Mieux vaut prévenir que guérir. Cet adage trouve écho dans la quatrième édition de la campagne nationale de sensibilisation aux maladies rénales axée cette année sur l’importance de la détection précoce et de la prévention. Et pour cause, puisque l’atteinte rénale est une maladie asymptomatique détectée dans une majorité des cas à un stade avancé.
Avec pour thème « Ne néglige pas ton rein », la campagne a été lancée hier au cours d’une conférence de presse qui s’est tenue au ministère de la Santé. « La prévention constitue les deux tiers du traitement », a affirmé le ministre de la Santé Jamil Jabak, soulignant que, depuis 1972, le ministère couvre la dialyse et organise le don de rein, « sachant que la demande est grande » et qu’il est important de renforcer le don sur le plan social, légal et médical.
Avec l’augmentation de l’incidence du diabète, de l’hypertension artérielle et des maladies cardiaques, « la détection précoce et la sensibilisation sont devenues une nécessité absolue », a souligné M. Jabak.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies rénales touchent 850 millions de personnes et entraînent 2,4 millions de décès par an. La majorité des cas (plus de 83 %) se trouvent dans les pays à faible et moyen revenu. Au Liban, « 10 % de la population souffre de maladies rénales », a expliqué de son côté le Dr Robert Najm, néphrologue et coordinateur de la campagne. Et plus de 3 500 personnes, en phase terminale de la maladie, sont sous dialyse.Contrairement aux enfants chez qui l’atteinte rénale est dans près de 60 % des cas dus à une malformation congénitale des reins ou des voies urinaires, ou à une cause héréditaire, chez l’adulte elle constitue généralement une complication d’une autre pathologie métabolique ou cardio-vasculaire. Dans 60 % des cas, l’insuffisance rénale chez l’adulte est due au diabète ou à l’hypertension.
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« La prévention consiste à effectuer un bilan sanguin et un test d’urine, ainsi qu’à observer son hypertension surtout si l’on est à risque », a expliqué le Dr Najm. Sont à risque les personnes souffrant de diabète et d’hypertension et dont la maladie n’est pas contrôlée, les personnes obèses et celles ayant des antécédents familiaux d’insuffisance rénale ou de maladies rénales, ainsi que les personnes âgées de plus de 50 ans. Chaque année, « cent greffes rénales sont effectuées par an, alors que la liste d’attente s’allonge », a noté de son côté le Dr Ali Abou Alfa, président de la Société libanaise de néphrologie et d’hypertension, appelant à encourager le don d’organes au Liban. Et d’insister sur la nécessité d’inclure les examens spécifiques aux maladies rénales dans le bilan annuel, notamment des personnes à risque, puisque la prise en charge précoce de ces maladies peut faire éviter au patient la dialyse.
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La campagne comprend plusieurs activités, au nombre desquelles notamment des kiosques dans soixante-treize hôpitaux dans les différentes régions libanaises où seront distribués des brochures explicatives. La tension des visiteurs sera aussi mesurée. Des SMS seront ensuite envoyés aux abonnés aux réseaux de téléphonie mobile, en coopération avec le ministère des Télécommunications. Une conférence sera en outre organisée à l’intention des corps médical et infirmier sur les soins à offrir aux personnes souffrant de maladies rénales. De plus, des activités sportives seront organisées ainsi qu’une campagne publicitaire et des événements de sensibilisation dans la région.
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