, et 160 côté israélien, sans neutraliser le parti chiite.


Lire aussi
Les frontières terrestres et maritimes et les armes du Hezbollah

Le Golan et les possibilités d’une nouvelle guerre

Nasrallah accuse les Etats-Unis de vouloir pousser les Libanais à la guerre civile

À la une

Retour à la Une

Vos Commentaires

Chère/cher internaute,
Afin que vos réactions soient validées sans problème par les modérateurs de L'Orient-Le Jour, nous vous prions de jeter un coup d'oeil à notre charte de modération en cliquant ici.

Nous vous rappelons que les commentaires doivent être des réactions à l'article concerné et que l'espace "réactions" de L'Orient-Le Jour, afin d'éviter tout dérapage, n'est pas un forum de discussion entre internautes.

Merci.

 

L'EXPRESSION DE LA LIBRE ANALYSE

A QUAND RECUPERERONS-NOUS LES DEPOUILLES DE NOS MORTS OU NOS VIVANTS ENCORE DISPARUS ENLEVES ET EN SYRIE ?
PROMESSE DU PRESIDENT AOUN JAMAIS MISE EN PRATIQUE !

Dernières infos

Les signatures du jour

Les + de l'OLJ

1/1

Le Journal en PDF

Les articles les plus

A WEEKLY EDITION CURATED AND
PERSONALIZED BY OUR EDITORIAL TEAM

SIGN UP TO OUR NEWSLETTER IN ENGLISH

More Info See Sample
x

Pour enregistrer cet article dans votre dossier personnel Mon Compte, vous devez au préalable vous identifier.

L'OLJ vous offre 5 articles

Nous sommes un journal indépendant, nous chérissons notre liberté qui découle de notre autonomie financière comme de nos principes éthiques. Votre soutien, cher lecteur, est plus que nécessaire pour pérenniser nos initiatives.

Je poursuis la lecture

4

articles restants