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Campus

Échanges, confrontations d’idées et plaidoyers de haut niveau

USJ - Championnat international de débat

Le Club libanais de débat et le service de la vie étudiante de l'USJ ont organisé la semaine dernière à Beyrouth leur tout premier championnat international de débat. Un événement ambitieux et réussi, qui place une fois de plus le Liban au cœur de la francophonie.

Paul JOUANNY | OLJ
22/04/2016

Ceux qui s'attendaient à des «ratés» dans l'organisation du premier championnat international de débat en sont pour leurs frais. Si le Club libanais de débat de l'USJ, qui n'a même pas encore soufflé sa seconde bougie, pouvait paraître un peu frêle pour accueillir un événement de stature internationale, la semaine qui vient de passer aura su faire taire ses éventuels détracteurs. Grâce au partenariat exclusif de la Fransabank et au soutien de la Fédération française de débat et d'éloquence (FFDE), le petit club s'est en effet donné les moyens de ses ambitions. De l'accueil des participants à l'organisation des animations en marge du concours – «Débar» animé au Café Vert le lundi, buffet libanais le mardi et jusqu'à un dîner au célèbre restaurant Abdel Wahab le vendredi –, rien n'a été laissé au hasard tout au long de cette semaine, placée sous le signe de la compétition, certes, mais avant tout de l'échange et de l'hospitalité. Le séjour des participants s'est d'ailleurs conclu par une journée entière de tourisme à travers le pays, entre visites (Smar Jbeil, Byblos) et dégustations (les chais d'Ixir et du Clos du Phénix ou encore la brasserie Colonel à Batroun). Et si une partie des concurrents internationaux étudient cette année à l'USJ dans le cadre d'un échange, nombreux étaient ceux qui, comme le Suisse Matthieu Rochat – venu en électron libre autant par curiosité que pour cette «culture du débat» que ne semblent pas partager ses compatriotes –, découvraient le Liban à cette
occasion.

Un jury prestigieux et éclectique
Mais revenons à la compétition: la veille de cette journée de détente bien méritée avait lieu la finale, aboutissement d'un concours dont l'intensité était montée en puissance tout au long de la semaine. Si les phases qualificatives s'étaient tenues quasi à huis clos dans les sous-sols du campus de l'innovation et des sports de l'USJ, c'était cette fois le prestigieux auditorium François Bassil qui allait voir s'affronter les finalistes. Des cinquante participants au départ, seuls quatre binômes étaient encore en lice vendredi pour ce dénouement en pleine lumière. La veille déjà, les demi-finales avaient franchi un palier en matière de rayonnement avec un public plus nombreux mais surtout la présence d'un jury prestigieux, constitué d'éminents professeurs de l'USJ. Néanmoins les personnalités, annoncées une par une au terme d'un suspense maîtrisé, qui allaient avoir la lourde tâche de désigner le grand vainqueur de la compétition étaient encore un cran au-dessus. Président du jury mais également du Conseil d'État libanais, Chucri Sader était secondé par Fifi Abou Dib, journaliste à L'Orient-Le Jour et rédactrice en chef de L'Officiel Levant, ou encore par le responsable de la FFDE, Matéo Maestracchi. Un panel original, aussi éclectique que prestigieux, complété par des représentants de la francophonie à Beyrouth – Syma Mati pour l'Agence universitaire de la francophonie et Mathieu Weeger pour l'ambassade de France – ainsi que Dania Kassar, de la Fransabank.

Des débats de haut niveau
Parvenu à se hisser en finale avec son camarade bordelais Clément Fourcade, Boris Garcia évoque un parcours disputé et de haut niveau; à l'inverse, celui du Marocain Marouane Galici, membre du binôme de la prestigieuse université française Assas (Paris 2) qui a survolé les phases qualificatives, s'achevait en demi-finale. Après deux heures de préparation, chacun des finalistes disposera cette fois de sept minutes pour défendre ou, au contraire, critiquer un projet de loi sur le fédéralisme étatique, selon qu'il est membre du gouvernement ou de l'opposition, nous apprend Élie Ziadé qui jouait pour l'occasion le rôle de modérateur du débat. Orateurs remarqués, Boris Garcia, Clément Fourcade, Victor Rongier, Victor Bolze ou encore Maryline el-Khoury, la majorité en échange à l'USJ cette année, s'inclineront finalement devant la fraîcheur d'Élissa Daccache, unique ambassadrice du Liban dans cette finale, mais surtout la verve passionnée et l'habileté politique de son compère Valentin Cayré. Étudiant français en droit à Aix-en-Provence, celui-ci a su maintenir le public suspendu à ses lèvres tout en surfant sur la passion dont font preuve les Libanais à l'égard de l'histoire de France et en particulier du général de Gaulle, dont la seule évocation en point d'orgue de son plaidoyer suscita une ovation collective. Saluant ainsi le seul binôme « mixte » encore en lice à ce stade de la compétition, le jury attribuera par ailleurs le titre individuel à Mehdi Benhnin, récompensant la maîtrise oratoire de cet étudiant marocain de l'Ileri (Paris), également en échange à l'USJ cette année. Ce fut donc un étudiant en relations internationales qui rafla la mise, donnant ainsi du relief aux propos de Georges-Maxime Moussallem, coprésident du club de débat de l'USJ: «Le débat ne rime pas avec droit ou science politique (...), c'est un partage, une confrontation d'idées, de convictions, de cultures. Nous sommes heureux d'accueillir au sein du club des étudiants de toutes les facultés et nous invitons ceux et celles d'entre vous qui n'ont pas encore osé franchir le pas à nous rejoindre l'an prochain pour faire vivre le débat, l'éloquence et la francophonie.» Unique ombre à ce tableau, le débat final aurait sans doute mérité un sujet de société plus à même de refléter ces propos d'ouverture que celui du fédéralisme étatique.

Rejoignez le Club libanais de débat via sa page Facebook:
https://www.facebook.com/Club-Libanais-de-D%C3 %A9bat-USJ-753677 838035757/ ? fref=ts.

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