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Campus

L’éloquence, un art qui ne lasse pas

CONCOURS DE DÉBAT

Le vendredi 15 mars avait lieu à la Bibliothèque nationale (Sanayeh) la finale de la quatrième édition du championnat international de débat francophone et arabophone, un concours organisé par le service de la vie étudiante de l’Université Saint-Joseph en partenariat avec l’AUF.

23/03/2019

Il semble que depuis le Ve siècle avant notre ère, quand un certain Corax mettait au point un premier manuel de rhétorique à l’usage des habitants de la Sicile afin que chacun puisse être en mesure de faire valoir ses biens de propriété, la société humaine n’aura eu de cesse de développer et de pratiquer l’art de la parole. « Quand la rhétorique s’est imposée chez les Grecs de l’Antiquité, une des dimensions qui caractérisaient alors son importance était la dimension politique et électorale. Les premières formes de démocratie sont apparues dans les cités-États grecques de l’époque. La rhétorique était un moyen de filtrer cette démocratie : c’était par l’éloquence et la rhétorique que les candidats pouvaient convaincre les autres citoyens et montrer en quoi ils pouvaient rendre la cité meilleure », explique Laëtitia Rached, étudiante en licence de sciences politiques, présidente du club libanais de débat à l’USJ et membre du jury pour les tours qualificatifs. « Aujourd’hui, on vit dans un monde dans lequel il y a énormément de concurrence et de chômage, et c’est encore et toujours l’éloquence qui permet vraiment de se démarquer, lors d’un entretien d’embauche par exemple », ajoute-t-elle. Pour preuve de cet engouement toujours aussi vif pour l’éristique ou l’art du débat, Lea Choueifaty, animatrice du service de la vie citoyenne (SVE) à l’USJ, précise que « cette année, il y avait à peu près 100 étudiants participants, répartis sur 13 nationalités différentes : des Français, des Suisses, des Belges, des Canadiens, des Camerounais, des Burkinabés, des Sénégalais, des Ivoiriens, des Tunisiens, des Égyptiens… et bien sûr des Libanais ! »


(Lire aussi : Une compétition interscolaire pour apprendre la communication non violente)


Au commencement était le verbe

Grande nouveauté pour sa quatrième édition, le championnat de débat francophone s’est déroulé en deux langues : le français et l’arabe. Encore une fois, l’initiative partait du club de débat du SVE de l’USJ : c’est lui qui a organisé tout le championnat. « C’est le service qui établit les contacts avec tous les services d’autres clubs à l’étranger, c’est lui qui prépare les formats de notation, les sujets et les jurys des tours qualificatifs. Cette année, il y avait 19 participants du club étudiant de débat francophone de l’USJ, et 14 étudiants qui ont participé à la version arabophone », rappelle Lea Choueifaty. Pour cette édition, il n’y a pas eu de thème précis, mais plusieurs sujets abordés : l’éthique, l’économie, la diplomatie… « Ce sont des sujets qui peuvent intéresser tout le monde. La formation qu’on propose au club de débat de l’USJ n’apprend pas simplement aux étudiants à débattre en concours, mais aussi à savoir s’exprimer en société et convaincre dans la vie de tous les jours », explique Laëtitia Rached. « Aujourd’hui, quand les étudiants libanais écoutent un discours de Nasrallah, ils sont admiratifs de sa maîtrise du langage. Ils disent : c’est vraiment quelqu’un qui sait parler et marquer les esprits. Ils restent impressionnés, même s’ils ne partagent pas les convictions de Nasrallah. Ils sont fascinés par sa capacité à captiver, et c’est ce à quoi aspirent les jeunes. Ils souhaitent maîtriser cet art de captiver l’attention pour changer les choses. Le fond aujourd’hui doit primer, et ils sentent cela. C’est pourquoi un bon discours doit allier fond et forme. »


(Pour mémoire : Finale du championnat international de débat francophone)


Parrainé par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) et le SVE de l’USJ, le championnat international de débat francophone a réuni lors de sa finale Salim Daccache, le père recteur de l’USJ, Hervé Sabourin, représentant de l’AUF, et Gloria Abdo, coordinatrice du SVE. Pour désigner un vainqueur parmi les 8 finalistes de ce vendredi 15 mars, le jury – composé du député César Abi Khalil, ancien ministre de l’Énergie ; Léna Ghanagé, doyenne de la faculté de droit de l’USJ ; Hervé Sabourin, directeur régional du bureau Moyen-Orient de l’AUF ; Pascal Monin, directeur de l’Observatoire de la bonne gouvernance de la fonction publique au Liban ; Gilbert Doumit, militant de la société civile, ancien candidat au siège maronite à Beyrouth aux législatives de 2018 ; et Élie Ziadé, fondateur du championnat – a tenu compte de la clarté et de la justesse de l’argumentation, de la capacité à réfuter l’argumentation adverse, de l’aisance orale, et enfin du charisme des finalistes.

C’est sur la base de ces critères que les juges ont décerné la palme à Mathilde Zerbo du Burkina Faso pour le débat en français, dont le sujet cette année était Ce gouvernement instituerait l’exclusivité du droit du sol. Pour le débat en arabe, qui a été remporté par Hisham el-Jinani, étudiant à la LAU, le sujet était Ce gouvernement interdirait la binationalité. Deux mentions spéciales ont également été attribuées, l’une à Roland Masson, un Français étudiant à l’USJ, et l’autre à Ouday Harake, un Libanais étudiant à l’USJ, et qui a su se démarquer durant le débat en arabe.


Pour mémoire

Échanges, confrontations d’idées et plaidoyers de haut niveau

Championnat international de débat francophone : « Débattre pour ne pas se battre »

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