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À La Une - Israël

Netanyahu et son allié brésilien Bolsonaro scellent des accords de coopération

 "Le Brésil a changé. Les questions idéologiques ne sont plus pertinentes. Nous voulons intensifier notre commerce avec tout le monde", a déclaré M. Bolsonaro.


Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président brésilien Jair Bolsonaro, à Jérusalem, le 31 mars 2019. Heidi Levine/Pool via REUTERS

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en quête d'un 5e mandat lors des législatives du 9 avril, et son allié le président brésilien Jair Bolsonaro, en visite en Israël, ont scellé dimanche six accords de coopération entre les deux pays.

Jair Bolsonaro a été accueilli à son arrivée à l'aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv par M. Netanyahu, l'un des rares dirigeants de premier plan à avoir fait le déplacement à Brasilia début janvier pour l'investiture du président brésilien d'extrême-droite. "Nous écrivons l'histoire ensemble", a déclaré dimanche le Premier ministre israélien. "Nous avons ouvert une nouvelle ère dans les relations entre nos deux pays", a-t-il ajouté. M. Bolsonaro a lui affirmé que son gouvernement "était fermement résolu à renforcer le partenariat entre le Brésil et Israël".

En fin d'après-midi, les deux dirigeants se sont rendus au bureau du Premier ministre, situé à Jérusalem, pour la signature de six accords portant notamment sur la coopération dans les domaines de la défense, la sécurité et les technologies. "Le Brésil a changé. Les questions idéologiques ne sont plus pertinentes. Nous voulons intensifier notre commerce avec tout le monde", a déclaré M. Bolsonaro, juste avant la signature de ces accords.

Pour M. Netanyahu, la visite officielle de M. Bolsonaro, qui doit durer trois jours, arrive à point nommé: en pleine campagne électorale pour les législatives du 9 avril, il peut se targuer d'avoir obtenu le soutien implicite du président de la plus grande puissance d'Amérique latine.

Le Premier ministre vient déjà de remporter une victoire de taille sur le plan diplomatique, avec la reconnaissance par le président américain Donald Trump de la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan, conquis à la Syrie en 1967 puis annexé en 1981.


(Pour mémoire : Israël et le Brésil officialisent le nouveau statut de leur relation)


Flatter son électorat

Au lendemain de son élection fin octobre, M. Bolsonaro avait annoncé son intention de transférer l'ambassade du Brésil de Tel-Aviv à Jérusalem, même s'il s'est par la suite montré plus prudent à ce sujet. Ni M. Bolsonaro ni M. Netanyahu n'ont évoqué la question --du moins publiquement-- depuis l'arrivée en Israël du président brésilien. Le statut de Jérusalem est l'une des questions les plus épineuses du conflit israélo-palestinien. Israël occupe Jérusalem-Est depuis la guerre de 1967 et l'a ensuite annexé, acte qui n'a jamais été reconnu par la communauté internationale.

Israël considère toute la ville comme sa capitale, alors que les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l'Etat auquel ils aspirent.

La plupart des ambassades étrangères sont situées à Tel-Aviv pour ne pas préempter le résultat de négociations entre Israéliens et Palestiniens. En transférant l'ambassade brésilienne, M. Bolsonaro marcherait dans les pas de M. Trump qui a déplacé l'ambassade des Etats-Unis à Jérusalem en mai dernier.

M. Bolsonaro cherche à flatter son électorat évangélique, très attaché à Israël et qui a fortement contribué à sa victoire lors du scrutin d'octobre. Mais son autre soutien de poids, le lobby de l'agro-négoce, craint des représailles de pays arabes, car le Brésil est le premier exportateur au monde de viande halal.

M. Bolsonaro s'est donc pour l'instant abstenu de donner un calendrier précis. "Donald Trump a pris neuf mois pour décider, pour donner son dernier mot au sujet du transfert de l'ambassade", a-t-il souligné jeudi. "Peut-être que nous installerons prochainement une mission économique à Jérusalem", a-t-il ajouté.



(Pour mémoire : Pourquoi le Brésil est désormais un allié d’Israël)


Geste controversé

MM. Netanyahu et Bolsonaro doivent dîner ensemble dimanche soir. Lundi, M. Bolsonaro a prévu de se rendre en compagnie du Premier ministre israélien au Mur des Lamentations à Jérusalem, un geste controversé.

Le site de prière le plus sacré pour les juifs est situé dans la vieille ville de Jérusalem, à Jérusalem-Est. S'y rendre avec le chef du gouvernement israélien peut apparaître comme une reconnaissance tacite de l'annexion israélienne de cette partie de la ville. Le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo est devenu, lors de sa visite à Jérusalem en mars, le premier responsable américain d'un tel niveau à faire ce geste.

M. Netanyahu, 69 ans dont près de 13 années passées au pouvoir, est engagé dans une bataille incertaine pour sa réélection. Il est aussi menacé de mise en examen dans plusieurs affaires de corruption.

Avec un récent voyage aux Etats-Unis où il a rencontré le président américain, suivi de la visite en Israël de Mike Pompeo et ensuite de M. Bolsonaro, M. Netanyahu cherche à se présenter en homme d'Etat qui défend la position d'Israël sur la scène internationale.

Mais ses gains auprès des dirigeants internationaux ont été quelque peu éclipsés ces derniers jours par une nouvelle escalade de violences dans la bande de Gaza. Celle-ci l'a contraint à écourter son séjour aux Etats-Unis la semaine dernière, dans le but peut-être d'éviter une guerre à un peu plus d'une semaine des élections.



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Pas de quoi danser la samba!

Tina Chamoun

13 h 37, le 01 avril 2019

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  • Pas de quoi danser la samba!

    Tina Chamoun

    13 h 37, le 01 avril 2019

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