Spécial Orientation professionnelle / Édition 4

Le diplôme seul ne suffit plus, il doit être accompagné d’atouts personnels

Photo Michel Sayegh

Le marché du travail libanais est certes en crise, mais il ne cesse de se renouveler au rythme des nouveautés et de faire preuve ainsi de résilience. Entretien avec Roger Melki, expert économiste, afin de mieux comprendre les enjeux.

02/04/2019

Où se situent au stade actuel les opportunités de travail ? Ce n’est pas nouveau : le marché du travail est en pleine mutation et les changements continueront au rythme des nouvelles technologies et des nouvelles techniques. Cela est dû également à l’ouverture internationale et à la mondialisation. « Il est plus que jamais nécessaire dans tous les domaines de savoir s’adapter vite et de manière efficace en cultivant des capacités diverses », souligne Roger Melki. Selon lui, l’un des secteurs qui illustrent le mieux ces changements et ces évolutions est celui des jeux vidéo. « Il réunit un ensemble de nouvelles technologies, mais aussi une internationalisation importante ainsi que diverses capacités et compétences, allant du dessin à la programmation », relève l’expert.

En ce qui concerne le marché du travail local, le pays connaissant une crise économique aiguë, certains enjeux sont différents. De manière générale, Roger Melki explique « qu’il ne s’agit pas de penser au revenu, mais d’abord à l’emploi et aux conditions de travail », qui seront plus déterminants pour l’avenir d’une personne. Au Liban, certains secteurs sont saturés, mais voient des métiers parallèles se développer avec beaucoup d’importance.

La médecine connaît une explosion des professions paramédicales, notamment tout ce qui touche à l’esthétisme, au bien-être, mais aussi aux personnes âgées, aux enfants en difficulté ou handicapés. Enfin, le secteur de l’éducation a toujours besoin d’enseignants mais également de plus en plus d’aide parascolaire, justement pour le cas des enfants en difficulté ou en bas âge.

Il existe aussi des secteurs en plein développement et de plus en plus nécessaires au vu du contexte actuel. C’est le cas par exemple de l’agriculture et du « food processing », qui se tournent vers le bio. Qui plus est, de nouvelles tendances créent de la demande, telles que les différents régimes alimentaires comme le végétarisme ou le sans-gluten. Il en est de même pour les « industries vertes », ces entreprises qui mettent l’accent sur la cohésion sociale.

Les métiers de la culture, en général, sont aussi en hausse, notamment en ce qui concerne les musées et les galeries, mais encore les festivals qui demandent de plus en plus de savoirs techniques. Le tourisme est évidemment un secteur-clé pour le Liban, et encore une fois, ce sont les métiers parallèles de l’hôtellerie qui présentent le plus d’ouvertures, par le biais par exemple de la cuisine ou encore du vin.

La mode, qui a toujours eu une place particulière au Liban, ne cesse également de se développer, notamment à travers le luxe qui possède une grande part de marché. Enfin, un dernier secteur qui grandit toujours de plus en plus est celui du numérique qui offre un grand nombre d’opportunités et parfois dans des domaines très différents, pouvant aller de l’intelligence artificielle aux médias et au web.

Les atouts personnels non académiques

Au Liban, comme ailleurs, le parcours académique est central. Lorsqu’il s’agit des premiers emplois, les entreprises et les employeurs se basent en priorité sur les universités fréquentées et le diplôme obtenu. Cependant, la cohérence du parcours académique et professionnel est tout aussi importante que les études en elles-mêmes. Il est indispensable de posséder des connaissances acquises en dehors des études et d’élargir le plus possible son réseau, le « networking ».

« Le CV n’est plus seulement constitué de diplômes mais aussi de connaissances générales, d’un caractère qui va séduire l’employeur », explique Roger Melki. En effet, l’éloquence, les compétences rédactionnelles, la capacité à travailler en équipe, la capacité de résoudre un conflit, ou encore « l’intelligence émotionnelle » sont autant de qualités à faire valoir sur son CV afin de se différencier des autres.

Il est donc essentiel de ne pas se cantonner aux études et de multiplier les expériences, même à son propre compte. « À l’avenir, un individu ne fera pas le même métier toute sa vie, mais devra changer et s’adapter au monde », souligne Roger Melki en conclusion.


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